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La NSCC favorable à la révision de la Constitution de 2006
Le président de la Nouvelle société civile congolaise (NSCC), Jonas Tshiombela, a exprimé son soutien à la démarche de l'Église de Réveil du Congo, favorable à une révision de la Constitution du 18 février 2006, relançant ainsi un débat hautement sensible au sein de la classe politique et de la société congolaise.
Prenant part à une conférence de presse animée par l'archevêque Evariste Ejiba Yamapia, l'activiste a estimé que la Loi fondamentale actuelle ne répondrait pas suffisamment aux attentes de la population et pourrait être modifiée à tout moment. Selon lui, la prochaine réforme devrait davantage encadrer la gestion des institutions provinciales afin d'en faire bénéficier directement les citoyens.
"... A TOUT MOMENT, ON PEUT CHANGER OU TOUCHER A LA CONSTITUTION "
Jonas Tshiombela soutient ainsi que le texte constitutionnel en vigueur ne comporte pas de verrou explicite sur sa révision. " Du début jusqu'à la fin de cette Constitution, je n'ai vu nulle part où on inscrit le moment où il faut changer la Constitution. À tout moment, on peut changer ou toucher à la Constitution ", a-t-il déclaré, estimant que l'enjeu principal reste l'intérêt du peuple.
Au cœur de son argumentaire figure également la question de l'équilibre institutionnel. Le président de la NSSC considère en effet que le président de la République, élu au suffrage universel, disposerait de marges de manœuvre limitées par rapport au Premier ministre, pourtant issu de sa majorité. " Il n'a pas une marge de manœuvre pour travailler", a-t-il affirmé.
Dans sa vision, une réforme constitutionnelle devrait aboutir à des institutions davantage orientées vers les besoins de la population, avec une gouvernance plus communautaire et participative. Il appelle par ailleurs à l'ouverture d'un débat national dans les six prochains mois, afin de permettre aux citoyens de s'exprimer sur cette question.
Jonas Tshiombela met également en garde contre certaines dispositions, notamment l'article 217, qu'il juge susceptibles de fragiliser l'unité nationale. Il plaide ainsi pour un " verrouillage " de la future Constitution afin d'éviter tout risque de fragmentation du pays.
Ce positionnement intervient dans un climat politique marqué par de profondes divergences. L'Église de Réveil du Congo apparaît elle-même divisée sur la question, tandis que l'opposition dénonce une manœuvre politique visant à prolonger le maintien au pouvoir du président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo au-delà de son mandat actuel, qui expire en décembre 2028.
Dans ce contexte tendu, le débat sur la révision constitutionnelle s'impose progressivement comme l'un des enjeux majeurs de la scène politique congolaise, entre aspirations réformatrices, soupçons de calcul politique et fractures institutionnelles persistantes.
Jérémie ASOKO