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Kasaï-Central : Le chef de groupement dément un conflit coutumier
Une semaine après les violents affrontements qui ont secoué le village de Muyeye, dans le groupement de Bakua Tshitudi (secteur de Bulungu, territoire de Kazumba au Kasaï-Central), le calme est revenu dans la zone. C’est ce qu’a confirmé Tshiyombo Lubemba, le chef du groupement, qui a tenu à clarifier l’origine réelle des violences, contredisant les premières analyses et les rumeurs qui circulaient.
Les affrontements, survenus les 20 et 21 septembre, ont laissé des traces profondes et un bilan humain et matériel lourd. Les conséquences directes de cette vague de violence sont sans appel.
4 morts...ces pertes en vies humaines témoignent de la gravité des hostilités; plusieurs blessés, malgré que le nombre exact n’est pas précisé, mais les blessures ont nécessité des soins d’urgence. Par ailleurs, nombreuses habitations incendiées. Les destructions matérielles ont été considérables, laissant de nombreuses familles sans abri et exacerbant la crise humanitaire locale.
Face à l’ampleur des dégâts, les premières informations évoquaient l’hypothèse d’un conflit coutumier latent, souvent à l’origine des tensions dans les territoires ruraux du Kasaï.
UNE DISPUTE FINANCIÈRE À L’ORIGINE DU DRAME
Contrairement à ces rumeurs, le chef de groupement Tshiyombo Lubemba a formellement précisé que la véritable origine des tensions était une dispute liée à un transfert monétaire. Cette précision est cruciale, car elle permet de distinguer l’incident d’un conflit coutumier profond, suggérant que la violence a pu être déclenchée par un contentieux financier qui a dégénéré en affrontement armé ou communautaire.
Le fait que l’origine soit une simple querelle financière souligne la vulnérabilité des communautés aux moindres désaccords et la facilité avec laquelle les tensions peuvent se transformer en drame, particulièrement dans un contexte de forte circulation d’armes légères et de fragilité sociale.
Le chef Tshiyombo Lubemba a tenu à remercier les autorités locales et provinciales pour leur intervention et leurs efforts qui ont été déterminants dans le rétablissement de la paix. L’intervention coordonnée des services de sécurité et de l’administration a permis de mettre fin aux hostilités et de sécuriser la zone.
Cependant, le défi majeur reste désormais le retour à la normale. De nombreux habitants, craignant pour leur sécurité, ont trouvé refuge en brousse ou dans des zones environnantes, entrainant un déplacement interne des populations.
Dans un appel solennel, le chef de groupement exhorte la population à quitter la brousse et à retourner dans leurs villages. L’enjeu principal est la reprise des activités scolaires, condition essentielle pour la stabilité sociale et l’avenir des jeunes générations. Permettre aux enfants de reprendre les cours est la première étape concrète vers le rétablissement de la cohésion communautaire et de la résilience locale à Muyeye.
Félix MULUMBA KALEMBA