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Luanda : Sécurité, énergie, commerce ... au coeur des échanges entre Africains et Européens
* Au rendez-vous, Félix Tshisekedi attendu sur les enjeux stratégiques de la RDC.
Luanda, capitale d'Angola, abrite du 24 au 25 novembre, le sommet conjoint de l'Union africaine (UA) et de l'Union européenne (UE) autour d'un thème explicite : "Promouvoir la paix et la prospérité grâce à un multilatéralisme effectif ".
Il est le septième du genre entre les deux blocs continentaux, dont l'objectif annoncé est celui de renforcer la relation entre les deux organisations. Plus de 80 chefs d'Etat et de gouvernement africains et européens échangent sur les relations commerciales, les migrations et les minerais stratégiques.
A l'affiche, l'Est de la République démocratique du Congo, le Soudan, le Sahel seront au coeur du débat. Et en marge du sommet, le dossier ukrainien, particulièrement le plan américain visant à mettre fin à la guerre en Ukraine. Le Sommet de Luanda se tient un jour après la clôture du sommet de G20 tenu à Johannesburg. Sommet boycotté par les Etats-Unis.
Les chefs d'Etat et de gouvernement africains et européens, ainsi que le secrétaire général de l'Onu, Antonio Guterres, se retrouvent à Luanda. Le Français Emmanuel Macron, qui venait de boucler une tournée africaine, l'Allemand Friedrich Merz, le Kenyan William Ruto ou le Sud-Africain Cyril Ramaphosa, le Congolais Félix Tshisekedi s'est rendu sur le lieu pour discuter avec les participants. Au rendez-vous, cette rencontre de l'Union africaine (UA) et de l'Union européenne (UE). Le sommet se tient à un moment très crucial où le Continent s'affirme comme un nouvel espace de compétition entre Américains, Chinois et Russes.
Le sommet de Luanda, septième du genre, marque les 25 ans des relations entre UA et l'UE depuis le sommet du Caire en 2000 se tient à un jour après celui de Johannesburg. A cette occasion, le président angolais et hôte, Joao Lourenço, a appelé à ''restaurer d'urgence le multilatéralisme''.
Le choix de l'Angola, pays riche en ressources naturelles, est loin d'être un fait fortuit. Il traduit le poids grandissant des enjeux liés aux minerais critiques, à la sécurité énergétique, au climat et à la reconfiguration des flux d'investissement vers l'Afrique.
Pour le SG de l'Onu, ''l'axe entre l'Europe et l'Afrique doit prendre le pas comme principal axe dans la communauté internationale''.
PROPOSER OFFRE SUFFISAMMENT ATTRAYANTE
Bruxelles estime que l'UE demeure le principal partenaire commercial de l'Afrique : les échanges de biens et de services ont atteint 467 milliards d'euros en 2023.
" Notre prospérité est plus que jamais liée ", a lancé Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, dans son discours d'ouverture appelant à "se débarrasser des dépendances dangereuses ".
" Les arguments en faveur d'une coopération entre l'Afrique et l'Europe sont incontestables. Trouvons de nouvelles façons d'y parvenir", a-t-elle affirmé.
Il s'avère que l'Europe n'est plus le seul partenaire de l'Afrique. Par conséquent, les capitales européennes ont l'obligation de proposer désormais une ''offre suffisamment attrayante pour battre'' la concurrence. Ce qui nécessite des investissements dans les infrastructures, l'énergie et les projets industriels devant générer de l'emploi en Afrique. Il est donc temps que les Européens abandonnent de belles intentions mais peu d'actes concrets qui ont marqué le passé de leur coopération avec les Africains.
Les attentes des Africains se résument dans la déclaration du porte-parole de l'Union africaine, Nuur Mohamed Sheekh : " L'Afrique ne cherche pas de nouvelles déclarations, mais des engagements crédibles et réalisables ".
LA CREDIBILITE DE L'UE PASSE PAR LA REALISATION DES PROJETS
" La crédibilité de l'Europe " passe par la " réalisation de projets qui créent de la valeur en Afrique, et pas seulement de la visibilité pour Bruxelles ", soutient une analyse du cabinet de conseil SBM Intelligence au Nigeria.
Comme on le remarque, dans leurs interventions, les dirigeants européens ont exprimé leur ambition de reprendre le flambeau sur une Afrique qu'ils ont perdue et tombée entre les mains des, Chinois et des Russes. Les premiers entretiennent avec l'Afrique une coopération commerciale très florissante.
Ces dernières décennies, les Européens ont subi des revers, souvent alimentés par un sentiment anti-européen ou le ressentiment envers le passé sanglant des anciennes puissances coloniales et par la concurrence de la Chine marquée par de grands projets d'infrastructures. Quant à la Russie, elle a profité de la perte d'influence de la France dans son ancien pré carré pour devenir le partenaire sécuritaire de plusieurs pays africains.
Pas seulement. Les Etats du Golfe et la Turquie ont également élargi leur influence mais surtout leur présence sur le continent africain, lui offrant davantage d'opportunités commerciales et un plus grand pouvoir de négociation vis-à-vis de l'Union européenne
Voila donc pour les belles intentions. Entre intentions et réalisations, le fossé est souvent énorme. Le temps ne joue plus en faveur des Européens. S'ils tiennent à occuper les cœurs des Africains, qu'ils retiennent que le temps n'est plus aux discours ni aux promesses. Les Chinois pragmatiques qui l'ont compris ne le regrettent pas.
Kléber KUNGU & Jérémie ASOKO