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Les transports en commun brûlent, l'Etat doit s'imposer !
Des nouvelles qui nous proviennent du secteur des transports en commun ne sont pas bonnes. Du moins elles nous renseignent que le secteur bouge, lui qui, du reste, est toujours bouillant du fait de ce qui s'y passe au quotidien : un désordre indescriptible. Je dirais plutôt un désordre descriptible. Car connu des usagers que nous sommes.
Des sources généralement bien informées rapportent que le transport a été perturbé hier lundi 13 janvier dans la matinée. Des échauffourées ont été signalées dans certains coins de la capitale, réputés des points chauds. Quelques Kinois s'en sont pris à quelques chauffeurs et receveurs en les molestant. Ces Kinois en colère se sont également attaqués aux véhicules.
Et pour cause ! Le refus des transporteurs de se soumettre au nouveau tarif des transports en commun, instauré par le gouvernement provincial de la ville-province de Kinshasa voici une semaine.
La réalité est que l'Etat a laissé pourrir la situation des mois durant, laissant propriétaires de véhicules, chauffeurs, receveurs et chargeurs imposer leur loi dans ce secteur très stratégique.
Il leur revient en effet de déterminer l'itinéraire, le trajet ainsi que le montant que les passagers doivent payer pour la course. Le secteur des transports en commun, un véritable jungle, un capharnaüm où ces inciviques ont rendu la vie très dure aux passagers qui ne savaient plus à quelle autorité se vouer ! Si bien que, même si les prix des carburants à la pompe, comme dernièrement, sont revus à la baisse, comme dernièrement, les maîtres du secteur des transports en commun refusent de suivre la tendance en baissant le tarif.
Il y a donc une semaine, le ministre provincial des Transports a rendu public un nouveau tarif des transports en commun. Avec, à la clé, des mesures imposant aux chauffeurs entre autres d'afficher des tarifs sur leurs véhicules, de ne pas sectionner les itinéraires (pratique appelée demi-terrain).
Il y a une chose : celle de rendre public un nouveau tarif de transport, mais également il importe surtout de faire le suivi de ces mesures.
C'est malheureusement sur ce dernier point que les autorités compétentes demeurent les moins performantes. Que des lois votées, que des arrêtés pris ou autres ordonnances qui sont restées lettre morte, faute d'application. Un fait que nous avons toujours dénoncé, mais qui n'a jamais trouvé de solution.
La responsabilité dans cette situation reste partagée: chauffeurs, receveurs et chargeurs ont leur grande responsabilité. Mais également la population elle-même. A celle-ci, il est reproché son apathie, son défaitisme, sa couardise. Elle se contente de subir, d'accepter souvent avec fatalisme certaines situations sans aucune réaction, sans souci de revendiquer ses droits.
Il importe maintenant qu'en ce qui concerne ce nouveau tarif des transports en commun que les Kinois aident les autorités provinciales à les aider à débourser le montant équivalent au trajet à parcourir. Aussi doivent-ils revendiquer et refuser de payer ce que les chauffeurs, receveurs leur imposent. Ce qui ne voudrait pas dire qu'ils doivent revendiquer jusqu'à casser des véhicules. Leur revendication doit consister à refuser à se plier à la boulimie capricieuse des chauffeurs.
Tout porte à croire que ce qui s'est produit hier dans certains coins de Kinshasa (Tshangu, Pont Matete) doit interpeller le gouvernement provincial. Qui a l'obligation de faire respecter ce qu'il a lui-même décidé de mettre en place. Qu'il ne se plie pas aux caprices de ce secteur très capricieux, insatiable, têtu et qui croit tout se permettre.
L'Etat, qui dispose de tous les attributs et autres moyens pour imposer ses lois et règlements, a-t-il raison de flancher devant la volonté des propriétaires de véhicules, chauffeurs, receveurs et chargeurs ? Ceux-ci sont-ils si forts et financièrement puissants pour faire plier sous leur diktat l'Etat sur les routes duquel ils opèrent ? Doivent-ils continuer à narguer cet Etat en imposant leur loi dans leur secteur au motif qu'il n'a pas de véhicules ?
Tout compte fait, nous sommes convaincu avoir été suffisamment compris pour que nous puissions être amené à utiliser une autre langue. Cette catégorie d'opérateurs économiques n'entend que ce langage de violence pour se plier à la loi.
Kléber KUNGU