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CONSEIL DE SECURITE DE L'ONU : La Résolution 2773 nomme le Rwanda comme acteur de l'instabilité dans l'Est
La République démocratique du Congo vient d’obtenir une avancée diplomatique significative avec l’adoption de la Résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU, condamnant officiellement l’avancée du groupe rebelle M23 avec le soutien de l’armée rwandaise. Un tournant majeur que la ministre d’État en charge des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba, a qualifié de «percée historique», lors d’un café de presse tenu le samedi à l’hôtel Pullman de Kinshasa.
Dans son intervention devant les médias, la cheffe de la diplomatie congolaise a insisté sur l’importance de cette résolution, adoptée à l’unanimité par les membres du Conseil de sécurité.
«Nous avons toujours dénoncé cette agression, mais pour la première fois en 22 ans, une résolution onusienne nomme explicitement le Rwanda comme acteur de l’ingérence et de l’instabilité à l’Est de notre pays. Cela met fin à une hypocrisie diplomatique qui a duré près de 30 ans», a-t-elle déclaré avec gravité.
Cette reconnaissance formelle, selon la ministre, marque une étape décisive dans la lutte diplomatique menée par Kinshasa pour dénoncer l’implication de Kigali dans le soutien aux groupes armés opérant en RDC.
Un signal fort à la communauté internationale
L’adoption de la Résolution 2773 n’est pas anodine. Elle intervient dans un contexte où la pression sur Kigali s’intensifie, notamment avec la multiplication des rapports indépendants attestant de l’implication directe des forces rwandaises aux côtés du M23, un groupe rebelle responsable de violences massives dans l’Est du pays.
Cette décision du Conseil de sécurité envoie un signal fort aux acteurs régionaux et internationaux. «Ce n’est plus seulement la voix de la RDC, mais celle de la communauté internationale qui reconnaît aujourd’hui la réalité de notre combat», a souligné Thérèse Kayikwamba.
Quelles implications pour la RDC ?
Si cette résolution marque un tournant, la ministre des Affaires étrangères insiste sur la nécessité d’une action concrète. «Nous avons remporté une victoire diplomatique, mais il faut maintenant traduire cette résolution en sanctions effectives contre le Rwanda et en un soutien accru aux FARDC», a-t-elle martelé.
En clair, Kinshasa espère que cette reconnaissance internationale ouvrira la voie à :
Un renforcement des pressions diplomatiques et économiques sur Kigali, à travers des sanctions ciblées contre les responsables rwandais impliqués dans le soutien aux rebelles.
Un appui militaire accru à la RDC, notamment à travers un soutien logistique aux FARDC et une révision du mandat des présentes dans le pays.
Un plaidoyer international plus structuré pour que cette résolution ne reste pas lettre morte.
Un pas décisif dans la bataille diplomatique
Cette prise de position du Conseil de sécurité renforce la stratégie de visibilisation du conflit menée par la diplomatie congolaise sous l’égide du Président Félix Tshisekedi. Pour la ministre d’État, il s’agit d’un moment charnière, qui doit être capitalisé pour faire avancer la cause congolaise sur la scène internationale.
«Nous ne devons pas nous arrêter là. Nous devons maintenir la pression, mobiliser nos partenaires et exiger des actions concrètes», a-t-elle conclu, laissant entendre que Kinshasa entend exploiter pleinement cette percée diplomatique pour inverser la donne sur le terrain.
Alors que la RDC continue de faire face aux violences persistantes à l’Est, cette résolution apparaît comme une victoire politique majeure. Reste désormais à voir comment la communauté internationale traduira ces engagements en actions tangibles pour enfin mettre un terme à trois décennies d’instabilité dans cette région meurtrie du pays.
Jérémie ASOKO