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Dans une étude sur la politique de la santé publique pour la RD Congo : L’Odep suggère d’accorder la priorité à la prévention et à la médecine de collectivité
Dans une étude rendue publique le 25 septembre courant, l’Observatoire de la dépense publique (Odep) conclut à l’absence d’une politique publique cohérente de la santé en RDC.
Selon cette étude, «depuis janvier 2019, le pouvoir actuel s’est installé dans la continuité du précédent, c’est-à-dire sans présenter au peuple congolais sa vision politique de ce que peut être une politique publique cohérente de la santé. Le slogan comme la santé pour tous est une simple mesure ne peut pas remplacer une vision politique… Le problème est qu’en face de ce régime, nous ne voyons aucune politique publique alternative, ni hier, ni demain, proposée par la classe politique actuelle rassemblée dans 900 partis politiques. »
Pour l’Odep, «la maternité pour tous est une bonne initiative humaniste qui ne peut pas remplacer une vision politique».
Devant ce vide, l’Observatoire de la dépense publique préconise une vision politique alternative de la santé publique pour le pays.
L’organisation chère à Florimond Muteba souhaite voir le gouvernement accorder la priorité à la médecine rurale face à celle urbaine. L’Odep estime que le développement n’est possible que si l’activité économique a pour moteur l’ensemble de la population.
«Or, 80 % sont des ruraux. Malgré les bouleversements apportés par la prétendue modernité des villes, notre population rurale demeure la seule détentrice de la continuité et de la stabilité sociale. C’est donc logiquement à cette part importante de nos ressources humaines que nous devrons consacrer l’essentiel de nos préoccupations en matière de santé publique. La situation actuelle, c’est-à-dire le désert sanitaire de nos régions rurales est humainement inadmissible», dit l’enquête.
Les auteurs de ce travail, Florimond Muteba et le Dr Mangala, coordonnateur des experts santé de l’Odep, soulignent également la nécessité d’accorder la priorité à la médecine préventive plutôt qu’à la médecine de soins. Bien plus, ils mettent l’accent sur la nécessité d’accorder aussi la priorité à la protection maternelle et infantile et à l’éducation sanitaire.
L’Odep met l’accent sur la médecine globale qui vise à promouvoir la santé et non se contenter de traiter la maladie et qui concerne la personne malade placée dans son milieu plutôt qu’un cas isolé à l’hôpital.
Cette médecine devra s’attaquer aux causes et aux mécanismes des affections et non seulement à leurs effets. Dans ce cadre, fait savoir l’Odep, une formation efficace du personnel de la santé ne devra pas se limiter à l’hôpital mais également concerner l’étude du milieu humain. Didier KEBONGO