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Constant Mutamba dénonce un complot politique téléguidé par Kigali
* Quand le chasseur devient le gibier, les bruits du grelot attaché à son propre chien deviennent insupportables!
C'est officiel. Constant Mutamba ne siégera plus au Conseil des ministres. Le désormais ancien ministre de la Justice et Garde des sceaux a déposé sa démission hier mercredi 18 juin. Dans sa lettre, l'homme à la très célèbre chevelure afro, dénonce un complot politique ourdi par le pouvoir de Kigali et exécuté par certains acteurs congolais. Pince-sans-rire! Objectif de cette "conspiration" dit-il: "freiner l'élan de réformes et de patriotisme engagés dans le secteur de la Justice".
Dans cette correspondance de quatre pages, datée du 17 juin et adressée au Président Felix-Antoine Tshisekedi, on sait lire l'émotion de l'auteur. Constant Mutamba dit avoir échappé à plusieurs tentatives d'empoisonnement et d'élimination physique.
"(...) Les réseaux maffieux, y compris ceux infiltrés au service de nos ennemis [ndlr: le Rwanda] ont réussi à m'humilier en raison de mon engagement ", argumente-t-il.
UN EVENTAIL DE REALISATIONS
Constant s'en va. Cependant, il reconnaît avoir marqué son bail au Garde des sceaux, par un sceau de Salomon. De la sécurisation des investisseurs, la stabilisation du climat des affaires en RDC au secteur de la Justice, Constant Mutamba y va de son propre bilan.
Aussi, présente-t-il un éventail d'actions qui, selon lui, auront immortalisé son passage à la tête de cet important ministère. S'agissant de la sécurité juridique, le dorénavant ex-ministre de la Justice égraine son chapelet. Il dit avoir: redynamisé le Guichet unique de création d'entreprise (GUCE) - créé une Commission mixte chargée de veiller à la bonne exécution de la justice - mis en place un système de gestion informatisé et numérisé des procédures judiciaires profitant aux juridictions de commerce.
Par ailleurs, Constant Mutamba affirme avoir mené d'autres actions judiciaires dissuasives. Entre autres, des initiatives contre les auteurs et complices de l'agression rwandaise, la tenue d'audiences foraines, organisées dans le cadre de la lutte contre le banditisme urbain, communément appelé "Kuluna" à Kinshasa.
"QUAND LE CHASSEUR DEVIENT GIBIER"...
Secret de Polichinelle, Constant Mutamba est mis en cause dans une affaire de détournement présumé d'une colossale somme de 19 millions de dollars américains, dûment décaissée par le trésor public, aux fins de la construction d'une nouvelle maison carcérale à Kisangani.
Outre l'affaire bouillante de détournement de 19 millions de dollars américains, Constant Mutamba est aussi poursuivi pour outrage au corps judiciaire.
Sa démission, ce jour, intervient dans un contexte particulièrement tendu. La semaine dernière, l'Assemblée nationale a validé la demande du parquet général autorisant l'ouverture de poursuites judiciaires contre le ministre mis en cause. Une procédure rare à ce niveau de responsabilité. Ces accusations de détournement placent désormais la justice congolaise face à un dossier explosif, mettant à l'épreuve la volonté affichée du pouvoir de lutter contre la corruption.
Interdit de quitter Kinshasa et menacé d'un mandat d'arrêt, Mutamba a préféré jeter l'éponge, dénonçant un acharnement politique contre sa personne. Légitime défense ? Soit.
Au demeurant, sa lettre marque un tournant décisif dans une affaire qui secoue le sommet de l'Etat congolais.
D'ores et déjà, l'opinion est clivée. D'un côté, ceux qui saluent la fermeté de Mutamba dans certains dossiers. De l'autre, des Congolais qui dénoncent une gouvernance marquée par la controverse, la communication populiste et, désormais, par la chute (inattendue?) d'un ministre qui portait la "tunique" de "guérisseur" d'une justice malade.
Tout bien considéré, d'aucuns pensent que l'affaire Mutamba ressemble à un feuilleton où le chasseur devient lui-même le gibier. Dans ces conditions, les bruits du grelot attaché à son propre chien, deviennent insupportables.
A bien d'égards, l'affaire Mutamba rappelle aux amoureux du cinéma d'ici et d'ailleurs, le célèbre film de Louis Lumière, intitulé '"L'arroseur arrosé" en 1895.
Ci-dessous la lettre de démission de Constant Mutamba.
Grevisse KABREL
C'est officiel. Constant Mutamba ne siégera plus au Conseil des ministres. Le désormais ancien ministre de la Justice et Garde des sceaux a déposé sa démission hier mercredi 18 juin. Dans sa lettre, l'homme à la très célèbre chevelure afro, dénonce un complot politique ourdi par le pouvoir de Kigali et exécuté par certains acteurs congolais. Pince-sans-rire! Objectif de cette "conspiration" dit-il: "freiner l'élan de réformes et de patriotisme engagés dans le secteur de la Justice".
Dans cette correspondance de quatre pages, datée du 17 juin et adressée au Président Felix-Antoine Tshisekedi, on sait lire l'émotion de l'auteur. Constant Mutamba dit avoir échappé à plusieurs tentatives d'empoisonnement et d'élimination physique.
"(...) Les réseaux maffieux, y compris ceux infiltrés au service de nos ennemis [ndlr: le Rwanda] ont réussi à m'humilier en raison de mon engagement ", argumente-t-il.
UN EVENTAIL DE REALISATIONS
Constant s'en va. Cependant, il reconnaît avoir marqué son bail au Garde des sceaux, par un sceau de Salomon. De la sécurisation des investisseurs, la stabilisation du climat des affaires en RDC au secteur de la Justice, Constant Mutamba y va de son propre bilan.
Aussi, présente-t-il un éventail d'actions qui, selon lui, auront immortalisé son passage à la tête de cet important ministère. S'agissant de la sécurité juridique, le dorénavant ex-ministre de la Justice égraine son chapelet. Il dit avoir: redynamisé le Guichet unique de création d'entreprise (GUCE) - créé une Commission mixte chargée de veiller à la bonne exécution de la justice - mis en place un système de gestion informatisé et numérisé des procédures judiciaires profitant aux juridictions de commerce.
Par ailleurs, Constant Mutamba affirme avoir mené d'autres actions judiciaires dissuasives. Entre autres, des initiatives contre les auteurs et complices de l'agression rwandaise, la tenue d'audiences foraines, organisées dans le cadre de la lutte contre le banditisme urbain, communément appelé "Kuluna" à Kinshasa.
"QUAND LE CHASSEUR DEVIENT GIBIER"...
Secret de Polichinelle, Constant Mutamba est mis en cause dans une affaire de détournement présumé d'une colossale somme de 19 millions de dollars américains, dûment décaissée par le trésor public, aux fins de la construction d'une nouvelle maison carcérale à Kisangani.
Outre l'affaire bouillante de détournement de 19 millions de dollars américains, Constant Mutamba est aussi poursuivi pour outrage au corps judiciaire.
Sa démission, ce jour, intervient dans un contexte particulièrement tendu. La semaine dernière, l'Assemblée nationale a validé la demande du parquet général autorisant l'ouverture de poursuites judiciaires contre le ministre mis en cause. Une procédure rare à ce niveau de responsabilité. Ces accusations de détournement placent désormais la justice congolaise face à un dossier explosif, mettant à l'épreuve la volonté affichée du pouvoir de lutter contre la corruption.
Interdit de quitter Kinshasa et menacé d'un mandat d'arrêt, Mutamba a préféré jeter l'éponge, dénonçant un acharnement politique contre sa personne. Légitime défense ? Soit.
Au demeurant, sa lettre marque un tournant décisif dans une affaire qui secoue le sommet de l'Etat congolais.
D'ores et déjà, l'opinion est clivée. D'un côté, ceux qui saluent la fermeté de Mutamba dans certains dossiers. De l'autre, des Congolais qui dénoncent une gouvernance marquée par la controverse, la communication populiste et, désormais, par la chute (inattendue?) d'un ministre qui portait la "tunique" de "guérisseur" d'une justice malade.
Tout bien considéré, d'aucuns pensent que l'affaire Mutamba ressemble à un feuilleton où le chasseur devient lui-même le gibier. Dans ces conditions, les bruits du grelot attaché à son propre chien, deviennent insupportables.
A bien d'égards, l'affaire Mutamba rappelle aux amoureux du cinéma d'ici et d'ailleurs, le célèbre film de Louis Lumière, intitulé '"L'arroseur arrosé" en 1895.
Ci-dessous la lettre de démission de Constant Mutamba.
Grevisse KABREL