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Disparition de sexes dans le territoire de Demba, Une rumeur virale dégénère en justice populaire contre un présumé innocent au Kasaï Central
La commune rurale de Bena Leka, située dans le territoire de Demba, au Kasaï Central, a été récemment le théâtre, lundi 16 mars, d’un grave dérapage sécuritaire consécutif à la propagation de fausses informations. Des rumeurs persistantes évoquant de prétendus enlèvements d’organes génitaux masculins ont semé la panique au sein de la population, conduisant à un acte de justice populaire aux conséquences préoccupantes.
Selon plusieurs sources locales, un homme d’environ 45 ans, originaire du secteur de Lombelo et en séjour familial à Bena Leka, a été violemment pris à partie par des habitants du quartier Tshinsamba. Les faits se sont déroulés aux alentours de 20 heures, non loin d’une cellule attenante à une structure hospitalière de la place.
Des soupçons non vérifiés
Pris pour cible sur la base de soupçons non vérifiés, l’individu a été accusé, à tort, d’être impliqué dans ces prétendus enlèvements d’organes, une rumeur largement relayée sur les plateformes numériques et amplifiée par le bouche-à-oreille. Dans un climat de peur collective, certains jeunes du quartier ont ainsi décidé de se faire justice eux-mêmes, infligeant à la victime des sévices corporels d’une rare violence.
Alertées, les autorités locales sont intervenues pour tenter de rétablir l’ordre. La victime a été conduite auprès de la cheffe de cellule, Mme Biakushila Kandumba, pour des besoins d’enquête. Cette démarche a impliqué également quelques notables du quartier ainsi que des agents de l’Agence nationale de renseignements (ANR), présents sur les lieux.
Après vérification minutieuse des faits, il est apparu clairement qu’aucun élément ne corroborait les accusations portées contre cet homme. Les investigations ont conclu à une affaire totalement infondée, relevant d’une pure fabrication alimentée par des rumeurs sans fondement.
"Grave atteinte aux droits de la personne humaine"
Face à cette situation, les membres de la Nouvelle société civile congolaise, appuyés par d’autres organisations de défense des droits humains, ont vivement condamné cet acte qu’ils qualifient de «grave atteinte aux droits fondamentaux de la personne humaine». Ils dénoncent notamment le comportement de certains jeunes du quartier Tshinsamba, qu’ils accusent d’avoir agi avec brutalité sans aucune preuve.
Ces organisations appellent, par ailleurs, les autorités judiciaires à se saisir sans délai de ce dossier, afin que les auteurs de ces violences répondent de leurs actes devant la loi. Elles insistent également sur la nécessité d’assurer une prise en charge médicale et psychologique adéquate à la victime, laissée, jusque-là, sans assistance appropriée, selon les témoignages recueillis.
En outre, les acteurs de la société civile exhortent la population à faire preuve de retenue et de responsabilité face aux informations circulant sur les réseaux sociaux. Ils rappellent qu’aucune personne n’est autorisée à se substituer à la justice et que tout suspect doit être présumé innocent jusqu’à preuve du contraire.
Félix MULUMBA Kalemba