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CRISE A GOMA, Thérèse Kayikwamba à l’ONU: «Si ce Conseil échoue, la rue s’en chargera»
*Kinshasa appelle à des actions concrètes lors de cette réunion d’urgence.
La situation à l’est de la République Démocratique du Congo s’aggrave chaque jour, et le Conseil de sécurité des Nations Unies est une nouvelle fois appelé à prendre position. Lors d’une réunion d’urgence qui s’est tenue hier mardi à New York mardi, la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba, n’a pas mâché ses mots. Elle a lancé un avertissement qui résonne comme un cri d’alarme dans un contexte où l’inaction internationale semble mener à des conséquences dramatiques sur le terrain.
«Si ce conseil échoue, la rue va s’en charger et comme vous le savez très bien, la rue n’a pas d’ordre ni de tempérament. L’indifférence n’est plus une option. Ce conseil ne peut se permettre d’être passif», a martelé, la ministre congolaise des Affaires étrangères.
La ville de Goma, située dans la province du Nord-Kivu, est de plus en plus asphyxiée par les combats entre les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et les terroristes du M23, soutenus par le Rwanda. La ministre Kayikwamba a décrit une ville privée de toutes commodités de base.
«La RDC a pris toutes les mesures nécessaires pour protéger les missions diplomatiques à Kinshasa. Quel Impact concret de la déclaration du conseil ? Des vies se perdent dans une ville asphyxiée, la ville de Goma manque de tout», a-t-elle déploré.
Les soldats de la paix, notamment ceux de la MONUSCO et de la SADC, sont pris au piège dans cette violence aveugle. La ministre a souligné que ces victimes, y compris quatre soldats sud-africains, «sont le résultat des actes criminels consécutifs aux crimes contre l’humanité, crimes de guerre perpétrés par les RDF en impunité et sous silence de ce Conseil». L’ONU, jusqu’à présent, semble être restée passive face à la souffrance de la population et des casques bleus.
«Le Rwanda a prouvé que vos déclarations sont sans impact. Nous sommes venus prendre le courage de faire ce qui est de droit, nous exigeons vos actions. Le Rwanda n’a pas tué seulement les Congolais, mais les casques bleus sud-africains et de l’Amérique latine», rajoute la ministre Congolaise.
«L’indifférence n’est plus une option», a réitéré la ministre, pointant du doigt l’échec des déclarations et des résolutions du Conseil de sécurité jusqu’à présent. Elle n’a pas hésité à déclarer que le Rwanda, en soutenant le M23, a démontré que les déclarations de l’ONU n’avaient eu «aucun impact» sur le terrain. C’est cette même indifférence qui, selon elle, a exacerbé les souffrances à Goma et dans d’autres régions de l’est du pays.
La cheffe de la diplomatie congolaise a exigé un embargo immédiat sur les transferts d’armes au Rwanda, la transparence sur la circulation des ressources minières exploitées illégalement en RDC, et des sanctions ciblées contre les responsables politico-militaires rwandais. «Nous ne pouvons continuer à voir des vies se perdre dans une ville comme Goma,
Alors que la RDC menace d’agir seule, certains membres du Conseil commencent à se faire entendre. Le représentant des Etats-Unis, la France, la Russie pour ne citer que ceux-là ont exprimé leur soutien à la souveraineté congolaise, condamnant l’offensive du M23 et exigeant son retrait immédiat des territoires congolais.
Si les appels lancés par Kinshasa ont trouvé écho dans plusieurs déclarations des membres du Conseil de sécurité, les divergences sur la marche à suivre demeurent. Cependant, la ministre congolaise a prévenu que l’absence de mesures concrètes risquerait de plonger la région dans un conflit encore plus dévastateur. «Ce Conseil ne peut se permettre d’être passif», a-t-elle insisté.
Thérèse Kayikwamba a conclu son intervention en insistant sur l’urgence d’une réponse internationale proportionnée à la gravité des crimes commis dans l’Est de la RDC.
«Nous, la RDC, reconnaissons la perte en vies humaines des soldats rwandais tombés sur notre sol, même si leur propre pays refuse de leur rendre hommage. Ce silence témoigne de la folie dans laquelle Kigali nous entraîne», a-t-elle déclaré, appelant à mettre fin à l’impunité.
CTM