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EN MARGE DE LA COP 31 ANTALYA 2026 : la RDC lance sa deuxième la Semaine nationale du climat dès le lundi 26 octobre
Prévue à partir du 26 octobre à Kinshasa, la deuxième édition de la Semaine nationale du climat réunira les institutions publiques, la société civile, les communautés locales et les partenaires internationaux. Cette rencontre doit notamment permettre d’évaluer les politiques climatiques du pays et de préparer la participation congolaise à la COP31 en Turquie.
La République démocratique du Congo s’apprête à accueillir, lundi 26 octobre, la deuxième édition de la Semaine nationale du climat (SENAC 2). Cette rencontre offre l’occasion de mettre en débat les mécanismes susceptibles de permettre à la RDC de valoriser ses forêts, de développer le marché carbone et d’attirer davantage de financements climatiques.
Lors d’une conférence de presse organisée jeudi 22 octobre à Kinshasa, la ministre de l’Environnement, Développement durable et Nouvelle Économie du climat, Marie Nyange Ndambo, a présenté cet événement comme un cadre de concertation destiné à évaluer les avancées du secteur, à identifier les défis persistants et à définir les priorités nationales en matière de lutte contre les changements climatiques.
La SENAC 2 réunira des représentants des institutions nationales et provinciales, de la société civile, des communautés locales, des peuples autochtones, du secteur privé ainsi que des partenaires internationaux. Les échanges doivent favoriser une meilleure implication des acteurs nationaux dans l’élaboration des politiques climatiques et la préparation des prochaines échéances internationales.
« Tous lundi, nous allons nous retrouver pour réfléchir ensemble sur les avancées que nous avons réalisées, les défis qui sont les nôtres pour les jours à venir », a déclaré la ministre.
LE MARCHÉ CARBONE AU CENTRE DES ENJEUX
Parmi les principales questions attendues figure la valorisation du potentiel environnemental de la RDC à travers le marché carbone.
Le pays dispose d’importantes ressources forestières et hydriques qui contribuent à la régulation du climat mondial, mais leur potentiel économique reste à exploiter davantage.
Marie Nyange Ndambo a annoncé la mise en place d’un cadre juridique destiné à mieux encadrer les projets carbone, à renforcer la traçabilité des transactions et à garantir la transparence dans la commercialisation des crédits carbone.
« Il n’y aura plus aucun projet carbone qui va se faire en dehors de l’État », a-t-elle affirmé, évoquant notamment le registre souverain « Lumières », destiné à répertorier les projets développés par les acteurs publics et privés.
La ministre a également insisté sur la nécessité de faire bénéficier les communautés locales des revenus générés par ce marché. Selon les dispositions présentées, celles-ci devraient recevoir au moins 20 % des revenus carbone, aux côtés d’autres bénéficiaires concernés par la gestion et la préservation des ressources forestières.
Toutefois, elle a reconnu que l’existence d’un cadre juridique ne garantit pas automatiquement des recettes. L’identification des projets, leur enregistrement, leur certification et la commercialisation des crédits constituent autant d’étapes nécessaires à l’opérationnalisation du dispositif.
La gouvernance forestière devrait également occuper une place importante dans les discussions. La ministre a annoncé l’élaboration d’une politique forestière nationale et la révision du Code forestier, présentées comme des instruments destinés à améliorer la gestion des ressources naturelles du pays.
Selon ses explications, ces textes ont été élaborés dans le cadre d’un processus participatif et adoptés au niveau des instances concernées. Leur transmission au Parlement constitue la prochaine étape annoncée.
Au-delà des réformes institutionnelles, la SENAC 2 doit permettre de renforcer le dialogue entre les autorités et les acteurs intervenant dans les zones forestières, notamment pour sensibiliser les peuples autochtones et les communautés locales à leurs droits et à leur participation à la gestion des ressources naturelles.
EN LIGNE DE MIRE, LA COP31 EN TURQUIE
Cette deuxième Semaine nationale du climat intervient également à l’approche de la COP31, prévue en Turquie. Pour Kinshasa, l’enjeu est de mieux préparer ses positions sur les questions climatiques internationales, notamment celles relatives au financement de la lutte contre les changements climatiques, à la protection des forêts et à la reconnaissance de la contribution des écosystèmes congolais à l’équilibre climatique mondial.
La rencontre de Kinshasa devra ainsi offrir un espace d’évaluation des politiques engagées et de concertation entre les différentes parties prenantes.
La mise en œuvre effective des réformes annoncées, la mobilisation des investissements et la redistribution des revenus issus du marché carbone figurent parmi les défis qui attendent le secteur. Les conclusions de la SENAC 2 seront donc particulièrement attendues, alors que la RDC entend mieux concilier la préservation de son patrimoine naturel avec les impératifs de développement économique et social.
Christian-Timothée MAMPUYA