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Ebola : une nouvelle épidémie déclarée dans le Kasaï
La RD-Congo est de nouveau confrontée à la menace de la maladie à virus Ebola. Le jeudi 4 septembre, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, le Dr Roger Samuel Kamba, a annoncé officiellement, depuis Kinshasa, la résurgence de l'épidémie dans la province du Kasaï, plus précisément dans la zone de santé de Bulape. Cette déclaration, appuyée par des analyses scientifiques menées par l'Institut national de recherche biomédicale (INRB), marque la seizième apparition d'Ebola dans le pays depuis 1976.
"La déclaration que je fais aujourd'hui procède sur la rigueur des faits, la clarté scientifique et une chaîne complète d'investigation… C'est pour cela que j'annonce officiellement, au nom du ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, la résurgence de la maladie à virus Ebola, de la souche #Zaïre, dans la zone de santé de Bulape, dans la province de Kasaï. Il s'agit de la 16ème épidémie d'Ebola enregistrée dans notre pays", a déclaré le Dr Roger Samuel Kamba.
Une femme, l'infirmier et le laborantin, 1ères victimes
Les premières investigations ont permis de retracer l'origine de cette flambée. Le premier cas, identifié le 20 août, concernait une femme enceinte de 34 ans admise à l'hôpital général de Bulape, présentant une forte fièvre, des diarrhées sanglantes et des vomissements hémorragiques. La patiente est décédée quelques heures après son admission.
Quelques jours plus tard, l'infirmier et le laborantin qui avaient assuré sa prise en charge ont développé les mêmes symptômes et n'ont pas survécu. Le 3 septembre, cinq échantillons analysés par l'INRB ont confirmé la présence du virus Ebola de souche Zaïre, connu pour sa virulence et déjà responsable de plusieurs épidémies meurtrières en RDC. Donc, la femme, l'infirmier et le laborantin sont les premières victimes.
À ce jour, les autorités sanitaires recensent vingt-huit cas suspects, dont seize décès, parmi lesquels figurent quatre agents de santé. Le taux de létalité provisoire avoisine 57 %. La zone de santé de Mweka est également touchée, ce qui fait craindre une propagation plus large si des mesures drastiques ne sont pas maintenues.
Ebanga, le traitement disponible
Face à cette situation, le gouvernement a activé le Centre des Opérations d'Urgence de Santé Publique et déployé des équipes d'intervention rapide pour circonscrire l'épidémie. Des structures de triage et d'isolement ont été installées, tandis que des sépultures sécurisées ont été mises en place afin de limiter les risques de transmission, tout en respectant la dignité des familles endeuillées.
"L'avantage avec Ebola Zaïre, c'est que nous disposons désormais d'un traitement spécifique, Ebanga, issu des recherches du professeur Jean-Jacques Muyembe. Ce traitement sera administré aux patients, et nous espérons contenir rapidement cette flambée", a expliqué le ministre de la Santé, rassurant.
Roger Kamba a également insisté sur la responsabilité de chacun face au risque sanitaire. Il a appelé la population à signaler tout cas suspect via le numéro vert 151, à éviter tout contact direct avec des malades ou des corps non pris en charge, à ne pas manipuler d'animaux morts et à adopter une hygiène rigoureuse.
Il a, par ailleurs, exhorté les communautés à ne pas céder à la stigmatisation, rappelant que la lutte contre Ebola nécessite solidarité et confiance envers le personnel médical.
Ezéchiel Monteirious MONTEIRO