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Lubumbashi: le Service national offre 1.500 bancs-pupitres au complexe scolaire Kiwele
Le complexe scolaire Kiwele, école mythique de Lubumbashi, longtemps affaiblie par les années et les infrastructures fatiguées, retrouve peu à peu son éclat. Le vendredi 5 décembre, l'établissement a reçu 1.500 bancs-pupitres remis par le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, commandant du Service national (SN). Un geste concret qui illustre l'opération "Pas d'écoles et d'universités publiques sans bancs".
Kiwele, pour plusieurs générations, c'est plus qu'un nom : c'est un morceau d'histoire éducative congolaise. Une institution qui formait autrefois l'élite, aujourd'hui fragilisée par les années qui passent et les carences. Les murs portent encore les traces du temps, mais l'arrivée de ces bancs fraîchement vernis change la lumière du lieu.
"Quand l'État décide de réparer, il ne fait pas dans la demi-mesure", glisse un enseignant, admirant les rangées impeccables de mobilier flambant neuf.
Des bancs fabriqués par d'anciens kuluna devenus bâtisseurs
Ces 1.500 bancs n'ont rien d'un simple équipement administratif. Ils portent en eux une histoire humaine : celle d'anciens kuluna, désignés hier fauteurs de troubles, devenus aujourd'hui menuisiers, maçons, conducteurs d'engins ou ajusteurs. Bref, des bâtisseurs.
Formés au centre pilote Laurent-Désiré Kabila de Kanyama-Kasese, ils ont troqué la délinquance contre un métier, la violence contre la construction.
"Ce sont ces jeunes menuisiers, formés à Kanyama-Kasese, qui ont fabriqué ces bancs destinés aux écoles de la République", explique le lieutenant-général Kasongo Kabwik, fier du chemin parcouru. Treize écoles, dont six primaires, bénéficieront de cette dotation dans l'ensemble du complexe scolaire Kiwele : des établissements réputés comme l'Institut Réseau, l'Institut des Beaux-Arts, l'Institut Kuale 1, 2, 3 et 4, ou encore l'Institut d'Éducation physique.
Le Service national agit "sur ordre du Chef de l'État", rappelle le commandant du SN. Le président de la République, souvent surnommé ici "le premier enseignant du pays", a fait de l'éducation l'un des piliers de son action.
Pour répondre à cet appel, le SN a installé des ateliers modernes de menuiserie à Kinshasa, Lubumbashi, Kananga, Mbuji-Mayi, Tshikapa, Kikwit, Mbandaka, Kimpese… partout où la demande est immense et urgente.
"Avec ces bancs, le problème des capacités d'accueil est résolu. En même temps, le Service national construit des écoles grâce aux jeunes spécialisés dans la maçonnerie", poursuit le lieutenant-général Kasongo.
Aujourd'hui, plus d'une trentaine d'écoles entièrement construites par le SN fonctionnent déjà dans le Kasaï et le Katanga. Le complexe scolaire Kiwele, avec ses 160 salles de classe, retrouve un nouveau souffle.
De Kinshasa à Mbuji-Mayi, en passant par Kananga ou Lubumbashi, la campagne est en marche: équiper systématiquement écoles, instituts supérieurs et universités. Redonner à l'enseignement public les conditions minimales de dignité. Restituer aux élèves un environnement favorable à l'apprentissage.
"Nous remercions sincèrement le Chef de l'État pour ce matériel didactique de grande importance", conclut un responsable du complexe scolaire, sous le coup de l'émotion. Une activité qui témoigne que, parfois, la réparation d'un pays commence par un simple banc mais un banc porteur d'avenir. "Pas d'école sans banc" trouve sa signification.
Jérémie ASOKO