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Le Service national remet à trois écoles un lot de 400 bancs-pupitres
Dans l'enceinte scolaire partagée par l'école primaire Mobutu Sese Seko et les instituts Kusoba et Sainte-Marthe, dans la commune de la N'sele, l'émotion était perceptible sur tous les visages hier jeudi 22 janvier. Quatre cents bancs-pupitres y ont été officiellement remis aux élèves, dans le cadre de l'opération nationale "Pas d'école publique sans banc", portée par le Service national.
Pour ces trois établissements conventionnés catholiques, longtemps confrontés à un déficit criant de mobilier scolaire, ce geste va bien au-delà d'un simple don matériel. Il restaure la dignité de l'élève, rétablit des conditions minimales d'apprentissage et redonne du sens à l'école publique. Fini, pour de nombreux enfants, les longues heures assis à même le sol, sur des briques ou sur des bancs de fortune. Désormais, apprendre rime à nouveau avec respect, confort et concentration.
Cette action s'inscrit pleinement dans la dynamique de la gratuité de l'enseignement primaire, pilier de la politique sociale du Président de la République, Félix Tshisekedi. À travers ces bancs, c'est une vision qui se matérialise sur le terrain : celle d'un État qui agit, même par des gestes simples, pour améliorer concrètement le quotidien scolaire des enfants congolais, y compris dans les communes périphériques souvent oubliées des grands programmes publics.
Particularité forte de cette initiative : ces bancs-pupitres ne proviennent pas de l'importation. Ils sont fabriqués localement, en République démocratique du Congo, par les jeunes encadrés au sein du Service national. D'anciens jeunes en rupture sociale, autrefois marginalisés et stigmatisés sous l'appellation de kulunas, aujourd'hui transformés en menuisiers, artisans, bâtisseurs et citoyens utiles à la nation.
Un symbole puissant de transformation sociale.
"C'est la preuve vivante que la réinsertion est possible, que la jeunesse peut changer lorsqu'elle est encadrée avec rigueur, discipline et amour de la patrie", a déclaré le préfet de l'Institut Sainte-Marthe, visiblement ému. Pour lui, cette action ne se limite pas à l'éducation : elle touche à la reconstruction morale, civique et citoyenne de toute une génération.
Mais derrière la joie, subsistent les inquiétudes. Tout en exprimant leur reconnaissance, les responsables de ce complexe scolaire ont lancé un plaidoyer pressant. Ils appellent à l'extension des actions du Service national, notamment en faveur de la réhabilitation des bâtiments scolaires, aujourd'hui vétustes et fragilisés par le temps.
Plus grave encore, ils alertent sur une situation qui menace directement l'existence même de l'école : la spoliation présumée de leurs terrains depuis le 2 janvier 2026. Une perte lourde de conséquences, qui prive l'établissement de ses espaces de gymnastique et de ses champs scolaires, tout en exposant les bâtiments et les salles de classe aux risques d'érosion.
"Nous vous demandons d'être notre ambassadeur auprès du Chef de l'État, afin de porter à sa connaissance cette spoliation qui met en péril notre école et jette dans l'incertitude l'avenir de nombreux enfants", a plaidé le préfet, la voix chargée d'émotion.
Pendant ce temps, la caravane du Service national poursuit sa ronde, école après école, commune après commune, avec un objectif clair : redonner dignité, espoir et conditions d'apprentissage décentes aux élèves et aux étudiants congolais. Des bancs, oui. Mais surtout des symboles. Des symboles d'un pays qui reconstruit son école, sa jeunesse et son avenir, un geste concret à la fois.
Jérémie ASOKO