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Kananga: matinée sans motos, ville paralysée, accalmie fragile après des affrontements
La ville de Kananga, chef-lieu de la province du Kasaï Central, s’est réveillée hier mardi 20 janvier sous un climat inhabituel marqué par une paralysie quasi totale de la circulation routière, consécutive à l’annonce d’une action de protestation des taxis-motards. Dès les premières heures de la matinée, entre 6h et 6h30, les artères principales et secondaires de la ville présentaient une physionomie rarement observée : peu de mouvements, absence quasi totale des motocyclettes et une population visiblement prudente, voire inquiète.
Selon les constats effectués sur le terrain par notre rédaction, cette situation fait suite à un message largement relayé les jours précédents au sein de la corporation des taxis-motards, les appelant à suspendre toute activité de transport ce mardi 20 janvier 2026. Initialement, cette suspension devait accompagner une marche de colère projetée dans la ville, visant à exiger le départ du commissaire provincial de la Police nationale congolaise (PNC) au Kasaï Central, le général Mike Mangnat Kabeya.
Accusations de tracasseries policières
À l’origine de cette mobilisation, les taxis-motards dénoncent ce qu’ils qualifient de «tracasseries répétées» et d’abus d’autorité de la part de certaines unités de la police. Ils pointent particulièrement le déploiement sur le terrain de policiers récemment recrutés, ainsi que d’autres catégories d’agents, notamment les gendarmes, pour contrôler leurs activités quotidiennes.
Pour les motards, cette situation crée une confusion dans la chaîne de contrôle, d’autant plus qu’une structure spécialisée, la PCR (Police de circulation routière), est déjà opérationnelle et travaille habituellement en collaboration avec eux. Leur principale revendication consiste ainsi à voir la PCR demeurer la seule unité chargée de la régulation du trafic et du contrôle des motos, afin d’éviter les abus, les arrestations arbitraires et les perceptions illégales.
Marche annulée, mais mot d’ordre maintenu
Bien que la marche de colère annoncée ait finalement été annulée à la dernière minute, le mot d’ordre de suspension totale du transport par motos est resté d’application. Les responsables de la corporation avaient appelé leurs membres à «tenir parole» et à instaurer une journée sans motocyclettes dans toute la ville.
Cependant, dès les environs de 8 heures, des tensions internes ont éclaté au sein même des taxis-motards. Selon plusieurs témoignages concordants recueillis sur place, certains taximen qui ont tenté de reprendre le transport des passagers ont été pris à partie par leurs pairs. Ces derniers, déterminés à faire respecter la consigne, auraient recouru à des menaces, des intimidations et même à des violences physiques, entraînant des cas de tabassage et de passages à tabac signalés dans différents coins de la ville.
Face à la montée de la tension, les forces de l’ordre ont été déployées dans plusieurs quartiers stratégiques de Kananga afin de contenir tout débordement et de rassurer la population. Ce déploiement n’a toutefois pas empêché des affrontements entre certains groupes de motards et la police.
Dans la matinée, des scènes de heurts ont été signalées, accompagnées, selon nos sources, de tirs sporadiques, plongeant davantage la ville dans la peur et l’inquiétude. Les habitants, déjà peu enclins à sortir de chez eux, ont préféré se terrer dans leurs domiciles, tandis que seules quelques personnes, principalement des travailleurs et des élèves se rendant à pied à l’école, étaient visibles sur les routes.
Dans l’après-midi, la situation est demeurée tendue, bien que l’intensité des affrontements ait progressivement baissé. Après quelques heures, une accalmie relative a été observée, sans pour autant marquer un retour à la normale. Les motocyclettes sont restées absentes de la circulation, donnant à Kananga l’image d’une ville inhabituellement calme, presque désertée, où seuls quelques piétons et véhicules officiels ou privés circulaient timidement.
Félix MULUMBA KALEMBA