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Incendie du marché de la Liberté : L’Etat invité à mettre de l’ordre dans tous les lieux de négoce
Le spectacle ahurissant que nous venons de vivre au marché de la Liberté dans la commune de Masina à Kinshasa doit interpeller les gouvernements provincial de Kinshasa et central. L’incendie qui a emporté une partie de ce lieu de négoce bâti par feu le président Laurent-Désiré Kabila après sa prise de pouvoir en mai 1997 constitue une perte énorme sur le plan socio-économique. Par ce geste, le défunt chef de l’Etat voulait remercier les habitants de Tshangu pour leur bravoure face aux rebelles du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) qui se sont infiltrés dans la ville de Kinshasa en pénétrant par cette partie de la capitale.
Malheureusement, depuis que ce marché a été construit, les différents responsables qui se sont succédé à sa tête n’ont pas apporté une innovation dans la manière de gérer. Ce lieu des transactions, bijou au départ, est tombé dans la pourriture comme les autres lieux de négoce qui ont été construits avant ce marché. Au même moment où ces marchés décrépissaient, leurs administrateurs florissaient financièrement.
Le drame qui s’est produit dans ce lieu tire sa cause des faiblesses humaines. La négligence coupable des autorités à différents niveaux en est la cause principale. Aujourd’hui, les dégâts causés par cet incident ont provoqué des conséquences incalculables sur les minces ressources du Trésor public. La cheffe du gouvernement, Judith Suminwa, qui s’est présentée sur les lieux, a promis une aide aux victimes alors que si des dispositions adéquates étaient prises, ce drame ne serait pas survenu.
L’incendie qui a ravagé quelques pavillons, constitue l’occasion de remettre en question la gestion de tous ces marchés communaux construits vaille que vaille et gérés de manière empirique. En tête, ce sont leurs administrateurs qu’il faut interpeller. Personne n’a jamais su comment ils gèrent les recettes récoltées lorsqu’on se rend compte de l’état d’insalubrité dans lequel pataugent ces marchés qui devraient se trouver dans un état de propreté impeccable. Au contraire, un désordre indescriptible les caractérise tant sur le plan de la gestion des finances que de celui de la salubrité. Outre, ces administrateurs, ce sont les bourgmestres de communes à qui il faut demander des comptes. Chaque soir, souvent au-delà des heures de travail, des agents commis à cette tâche leur apportent les recettes perçues par-ci par-là. Une véritable collision s’est établie entre la municipalité et le marché pour une gestion opaque de ces ressources financières. Si on monte plus haut, c’est le gouverneur de la ville qui doit se justifier sur la situation calamiteuse des marchés de son entité. Plus haut, le ministre central de l’Environnement devrait s’impliquer, non pas dans la gestion financière, mais dans la salubrité de ces milieux qui sont sensés être parmi les plus propres. Comme on le voit, la responsabilité dans ce cas précis incombe à des responsables à différents niveaux.
Que faut-il faire à présent pour éviter la répétition des pareils drames ? Seule la rigueur dans la conduite des affaires publiques peut prévenir de telles malheureuses situations. Car, une sentence stipule qu’il vaut mieux prévenir que guérir. Pour n’avoir pas pris des mesures appropriées en amont, le gouvernement paie aujourd’hui les frais de sa négligence parce qu’il faudra prendre en charge les victimes et réparer les dégâts subis.
Qu’adviendra-t-il si un jour il y a un incendie à partir d’une des stations d’essence qui pullulent à travers la ville de Kinshasa où ces stations sont construites à côté des maisons d’habitation ? Malgré ce danger, aucune autorité n’intervient pour mettre fin à ce désordre. On attend qu’il y ait morts d’hommes pour verser les larmes des crocodiles et organiser des grandioses obsèques. Pourtant, on a tout le temps d’agir pour remettre l’ordre dans la maison et éviter pareils désagréments.
Muke MUKE