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INDIGNE PAR LA SURPOPULATION CARCERALE DANS LE HAUT-KATANGA : Guillaume Ngefa promet la libération conditionnelle des détenus des prisons de Kasapa et Boma
* A Kasapa, 2.669 prisonniers étouffent dans des cellules réservées à 800 détenus !
Le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a effectué, le dimanche 14 septembre, une visite d'inspection dans la prison centrale de Kasapa, à Lubumbashi, et dans une maison carcérale à Boma, dans la cité frontalière de Kipushi, dans la province du Haut-Katanga. Il s'est particulièrement intéressé aux conditions de détention des prisonniers.
Le constat est amer. Dans ces maisons de détention, une surpopulation carcérale est décriée par le ministre. La prison centrale de Kasapa, construite depuis l'époque coloniale pour accueillir 800 détenus, en concentre aujourd'hui 2. 669 dans 4 pavillons uniquement. Une réalité criante, interrogeant sur les conditions de vie de ces pensionnaires contraints à la promiscuité, aux mauvaises conditions d'hygiène et aux étouffements. En parallèle, la prison de Boma, dans la cité minière de Kipushi, initialement construite pour 50 places, enregistre désormais près de 413 détenus, rendant les conditions de détention difficiles.
En dépit de ces conditions de détention inhumaines et de l'état vétuste des bâtiments de ces maisons pénitentiaires, aucune réhabilitation n'a été envisagée depuis leur construction sous le pouvoir colonial. La prison de Kasapa, dont 4 de ses 8 pavillons ont été incendiés en 2020 par les détenus, n'a jamais bénéficié de la moindre réhabilitation, à en croire sa directrice, Mado Mukalayi.
AMELIORATION DES CONDITIONS DE DETENTION
Après ce constat, le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, a souligné la nécessité de désengorger ces maisons de détention. Il a promis la libération conditionnelle de prisonniers ayant accompli les conditions pour cette fin. " Je n'ai pas de discours à tenir. Je voudrais juste vous dire que les dossiers des personnes qui ont rempli les conditions de libération conditionnelle seront traités avec le pouvoir judiciaire et ceux qui remplissent les conditions seront libérés ", a-t-il lâché devant les détenus. "Pour ceux qui ne remplissent pas ces conditions, leur situation sera traitée après qu'il aura réuni tous les dossiers requis ", promet Guillaume Ngefa. Ce processus sera piloté conjointement avec la commission de libération conditionnelle du pouvoir judiciaire.
CONDITIONS DE TRAVAIL DEPLORABLES POUR LES AGENTS
Face à la précarité alimentaire à laquelle sont confrontées les prisons congolaises, le ministre a insisté sur la standardisation des menus des prisonniers. Ces menus devront contenir des aliments riches en calories et d'autres nutriments essentiels pour la bonne santé des détenus, afin de lutter contre la malnutrition carcérale.
Outre le vécu quotidien précaire des détenus, les agents commis à la prison centrale de Kasapa traversent également un calvaire. Ces 71 fonctionnaires, devenus insuffisants pour une prison en explosion perpétuelle, sont confrontés à l'impaiement des primes de risque et à la non-mécanisation de certains d'entre eux. Après leurs doléances, le ministre a promis de lancer, dans un délai réduit, des perspectives pour résoudre leur situation de travail.
Les conditions de détention dans la prison centrale de Kasapa ont été décriées par plusieurs organisations non gouvernementales et des ASBL, à l'instar de Justicia ASBL, qui a publié un rapport le 09 juillet dernier, révélant la mort d'une dizaine de prisonniers à la suite d'une épidémie hydrique, causée par le manque prolongé d'eau. Ces personnes sont décédées entre le 14 et le 20 juin 2025.
Patient Mubiayi MBY, à Lubumbashi