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JED: La RDC reste l’un des pays les plus risqués d’Afrique pour exercer le journalisme
Le rapport annuel 2025 de l’organisation Journaliste en Danger (JED), rendu public le samedi 22 novembre, révèle que la RDC reste l’un des pays les plus risqués d’Afrique pour exercer le métier de journaliste. Malgré une baisse notable du nombre total des violations depuis l’arrivée de Félix Tshisekedi au pouvoir, les violences les plus graves connaissent une hausse inquiétante.
L’organisation Journaliste en danger constate, en effet, que les assassinats et disparitions de journalistes ont presque doublé en rythme annuel, et que plusieurs acteurs des médias continuent de travailler dans un climat de peur. Pour JED, la liberté de la presse progresse, mais reste profondément menacée tant que l’impunité persiste.
Le rapport 2025 de Journaliste en Danger dresse un tableau contrasté de la situation des journalistes en RDC. Si certaines formes de violences sont en nette diminution depuis 2019, les crimes les plus graves, eux, connaissent une progression qui suscite de fortes inquiétudes. Pour l’ONG, cette réalité montre qu’un changement positif existe, mais qu’il reste fragile et insuffisant.
Selon les chiffres présentés, la RDC a enregistré entre 2019 et novembre 2025 douze journalistes tués et quatre disparus. Ces statistiques dépassent proportionnellement celles enregistrées durant les 17 années du régime précédent. À l’époque, quinze journalistes avaient été assassinés et deux portés disparus. La durée étant beaucoup plus longue, JED souligne que la tendance actuelle est plus alarmante.
Des journalistes en prison
Le rapport révèle aussi une augmentation du nombre de journalistes actuellement en prison. Depuis 2019, vingt-huit professionnels des médias ont été incarcérés, contre vingt-quatre sur toute la période allant de 2001 à 2018. Cette évolution montre que la privation de liberté reste un instrument encore utilisé contre la presse.
En revanche, la majorité des autres indicateurs s’améliorent nettement. Le nombre d’incarcérations cumulées a fortement baissé, tout comme les interpellations, les agressions physiques, les menaces, les harcèlements et les pressions administratives ou judiciaires. Pour JED, ces reculs démontrent que les violences systématiques, souvent héritées de l’époque Kabila, se réduisent progressivement.
Le rapport signale également une diminution importante des entraves à la libre circulation de l’information. 100 cas ont été recensés sous l’actuel pouvoir, contre plus de 300 cas auparavant. Cette baisse traduit une amélioration du climat général pour les journalistes dans plusieurs régions du pays, malgré des zones qui restent très sensibles.
Des crimes impunies
JED souligne toutefois que ces améliorations ne doivent pas masquer le fait que les crimes les plus graves restent totalement impunis. Aucun assassinat de journaliste n’a été élucidé depuis vingt ans. Ni les auteurs ni les commanditaires n’ont été identifiés ou traduits en justice. Cette impunité, selon l’ONG, encourage la répétition des violences.
Pour l’organisation, la liberté de la presse en RDC demeure donc «en sursis». Elle estime que les journalistes continuent d’exercer dans un contexte où les risques sont réels, notamment dans des zones en conflit ou lors de la couverture de sujets sensibles liés à la sécurité ou à la politique.
Face à ce constat, JED appelle les autorités congolaises à agir rapidement. Elle demande l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur tous les meurtres et disparitions de journalistes, ainsi que des mesures plus fermes pour protéger les professionnels des médias.
Pascal NDUYIRI