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Le mouvement " Rien Sans les Femmes " dénonce un recul de la parité
Le gouverneur de la province du Kasaï Central, Joseph Moïse Kambulu N'konko, a procédé, le samedi 9 mai 2026, au remaniement de son gouvernement provincial. Une nouvelle équipe de dix ministres a été dévoilée, avec une seule femme reconduite au portefeuille du Genre, Famille et Enfants.
Ce réaménagement institutionnel suscite déjà de vives réactions dans les milieux de la société civile, particulièrement sur la question sensible de la représentativité féminine dans les instances de décision.
Dans une déclaration rendue publique peu après l'annonce du nouveau gouvernement, le mouvement " Rien Sans les Femmes " a exprimé sa profonde préoccupation. Sa coordonnatrice provinciale, Nathalie Kambala Luse, dénonce ce qu'elle considère comme un recul préoccupant en matière de parité.
Elle affirme que " la présence d'une seule femme sur dix ministres provinciaux constitue un sabotage des efforts engagés pour l'égalité entre hommes et femmes ". Pour le mouvement, cette configuration gouvernementale contraste fortement avec les engagements nationaux et internationaux de la République démocratique du Congo en matière d'égalité de genre.
UN RAPPEL DES ENGAGEMENTS JURIDIQUES
Nathalie Kambala Luse rappelle notamment que " l'article 14 de la Constitution, la loi sur la parité ainsi que les instruments internationaux ratifiés par la RDC consacrent clairement la participation des femmes à la gestion publique ".
Selon elle, le non-respect de ces principes fragilise non seulement la justice sociale, mais aussi la crédibilité des institutions provinciales.
Au-delà du débat juridique, le mouvement " Rien Sans les Femmes " insiste sur les conséquences politiques et sociales de cette faible représentation féminine. La coordinatrice provinciale estime que " les femmes sont un pilier du développement et leur exclusion des espaces de décision affaiblit la gouvernance et l'efficacité des politiques publiques ".
DES RECOMMANDATIONS POUR RETABLIR L'EQUILIBRE
Face à cette situation, le mouvement formule plusieurs recommandations pour rétablir l'équilibre. Il plaide notamment pour " la reconsidération urgente de la composition du gouvernement provincial afin d'assurer une représentation significative des femmes ", ainsi que la promotion des femmes à des postes stratégiques, notamment au sein des secrétariats exécutifs.
Le mouvement appelle également les partis politiques à revoir leurs pratiques internes, en mettant fin à toute forme de discrimination et en garantissant la promotion des candidatures féminines aux fonctions de responsabilité.
Enfin, " Rien Sans les Femmes " invite les députés provinciaux à assumer pleinement leur rôle de contrôle. Le mouvement les exhorte à " veiller au respect strict de la parité dans les futures nominations et décisions institutionnelles ".
Ce remaniement gouvernemental relance ainsi le débat sur la gouvernance inclusive au Kasaï Central, dans un contexte où la question de la parité demeure un enjeu majeur de démocratie et de développement.
Félix MULUMBA Kalemba