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Le pavé dans la mare de Willy Mishiki : L’USN est-elle un conglomérat des politiciens sans idéal ?
Prince Willy Mishiki, député national élu de la circonscription électorale de Walikale, au Nord-Kivu et membre de l’Union sacrée de la nation (USN) vient de jeter un pavé dans la mare en rejetant les résultats des primaires organisées par sa famille politique, et qui ont abouti à la désignation de Vital Kamerhe comme candidat unique à la présidence de l’Assemblée nationale. Il ne s’est pas arrêté au rejet de la procédure, mais il a franchi le Rubicon en tenant des propos désobligeants à l’endroit d’Augustin Kabuya, secrétaire général du parti présidentiel, l’UDPS, et en se portant candidat indépendant au perchoir de la Chambre basse du Parlement.
Pour cet enfant terrible de l’USN, un groupe de 113 députés nationaux l’a rencontré pour lui demander de déposer sa candidature en bonne et due forme au poste de président de l’Assemblée nationale. Ces députés estiment que la démocratie est en péril car, soutiennent-ils, certains membres du présidium de l’USN veulent remettre en cause la liberté de choix des élus du peuple. «Nous sommes les élus du peuple, nous ne sommes pas les garçons de course d’Augustin Kabuya, de Mboso Nkodia, Vital Kamerhe, Bahati Lukwebo et de qui que ce soit», a-t-il martelé.
Ensuite, il a renchéri : «Nous ne sommes pas des petits gamins qu’on prend le matin, à qui on distribue du pain pour signer et voter. On doit respecter les députés, nous avons des engagements vis-à-vis des électeurs, on doit être libre pour faire un choix judicieux. La charte de l’Union sacrée a été violée, car nulle part il est prévu des élections primaires. Qui a donné le pouvoir à Augustin Kabuya, un député comme moi de nous convoquer ? Nous ne sommes pas des enfants. Nous respectons le chef de l’Etat».
En réaction, le député UDPS, élu de la circonscription de la Tshuapa, Célestin Engelemba, est monté au créneau pour fustiger ce comportement désinvolte de son collègue avant de lui exiger de retirer ses propos. Selon lui, dire qu’Augustin Kabuya n’a pas qualité d’organiser les primaires constitue un manque de respect envers le secrétaire général de l’UDPS, qui est de surcroît membre du présidium de l’USN. Il conclut en déclarant que la démarche de Willy Mishiki est de nature à perturber la vision du chef de l’Etat et entraver l’avènement de l’Etat de droit imprimé par Félix Antoine Tshisekedi.
S’il faut scanner la sortie médiatique du député Mishiki, l’on se rendra vite compte qu’il s’est embourbé dans une incohérence logique inqualifiable. Il a oublié que M. Kabuya ne s’est pas auto désigné pour organiser les primaires. Si celles-ci ont eu lieu c’est parce que les trois candidats de l’USN au perchoir de l’Assemblée nationale n’ont pas voulu se faire des concessions. À ce niveau, il faut regretter le manque de consensus, ce qui met en évidence la gloutonnerie de la plupart des acteurs politiques congolais. C’est ce blocage qui a poussé le président de la République à organiser lesdites primaires. Ce qui est une procédure inédite dans les annales de l’histoire parlementaire en RDC.
Cependant, tout député de l’USN qu’il est, l’honorable Willy Mishiki demande à Augustin Kabuya de lui dire de qui il a reçu l’ordre d’organiser les primaires. En plus, il prétend proclamer sa loyauté vis-à-vis de l’autorité morale de l’USN, alors qu’au même moment il piétine sur ses instructions. Ce type d’attitude révèle l’état d’esprit des politiciens congolais qui naviguent vaille que vaille, ne savent quelle position adopter et quels propos tenir en telle ou telle circonstance.
Comment, au cas où réellement ces 113 députés sont sérieux, Willy Mishiki peut-il gagner l’élection où la majorité simple est de 251 élus ? Il faudrait que nos hommes politiques se ressaisissent et redorent leur image ternie par certains comportements terre à terre de quelques-uns d’entre eux. Ils sont appelés à mettre fin à leur vagabondage politique.
Aux dernières nouvelles, Willy Mishiki a désisté en faveur de Vital Kamerhe, désormais candidat unique au perchoir de l’Assemblée nationale.
Muke MUKE