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La malnutrition chronique touche 47,9% des enfants, selon le le Pronanut
"Le nombre d'enfants touchés par la malnutrition chronique est de 47,9% soit 10 millions d'enfants de moins de 5 ans et 7,8% en ce qui concerne la malnutrition aigüe, soit environ 5 millions d'enfants de moins de 5 ans qui sont touchés par ce fléau", a annoncé le directeur général du Programme national de nutrition (Pronanut), Bruno Bindamba, qui a conclu que la RDC fait face à un problème nutritionnel. C'était à l'occasion du lancement à Kinshasa par le ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, de la Semaine mondiale de l'allaitement maternel (Smam édition 2025) sous le thème : " Prioriser l'allaitement : tisser des réseaux de soutien durables",le vendredi 22 août à l'ex Hôpital Mama Yemo.
Bruno Bindamba est d'avis que l'allaitement maternel n'est nullement un simple geste de santé ou de nutrition, c'est aussi un acte écologique durable pour l'avenir de la planète à l'heure où le monde fait face à une crise climatique. Puis, il a indiqué : " Malgré les bénéfices scientifiques prouvés, le taux d'allaitement maternel reste insuffisant. Selon les résultats de l'enquête nationale de nutrition (ENN 2023 en RDC), la proportion d'enfants mis au sein à l'heure qui suit l'accouchement est de 73,6%, le taux d'allaitement maternel exclusif est de 59,6% et parmi les enfants de moins de 6 mois, 71,6% des enfants poursuivent l'allaitement jusqu'à 2 ans".
Cependant, le directeur du Pronanut a évoqué les obstacles à l'allaitement maternel optimal. Il s'agit entre autres du manque d'informations, l'insuffisance de soutien communautaire et institutionnel, les normes socioculturelles, la commercialisation agressive des substituts du lait maternel ainsi que les conditions de travail inadaptées aux mères allaitantes. Selon lui, ces obstacles font que 20% des nourrissons reçoivent de l'eau dès leurs premiers mois de naissance et environ 40% des nourrissons âgés de 4 à 5 mois reçoivent des aliments complémentaires, cependant les mères ne peuvent réussir sans un environnement favorable.
A cette occasion, Bruno Bindamba a dénoncé le recours massif aux substituts du lait maternel. D'après lui : " plus de 2,8 millions de boîtes de lait artificiel sont consommées chaque année en RDC par des bébés de moins de six mois. Le coût est non seulement économique, mais aussi sanitaire et environnemental". Et de faire remarquer : " Près de 27 000 décès de nourrissons pourraient être évités chaque année si l'allaitement était pratiqué de manière optimale".
Garantir la première vaccination naturelle
"Promouvoir l'allaitement maternel, c'est garantir la première vaccination naturelle de l'enfant pour se prévenir de la malnutrition chronique et poser les bases du développement du capital humain", a soutenu Romain Muboyayi, directeur de cabinet du ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale.
Au nom dudit ministre, il a déclaré : " promouvoir l'allaitement maternel, c'est garantir la première vaccination naturelle de l'enfant pour se prévenir de la malnutrition chronique et poser les bases du développement du capital humain".
Selon lui, le thème de l'édition 2025 constitue un appel fort à l'action collective et rappelle que l'allaitement maternel ne doit pas être considéré uniquement comme un choix individuel ou une responsabilité exclusive des mères. " Il s'agit plutôt d'un enjeu de santé publique, d'un engagement communautaire et d'un impératif national", a-t-il souligné.
Il a, par ailleurs, mentionné que le ministère de la Santé, à travers le Pronnaut, s'est engagé depuis plusieurs années, à promouvoir la mise au sein à l'heure qui suit l'accouchement et à encourager l'allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois de la vie et d'un allaitement continu jusqu'à 2 ans plus avec une alimentation complémentaire adéquate.
Pour sa part, le représentant résident de l'Unicef en RDC, John Agbor, a, au nom des partenaires techniques et financiers, fait remarquer : "malgré le taux de 59,6% de l'allaitement maternel exclusif, placé au-dessus de la référence de 50% adopté lors de la 65ème assemblée mondiale de la santé, il y a environ 40% des cas des bébés qui ratent l'allaitement maternel exclusif et 2,5% environ 60 mille qui ne sont pas dit tout allaité".
Ce haut fonctionnaire onusien a poursuivi ; "en RDC les données de différentes EDS de 2007 à 2023, relèvent une corrélation positive entre la réduction de la mortalité infantile et l'augmentation de l'allaitement maternel. Environ le décès de 27000 nourrissons pourra être évité si la pratique d'allaitement est optimale".
Il a ensuite renouvelé l'engagement de l'Unicef à œuvrer au côté du gouvernement de la RDC pour promouvoir cette pratique, qui constitue, par sa composition, une arme clé contre la mortalité néonatale.
Mathy Musau