Dernière minute
Société
Face aux risques liés à la maladie à virus Ebola et à la variole du singe (Mpox), le médecin-chef de zone de santé de Tchomia a, au cours d'une séance de sensibilisation le dimanche 11 octobre, appelé sa population au respect strict des mesures de prévention contre ces maladies. Il…
Culture
Forum éco
Sport
Enjeux de l’heure
Le projet de loi relatif aux droits d'auteur et aux droits voisins en République démocratique du Congo a été révisé au terme de sept jours de travaux d'une commission interministérielle, clôturés…
Étranger
Il y a eu plus de peur que de mal. Le Pape Léon XIV a subi une intervention chirurgicale qui a consisté en une ablation d'un nodule pulmonaire, le mardi 13 octobre 2026. Le médecin a retiré avec…
Nation
Plus de 50 candidats ont pris part, hier mercredi 14 octobre, au concours écrit de recrutement des enseignants du secondaire dans la sous-division de Demba 2, au Kasaï-Central. Organisée à l' EP1…
Kasaï-Central : neuf femmes victimes de viol collectif
Un acte d'une violence abjecte a plongé le territoire de Dibaya au Kasaï-Central dans l'effroi. Neuf femmes ont été sauvagement agressées et violées en groupe dans des circonstances d'une brutalité inédite, suscitant une onde de choc à travers la province et au-delà. L'ONG Femme main dans la main pour le développement intégral (FMMDI), par la voix de sa directrice pays Nathalie Kambala Luse, a vivement condamné cette atrocité, exigeant une réponse immédiate des autorités.
Selon les témoignages recueillis sur place, les victimes, majoritairement des agricultrices, ont été prises pour cible alors qu'elles travaillaient dans leurs champs. Les assaillants, dont l'identité reste à déterminer, les auraient d'abord passées à tabac avant de les violer collectivement. Les séquelles physiques et psychologiques sont gravissimes : plusieurs survivantes présentent des blessures critiques et ont dû être hospitalisées en urgence.
" Je dénonce avec la dernière énergie le viol collectif de ces neuf femmes par des individus encore non identifiés. Selon nos sources, elles ont été sauvagement battues avant d'être violées. La plupart sont dans un état critique, certaines avec des fractures et des hémorragies internes. C'est une horreur qui dépasse l'entendement ", a déclaré Nathalie Kambala Luse.
TENSION ENTRE DEUX villages?
Les premières investigations suggèrent que ce crime pourrait s'inscrire dans un contexte de tensions entre deux villages voisins. D'après le Réseau de jeunes de Dibaya (REJED) contacté par "Forum des As", le différend oppose les chefs des groupements Bena Mutembu et Bakua Tshipamba, situés dans le secteur de Dibanda, depuis lundi 24 mars 2025. Le coordonnateur de REJED rapporte que la situation est extrêmement tendue et plusieurs habitants des deux groupements, craignant pour leur sécurité, ont fui leurs domiciles pour se réfugier dans la brousse.
Le coordonnateur William Kasuku a lancé un appel pressant aux chefs coutumiers impliqués pour qu'ils privilégient le dialogue afin de restaurer la paix. Toutefois, la directrice de la FMMDI a fermement rejeté toute justification possible, rappelant que le Kasaï-Central n'est pas une zone de guerre et que rien ne saurait légitimer de telles exactions.
" Comment expliquer que des frères, au lieu de privilégier le dialogue, en viennent à s'en prendre à des femmes innocentes ? Ces actes sont inadmissibles, inconcevables ! Le pays est déjà confronté à des violences à l'Est, et voilà que dans notre province, où la femme est traditionnellement respectée, on bafoue son intégrité de la pire des manières ", s'est-elle insurgée.
Appel à une mobilisation urgente des autorités
Le drame prend une dimension encore plus insoutenable avec la révélation qu'une des survivantes a subi une fausse couche des suites de l'agression. Un fait qui a provoqué une vive émotion parmi les défenseurs des droits humains.
" L'une d'entre elles a malheureusement perdu son bébé aujourd'hui à cause de ces viols. C'est une double peine pour elle, une douleur qu'aucune femme ne devrait jamais endurer ", a déploré Mme Kambala Luse, annonçant avoir interpellé le gouvernement provincial pour une prise en charge globale des victimes.
Face à l'ampleur du traumatisme, la FMMDI exige des actions concrètes, notamment : une enquête rapide et rigoureuse pour identifier et traduire en justice les coupables; une protection renforcée des femmes dans les zones rurales, souvent exposées à des risques accrus et un soutien médical et psychologique pour les survivantes, dont certaines risquent de porter à vie les stigmates de cette barbarie.
" Nous avons saisi le gouvernement provincial. Trop c'est trop. Le corps de la femme est sacré, sa dignité ne peut être ainsi piétinée. Nous exigeons des mesures fortes pour que de tels crimes ne se reproduisent plus ", a martelé la directrice de la FMMDI.
Ce crime odieux relance le débat sur l'insécurité persistante dans certaines régions du Kasaï-Central et la nécessité de renforcer les mécanismes de protection des femmes. Les associations locales appellent à une mobilisation nationale, insistant sur l'importance de briser la culture de l'impunité qui entoure trop souvent les violences sexuelles.
Félix Mulumba Kalemba