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Évacuation des épaves des véhicules à Kinshasa : cette fois est-elle la bonne ?
Pour une énième fois, dans le cadre de l’assainissement de la capitale, un communiqué émanant du Commissariat provincial de la Police nationale congolaise /ville de Kinshasa demande aux propriétaires des véhicules abandonnés(en panne ou épaves) et ceux en très mauvais état de les évacuer des artères, endéans 7 jours. Passé ce délai, toutes les dispositions seront prises pour que ces véhicules soient saisis et voués à la casse. Chaque fois que pareil ultimatum est adressé à ceux qui y sont concernés, la population a toujours applaudi de deux mains. Mais le problème est que cette décision n’a jamais eu d’effets.
Dans le passé, plusieurs gouverneurs de la ville se sont essayés sur cette voie, sans succès. Pour s’en sortir, il importe de déterminer les causes pour lesquelles cette mesure n’a jamais été appliquée. Il y a tout d’abord un problème d’incivisme dans le chef des propriétaires desdits véhicules. Un citoyen patriote ne peut pas poser des actes qui vont à l’encontre des lois de son pays. Il ne faut pas nécessairement que les services de l’ordre agissent pour se conformer aux lois et règlements. La conscience individuelle doit prévaloir. Malheureusement, en RDC beaucoup de citoyens se comportent en délinquants.
Ce comportement répréhensible est favorisé par une certaine mollesse de ceux qui doivent faire exécuter les mesures prises par les autorités. C’est pourquoi, pour mettre un terme à cette faiblesse, avant toute opération de cette envergure, il importe d’organiser une campagne d’éducation pour conscientiser toute la population, car l’insalubrité causée par ces véhicules abandonnés a des conséquences sur toute la ville. Les victimes de cette bouillabaisse ont aussi un mot à dire parce qu’il y va de leur santé.
Concernant les hors-la-loi qui se permettent de faire des sous-commissariats leurs dépotoirs, bien sûr en connivence avec les responsables de ces lieux, la sanction contre les uns et les autres doit être de rigueur pour dissuader tout récidiviste.
Pour la réussite totale de cette énième mesure, il faut imposer une petite dictature pour éviter les échecs comme par le passé. Pour preuve, il y a de cela quelques semaines, les motards qui ont investi anarchiquement la place Magasin Kintambo y ont été déguerpis, redonnant du coup la beauté à ce carrefour. À moins d’une semaine, faute de rigueur dans le suivi, les déguerpis sont revenus de force au même lieu. Le même constat a été fait par le passé dans des endroits comme Matadi Kibala, la Place triangle de la Cité verte, le Rond-point Ngaba, la place Victoire et tant d’autres. À force d’être défiée à tout moment par des inciviques, l’autorité qui prend des mesures qui ne sont pas respectées, perd sa crédibilité. Si la mesure actuelle n’est pas traduite en actes, qu’aucun autre responsable n’ose alors prendre dans l’avenir pareil décision pour ne pas être tourné en dérision.
Muke MUKE