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Luozi : Vivement un nouveau bac pour la traversée fluviale
Le bac moteur de Luozi a fait son temps. Utilisé par nombre de passagers qui empruntent la voie fluviale, ce navire se détériore au fil du temps. Sa vétusté interpelle, au regard du risque auquel il expose la vie des passagers.
Le destinataire de cet avertissement est, bien sûr, le gouvernement central qui avait promis à la population de Luozi un bac neuf en... décembre 2024. C'était par la voix autorisée de la cheffe du gouvernement, Judith Suminwa Tuluka, à l'occasion de sa première visite officielle au chef-lieu du territoire éponyme, en septembre 2024.
Nous avons vécu quelque deux longues et interminables minutes le vendredi 26 juillet, sur le fleuve Congo, à bord de ce vieux bac. Ce jour-là, rien ne présageait un incident à bord de cet engin fluvial. On embarque à bord vers 15h, trois jeeps, quelques motos et plusieurs dizaines de passagers. Les uns contemplaient allègrement l'imposant et majestueux fleuve, écoutant attentivement les ronronnements des moteurs du bac. Les autres devisaient de tout.
Certains immortalisaient cette traversée à l'aide de leurs téléphones Android. Il y en a qui fredonnaient joyeusement quelques chansons. Tous - sauf Dieu - ignoraient tout ce qui devait se produire inattendument quelques instants plus tard.
Ce qui arriva, c'est qu'un gros silence remplaça l'assourdissant ronronnement des moteurs du bac: les moteurs de l'engin venaient de s'arrêter brusquement. La joie qui rayonnait plus tôt sur les visages des passagers fit place à un gros émoi. Et les prières intérieures et extérieures commencèrent.
D'un coup, le mécanicien du bac sortit comme une lièvre d'un coin où il se trouvait pour la cabine de moteurs.
Comme le malheur ne vient jamais seul. Il se fit accompagner d'un vent qui troubla la quiétude du fleuve. Qui commença à bouillonner. Ce qui augmenta l'inquiétude.
" Ce vent qui provoque des vagues sur le fleuve en ce moment est mal venu!" fais-je remarquer aux femmes debout à mes côtés.
" Que se passe-t-il", s'interrogea une déléguée au Synode venue de Kinshasa, debout à mes côtés.
" Seigneur, accomplis le miracle que tu avais fait lorsque tes disciples et toi étaient dans la tourmente sur la mer", implora une autre.
" Le moteur va redémarrer au nom de Jésus Christ !", rassura une troisième. Qui renchérit : "Il y a des passagers à bord. Qu'attendent-ils pour intercéder ?
Un tour de regard rapide me permit d'en apercevoir un qui devisait avec une personne. Sans doute autour d'autres choses !
J'entendis le mécanicien tenter une première fois de rallumer le moteur. Sans succès ! Une deuxième fois. Sans succès ! La troisième fois fut la bonne. Aux cris de joie des passagers.
Oui, tout le bac venait de traverser quelques minutes très angoissantes. Heureusement que l'angoisse n'a pas duré ! Dans cet état, le bac presente toujours un danger permanent à tous ceux qui l'empruntent. D'où, son SOS appelant à son remplacement pour et simple. Il y a urgence.
Kléber KUNGU, envoyé spécial au Synode CEC