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Colis de fin d’année pour les agents et fonctionnaires de l’état : Pourquoi des vivres importés alors que la production nationale peut suffire
À la fin de chaque année civile, le gouvernement procède depuis quelques années à la distribution des vivres frais et non frais importés à ses agents et fonctionnaires dans la ville de Kinshasa. Contre toute attente, ces colis sont constitués des vivres importés de l’Europe et même de la lointaine Asie. Ce sont des fonds colossaux qui vont atterrir dans les caisses des sociétés étrangères. Le gouvernement enrichit ces dernières sans s’en rendre compte.
Cependant, ces vivres peuvent bien être produits localement si l’État manifestait sa volonté et sa détermination à faire réellement de l’agriculture priorité des priorités. Par exemple, si des moyens financiers et matériels suffisants étaient alloués au ministère de l’Agriculture et sécurité alimentaire, ou spécialement au Programme national riz (PNR), le pays serait bel et bien capable de produire une quantité importante du riz en lieu et place d’acheter cette denrée auprès des commerçants pakistanais qui pullulent la ville de Kinshasa. Ce qui est regrettable c’est le fait qu’au moment où le gouvernement achète ailleurs le riz, à Bumba dans le grand Équateur, la production rizicole des paysans locaux moisit faute de voies d’évacuation.
À ce propos, il importe de stigmatiser l’attitude des députés nationaux et des sénateurs qui, lors de l’examen et du vote de budget, n’accordent pas une place importante à l’agriculture et aux autres secteurs d’investissement. Chaque année, le gouvernement a beau insister sur la priorité à accorder à ces secteurs, mais lorsqu’arrive le moment de la répartition des recettes, l’ordre de préséance est bouleversé. L’agriculture qui était considérée comme prioritaire est reléguée au second plan. En conséquence, une bonne partie de la population vit dans l’insécurité alimentaire et la RDC vit plus des produits importés que de la production nationale.
Actuellement, la devise nationale sur le plan agricole est : «la revanche du sol sur le sous-sol». En d’autres termes, l’agriculture doit prendre le dessus sur les minerais. Malheureusement, sur le terrain la réalité est différente.
L’autre piste intéressante à explorer est celle du Service national (SN), qui a montré ses preuves avec la récupération des délinquants urbains appelés Kuluna, qui sont devenus de grands acteurs de développement, particulièrement dans la production du riz.
Pour cette année, les dés sont déjà jetés. À quelques jours de la distribution des vivres, le gouvernement ne peut plus rien faire. Il est obligé de recourir à la même procédure au grand bénéfice des producteurs étrangers. Mais, à partir de l’année prochaine, il sied de changer impérativement d’approche. Pour un pays tel que la RDC où le taux de chômage des jeunes est très élevé, l’agriculture devrait être mise à contribution comme pilier de création des emplois et facteur de lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire.
Promotion de la pêche et élevage
Deux autres piliers sur lesquels le gouvernement est appelé à s’appuyer concernent la pêche et l’élevage. Au sein de l’exécutif national, il existe un ministère ayant dans ses attributions les deux secteurs ci-haut cités, mais malheureusement qui ne sont pas fonctionnels. Il s’en suit que pour se nourrir de poisson et de viande, les Congolais sont obligés de se tourner vers l’extérieur. Les poissons chinchards dont ils raffolent viennent généralement de la Namibie d’où ils arrivent plusieurs mois après avoir perdu toutes leurs matières nutritives. Ce qui atterrit dans les assiettes des Congolais ne contient plus que de la pacotille.
À propos de la pêche, il importe de rappeler que depuis quelques mois le gouvernement a annoncé l’arrivée au port de Boma de quatre chalutiers pour relancer la pêche moderne et industrielle en RDC. Malheureusement, ces bateaux de pêche ne sont pas encore physiquement visibles au port de Boma comme annoncé avec forte campagne médiatique. La population continue à attendre avec impatience l’arrivée de ces engins.
Muke MUKE