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Crash à Kolwezi: la relance de l’ex-Air Zaïre s'avère impérieuse !
Le pays a connu un drame la semaine dernière à la suite du crash d’un aéronef survenu à l’aéroport de Kolwezi. Heureusement aucune perte en vies humaines. Le ministre des Mines, Louis Watum, et la délégation qui l’accompagnait au chef-lieu de la province de Lualaba ont frôlé la mort à l’atterrissage de l’aéronef à bord duquel ils se trouvaient et qui a pris feu. Du coup, les mauvais souvenirs des cercueils volants qui survolent l’espace aérien du pays sont revenus à la mémoire des Congolais. C’est pourquoi, ils réclament la renaissance de l’ex-compagnie aérienne Air Zaïre qui a fait à l’époque la fierté et l’honneur de notre pays.
Depuis la faillite de cette société, toutes les tentatives pour combler son vide n’ont pas réussi. Il y a eu d’abord Congo Airways qui a signé un leasing avec Kenyan Airways. Les trois avions qui ont constitué sa flotte n’ont pas connu une longue durée. Le leasing conclu n’a pas atteint les résultats escomptés. À l’heure actuelle, il est difficile de dire ce que vaut cette compagnie tant ses aéronefs sont devenus rares sur le ciel congolais.
Pour ne pas laisser l’espace aérien congolais vide, le gouvernement a décidé de créer une nouvelle compagnie aérienne dénommée Air Congo. Plusieurs mois après, cette entreprise peine à se mettre en place. Nul ne saura dire aujourd’hui avec précision de combien d’avions et d’infrastructures elle dispose. À dire vrai, l’espace aérien congolais est occupé par des cercueils volants que les passagers prennent à leurs risques et périls. Heureusement qu’il y a des compagnies aériennes internationales qui viennent au secours des Congolais qui voyagent pour l’étranger.
Relance l'ex-Air Zaïre
Cependant, pour l’honneur de leur pays, les Congolais invitent le gouvernement à relancer simplement l’ex Air-Zaïre, qui dispose d'infrastructures susceptibles d’accueillir une nouvelle compagnie. Depuis que cette ancienne entreprise aérienne a mis la clé sous le paillasson, son propriétaire qui est l’État congolais n’a pas encore déclaré officiellement sa faillite. Le gouvernement de l’époque a mis en place une structure de liquidation qui continue à fonctionner depuis plusieurs années dans l’ancien bâtiment de la Direction générale situé dans la commune de la Gombe, à côté du siège national du MLC.
Au lieu de chercher à créer une autre compagnie avec tout ce que cela entraîne comme charges, la meilleure approche consiste à faire renaître de ses cendres l’ex-Air Zaïre. À l’aéroport de Ndjili, cette société dispose de locaux mis en location dont les frais sont à la solde des membres du comité de liquidation. En plus, il existe encore des villas de haut standing à Kinshasa et dans certaines villes du pays, qui constituent le patrimoine public de cette société. Ses anciens agents et cadres, qui n’avaient pas bénéficié de leurs indemnités de sortie s’étaient opposés, il y a quelques années, à la vente de ce patrimoine, rassurés qu’un jour leur société reverrait le jour et qu’ils toucheraient leurs droits.
Mêmes causes, mêmes effets
Un célèbre adage dit que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Si les avions de l’ex-Air Zaïre ont disparu du ciel congolais, c’est à cause de la mauvaise gestion de cette compagnie. Alors que sa flotte comptait parmi les plus riches du continent africain, avec des avions de classe notamment le DC 10, les Boeing et autres, la mainmise du gouvernement sur la gestion de cette société a entraîné sa descente aux enfers, jusqu’à provoquer sa déliquescence.
Mais au lieu de s’attaquer aux causes profondes de la crise, ceux qui étaient à la tête du pays à l’époque ont pensé que changer l’appellation de l’entreprise constituait la solution au problème. Malheureusement pour eux Congo Airways n’a pas survécu aux antivaleurs à la base de la «mort» d’Air Zaïre.
Le problème primordial des entreprises publiques de l’État réside dans leur mauvais management. Même le gouvernement, leur propriétaire, a toujours reconnu qu’elles sont des canards boiteux. Les sociétés qui ne réalisent pas de bénéfices, sont vouées à la faillite. C’est un principe économique sacré.
Dans le cas d’espèce des compagnies aériennes, il est vrai que la RDC est capable de se procurer des aéronefs pimpant neufs, comme ce fut le cas vers les années 70-80 avec Air Zaïre. Avec une volonté politique déterminée et un management de qualité, l’État est capable de faire renaître une compagnie aérienne de renom qui n’a rien à envier aux sociétés telles qu’Ethiopan Airways, Kenyan Airways, Maroc Airways,... Avec les avions de fortune qui ne sont autorisés qu’à voler dans l’espace aérien congolais, ceux qui les empruntent exposent leur vie à de gros risques.
Pour revenir sur la création des nouvelles entreprises que nous déplorons, il importe de souligner qu’il ne sert à rien de multiplier les sociétés comme c’est le cas avec les structures budgétivores dont le chef de l’État a stigmatisé la création. Seule la gestion transparente et rigoureuse peut faire prospérer les béquilles de l’État.
Muke MUKE