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JMF 2026 : accès à l’énergie : Un collectif d’organisations féminines appelle à une justice énergétique féministe
Dans le cadre du mois dédié à la femme, un collectif d’organisations féminines interpelle les autorités congolaises sur le droit à une justice énergétique féministe. L’objectif visé est d’assurer aux femmes un accès à une énergie propre, fiable, de qualité et à un coût abordable. En effet, le droit à l’énergie est garanti par la loi, mais la précarité énergétique freine le développement et l’autonomisation des femmes et des filles en République Démocratique du Congo.
En RDC, l’accès des femmes à l’énergie reste extrêmement limité, particulièrement en zones rurales où plus de 80 % de la population vit sans électricité. Cette situation affecte directement la transformation agricole, la santé des femmes et leurs opportunités économiques. Paradoxalement, bien que les femmes jouent un rôle clé dans la gestion des ressources énergétiques domestiques, elles restent largement sous-représentées dans le secteur énergétique – moins de 5 à 10 % dans certains domaines techniques.
«L’énergie est le socle de la justice sociale et climatique». D’autant plus que le thème mondial «Droits. Justice. Action. Pour toutes les femmes et les filles». Pour ces activistes, l’accès à une énergie fiable et propre n’est pas une simple question de confort, mais un droit humain fondamental, inscrit dans la loi mais bafoué dans les faits.
Dans ce communiqué rendu public, le collectif d’organisation féminine regroupé au sein du Réseau Mwangaza, rappelle le cadre légal pourtant clair. La Constitution congolaise garantit le droit à l’énergie électrique (article 48) ; -la Charte africaine des droits de l’homme, via son Protocole sur les droits des femmes, engage l’État à assurer l’accès aux sources d’énergie domestique ; -la Loi n° 15/013 de 2015 vise à garantir l’égalité d’accès aux ressources nationales. Mais sur le terrain, la réalité est tout autre.
Coté « -Santé et sécurité : les femmes et les filles sont les premières victimes de la «corvée de bois», supportant les risques sanitaires liés à la fumée toxique et l’insécurité lors de la collecte. Du point de vue économie : le déficit énergétique étouffe l’entrepreneuriat féminin. Sans électricité stable, les activités de transformation agroalimentaire et l’accès aux technologies numériques deviennent impossibles, perpétuant le cycle de la pauvreté. Au niveau de l’Égalité : les inégalités de genre se creusent, car sans énergie, l’autonomisation économique des femmes reste un vœu pieux», peut-on lire dans le communiqué.
Le réseau a, par ailleurs, formulé des recommandations concrètes pour une transition énergétique réellement inclusive, qui ne laisse «aucune femme dans l’obscurité» : - L’équité dans l’accès : Garantir une énergie propre, stable et abordable pour tous les foyers, sans discrimination. - La révolution de la cuisson : Déployer massivement des solutions de cuisson durable pour protéger la santé des femmes et des filles ainsi que les forêts congolaises. - L’éducation technique : Briser les plafonds de verre en finançant des bourses et des formations spécialisées pour les femmes et les filles dans les métiers des énergies renouvelables. - Le leadership féminin : Assurer une représentation paritaire aux postes de décision au sein des institutions énergétiques. - L’institutionnalisation du genre : Intégrer systématiquement l’approche genre dans chaque projet, loi ou politique énergétique nationale.
Ce cri d’alarme du Réseau Mwangaza se veut un appel à l’action.
Fyfy Solange TANGAMU