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Cédric Bakambu envoie un message interpellateur fort aux autorités
Alors qu'il était en train de rentrer en Espagne après l'accueil que les Congolais ont réservé aux Léopards au lendemain de leur qualification à la Coupe du monde 2026, l'international congolais de Real Betis Balompié, Cédric Bakambu, a adressé un message fort aux sportifs congolais axé sur quatre points clés : il les a appelés à s'investir, à moderniser les infrastructures sportives du pays, à accompagner la jeunesse, à faire rayonner le sport en RDC. Car, a-t-il conclu, "l'avenir commence aujourd'hui".
La qualification des Léopards à la Coupe du monde 2026 Etats-Unis, Canada, Mexique et leur accueil triomphal par la population représentée par plusieurs milliers de Kinois, le dimanche 05 avril, massés devant l'esplanade du Palais du peuple, ont occulté les véritables messages que ceux qui ont pris la parole, ce jour de Pâques, auraient dû adresser au président Félix Tshisekedi. L'occasion était d'autant plus propice que le premier sportif congolais était accompagné de ce "Génie blanc" arborant, pour la circonstance, une tenue blanche, qui n'est cependant pas exempt de tout reproche sur l'état actuel du sport du pays. Il se fait que cet homme tout de blanc vêtu est le ministre des Sports !
PERSONNE N'A PRÉSENTÉ A TSHISEKEDI LES VRAIS PROBLÈMES DU SPORT DU CONGO
Il y avait également à la tribune le numéro un ad intérim de la Fécofa qui a eu l'insigne honneur d'assurer la modération de la cérémonie. De surcroît une femme alors que mars venait de prendre fin 5 jours plus tôt.
Nous avons noté que personne d'entre celles-ci ni Chancel Mbemba, non plus, dans sa posture de capitaine des Léopards, n'a présenté à Félix Tshisekedi, ivre de joie, les vrais problèmes du moment du sport du pays. Tous aussi enivrés de joie de la qualification.
Il a fallu donc que Bakambu en parle. Mais 48 heures plus tard. Pas directement, mais à travers les réseaux sociaux, alors qu'il quittait Kinshasa.
"Que cette qualification ne soit pas l'aboutissement d'une simple aventure sportive, mais le début d'une nouvelle ère. C'est une opportunité pour nous tous de nous rassembler, de nous investir, de moderniser nos infrastructures sportives, d'accompagner notre jeunesse et de faire rayonner le sport en République démocratique du Congo. L'avenir commence aujourd'hui", a lancé le joueur de Real Betis Balompié.
De son message nous en tirons les parties clé. "Que cette qualification (soit)... le début d'une nouvelle ère. C'est une opportunité (...) de nous investir, de moderniser nos infrastructures sportives, d'accompagner notre jeunesse et de faire rayonner le sport en République démocratique du Congo. L'avenir commence aujourd'hui".
En exprimant ainsi, Bakagol a résumé, circonscrit le problème qui ronge le sport de son pays.
LE SPORT DE NOTRE PAYS EST MALADE
A ce jour, joueurs, dirigeants et supporters de clubs et autres Congolais lambda sont unanimes :"le sport de notre pays est malade". Ce qui constitue la faiblesse du sport du grand Congo, c'est l'absence d'investissement. Le Congo brille par son incapacité exceptionnelle à ne pas investir dans le sport. Pas que. Le Congolais n'a pas l'habitude de s'investir dans le sport de son pays. Car il ne s'agit pas seulement d'investir, mais aussi de s'investir.
Malheureusement les joueurs professionnels du pays de Kasa-Vubu ne font pas exception. Ce même Bakambu a commencé par investir sa fortune dans l'agriculture. Ce qui n'est pas une mauvaise affaire. Voilà ce que ces milliers de Kinois rassemblés devant le Palais du peuple devant leur président devraient demander à leurs "djogo": Bakambu, Mbemba, Bongonda, Masuaku, les deux Kayembe, Fayulu, Mpasi, Bertaud, Twanzebe, Moutoussamy, Mayele, Meschak, Pickel, Cipenga, Mukau, Sadiki, Mbuku… La liste est longue.
Un investissement individuel, mais aussi collectif, par exemple.
Le sport de la RDC est aussi malade non seulement de ces infrastructures pas assez modernes, mais également pas en nombre suffisant pour l'épanouissement optimist du sport.
PRÉSERVER LES INFRASTRUCTURES SPORTIVES EXISTANTES
Et à ce sujet, il y a lieu de penser à construire des infrastructures sportives, mais en même temps à préserver celles qui existent. Il importe aussi de sensibiliser les jeunes à apprendre à conserver jalousement ces infrastructures qu'ils n'hésitent pas à saccager en cas de défaite de leur club. Pour cela, il est nécessaire de leur apprendre l'éducation civique, le patriotisme, le respect des biens communs.
La maladie du sport de la RDC, c'est aussi ce manque de rayonnement. Ce qui peut faire rayonner notre sport, ce n'est moins des partenariats du pays avec des clubs étrangers, Barça ou Monaco soient-ils, mais plus un rayonnement de l'intérieur. Le Sénégal, le Nigeria ou le Ghana n'ont pas scellé des partenariats avec des équipes d'outre-mer pour se faire parler d'elles à l'échiquier africain ou mondial.
Guérir cette maladie, c'est arriver à organiser convenablement les championnats à tous les niveaux C'est rendre automatique le déroulement de ces championnats : les commencer et les terminer aux dates échues, conformément au calendrier préalablement établi.
Faire rayonner le sport de son pays, ce n'est pas devenir des spécialistes des championnats des autres pays ! Le championnat de ces pays rayonne au prix d'une discipline sans faille, d'une organisation rigoureuse.
"L'AVENIR COMMENCE AUJOURD'HUI"
Accompagner la jeunesse, c'est réaliser tout cela. C'est lui permettre de s'exprimer, d'exprimer ses talents dans le domaine précis du sport.
Lorsque Bakambu conclut son message par "L'avenir commence aujourd'hui", les autorités qu'on a toujours qualifiées par le vocable de "compétentes" et auxquelles il l'a adressé ont-elles compris la profondeur de cet appel ? Pour ce professionnel, il n'est plus question d'attendre, il est temps de passer aux actions. C'est maintenant qu'il faut réaliser ce qu'il a évoqué dans son message : nous investir, moderniser nos infrastructures sportives, accompagner notre jeunesse et faire rayonner le sport en République démocratique du Congo.
Et ce, après l'euphorie consécutive à cette qualification historique qui renvoie les Léopards au Mondial derrière lequel ils ont couru pendant plus d'un demi-siècle.
Kléber KUNGU