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Lomami 2 : Un taux d'abandon record de 37% plombe l'ENAFEP
Une enquête de terrain réalisée hier lundi par les services de la province éducationnelle Lomami 2 à Mwene-Ditu, a mis au jour un constat des plus alarmants pour l'avenir du système éducatif provincial. Lors de la dernière session de l'Examen national de fin d'études primaires (ENAFEP), 37% des élèves préalablement inscrits se sont purement et simplement abstenus de se présenter dans les centres d'examen. Ce taux d'abandon massif, qualifié de "critique" par les autorités pédagogiques, intervient dans un contexte paradoxal de gratuité de l'examen, supposé lever la barrière financière pour les familles les plus démunies.
Les investigations menées par les responsables de l'EDUC-NC Lomami 2 pointent du doigt un faisceau de causes interdépendantes qui dépassent le simple cadre scolaire. Si la gratuité de l'examen est une réalité, elle ne suffit pas à compenser le poids écrasant de la précarité socio-économique sur le parcours des élèves.
LA PAUVRETÉ ENDÉMIQUE DES MÉNAGES
Identifiée comme le facteur principal, la paupérisation des familles contraint les enfants à des activités génératrices de revenus (agriculture, petit commerce, aide domestique) au détriment de leur scolarité. L'achat de l'uniforme, des cahiers ou même des chaussures pour se rendre décemment à l'examen reste un obstacle insurmontable pour beaucoup.
Par ailleurs, les grossesses et mariages précoces. Particulièrement touchées, les jeunes filles voient leur parcours scolaire brutalement interrompu. Ce fléau social, qui prive la province d'un potentiel intellectuel féminin considérable, est une priorité absolue de lutte pour les acteurs locaux.
Outre cela, le déficit criant de suivi parental. Dans de nombreuses communautés, le lien entre l'école et les parents s'est distendu. Un manque de sensibilisation sur l'importance cruciale de l'ENAFEP, sésame indispensable pour l'accès au cycle secondaire, est notable. Beaucoup de parents, parfois eux-mêmes non-instruits, sous-estiment la portée de cet examen.
La mobilité et l'instabilité des familles rurales. Les activités agricoles saisonnières ou la recherche de nouveaux terrains de culture entraînent des déplacements fréquents de populations, rupture géographique qui se répercute directement sur l'assiduité et la stabilité scolaire des enfants.
UNE SONNETTE D'ALARME TIRÉE PAR LES AUTORITÉS ÉDUCATIVES
Face à l'ampleur du phénomène, la direction provinciale de l'EDUC-NC Lomami 2 a tenu à exprimer sa profonde inquiétude. Interrogé sur les implications de ce taux d'échec, un cadre éducatif provincial n'a pas caché son amertume : "C'est une perte sèche, une double peine pour la communauté et pour l'enfant. La communauté se prive de futurs cadres, et l'enfant rate une étape formative et certificative essentielle pour sa vie future. Chaque élève absent, c'est un projet avorté, un potentiel non réalisé. La gratuité de l'examen était une avancée majeure, mais elle se heurte à des réalités sociales bien plus coriaces".
Pour inverser cette tendance délétère, les responsables de l'EDUC-NC ne misent pas sur une solution unique, mais sur une synergie d'actions impliquant tous les maillons de la société. Un plan d'action urgent est préconisé, articulé autour de plusieurs axes notamment; la sensibilisation communautaire intensive; l'implication renforcée des parents et de la société civile; la mobilisation des autorités locales et administratives; et la protection spécifique de la jeune fille.
Félix MULUMBA KALEMBA