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Makala: des "Brésiliens" consomment tranquillement du chanvre au grand jour
De jeunes kinois surnommés "Les Brésiliens" dans la commune de Makala s'adonnent à la consommation du chanvre en plein air, au nez et à la barbe des passants et résidents. Comme leur nom ne l'indique pas, ces "Brésiliens" n'ont rien à avoir avec les compatriotes d'illustres footballeurs comme Neymar, Ronaldinho, Ronaldo… ou du plus célèbre de tous, le roi Pelé.
Si les Brésiliens d'Amérique latine vouent une passion pour le sport-roi, les "Brésiliens" de Makala sont, quant à eux, accros à un "sport respiratoire" : des journées entières, ils sont là à aspirer et à refouler la fumée, par les narines et la bouche, en même temps !
La cinquantaine révolue, un habitant de la rue Kinzenzengo, vers son croisement avec l'avenue de l'Université explique: "Ces jeunes fumeurs nous dérangent beaucoup avec la fumée et les odeurs. Certains se pointent déjà aux premières heures du matin avec leur matière pour former "des plis" à fumer. Ils s'installent dans la rue des heures entières, jusque tard la nuit, entre joints, causeries et va-et-vient, devant des parcelles d'autrui, où ils sont souvent indésirables. Très souvent, ils prennent leur chanvre dans le périmètre environnant leur lieu d'approvisionnement sur cette avenue".
Les voyous ont "la tête dure"
Une femme au foyer abonde dans le même sens : "Allez fumer dans vos maisons ou même devant chez vous. Ne venez pas fumer chez moi. Je ne veux pas vous voir ici. C'est ce que je leur répète toujours, quand je les vois devant ma parcelle. Mais ils ont la tête dure. Il faut vraiment leur parler avec colère et détermination pour qu'ils décident de ne plus revenir définitivement".
Pour les persuader de quitter les lieux, il faut user des menaces quelques fois. "Ces jeunes venaient s'installer devant chez nous. Nous les avons chassés plusieurs fois, en vain. J'étais obligée de les menacer vertement, avant qu'ils ne partent finalement", se souvient une dame vendeuse sur la même rue.
"Ces jeunes venaient souvent s'installer sous le hangar que j'ai construit pour mon activité commerciale. J'étais contrainte de leur asperger de l'eau pour les chasser, en les promettant d'appeler les policiers si je les revois devant chez moi. Ils ont finalement battu en retraite", a déclaré une vendeuse sur l'avenue.
Phénomène qui gangrène aussi plusieurs communes
Opérant en pleine rue, les "Brésiliens" sont toujours aux aguets, avec un système de surveillance très développé pour contourner d'éventuelles descentes des agents de l'ordre ou des personnes qu'ils considèrent comme suspectes.
"Bien que la consommation du chanvre soit interdite en RDC, plusieurs "noileurs" (consommateurs de chanvre) fument cette herbe, appelée aussi diamba, noix, moshoro, c'est selon… avec une passion et une régularité qui donnent froid dans le dos. Apparemment désœuvrés pour la plupart, ces jeunes dans la vingtaine gaspillent ainsi un temps précieux qu'ils peuvent mettre à profit pour des formations professionnelles et autres apprentissages, pour préparer leur avenir", regrette un fonctionnaire de la même rue, la quarantaine révolue.
A en croire plusieurs sources, cette situation n'est pas l'apanage seul de la commune de Makala. Elle gangrène plusieurs communes de Kinshasa, où d'autres groupes connus sous différents noms s'adonnent à ce même exercice, pourtant nuisible à la santé. A l'instar du quartier Yolo-Sud dans la commune de Kalamu, qui a connu ses très tristement célèbres Californiens, Arabes, Anglais…
Si la tendance n'est pas inversée, il y a de quoi s'inquiéter pour le futur du pays qui compte sur la jeunesse actuelle.
AT