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Assemblée nationale : les députés en grève pour non-paiement de leurs primes
Au Palais du peuple, le climat est sombre. Pour cause: les députés nationaux réclament le paiement de leurs primes et avantages liés à la session extraordinaire. Deux séances plénières d'affilée ont été boycottées. Les élus à la chambre basse du Parlement conditionnent leur retour à l'Hémicycle au paiement de leurs droits.
Ces élus du peuple ont raison de revendiquer leurs dus parce que le règlement intérieur de l'Assemblée nationale est clair à ce propos. Cependant, ce mouvement provoque beaucoup d'interrogations de la part de la population. Notamment des cadres et agents de l'administration publique et des enseignants. Parmi ces derniers, certains accumulent plusieurs années d'impaiement. Plus grave : les agents des régies financières qui récoltent les taxes pour le trésor public attendent souvent des mois pour toucher leurs primes de rétrocession, mais jamais ils n'ont décrété un mouvement de grève.
Contre toute attente, les députés qui touchent des émoluments faramineux n'ont pas accordé le moindre temps à leur institution pour se mettre en règle vis-à-vis d'eux. Encore qu'ici, il ne s'agit que des primes et non des émoluments mensuels.
"CHACUN POUR SOI, DIEU POUR TOUS"
La décision des élus nationaux met en évidence l'égoïsme des acteurs politiques congolais, guidés par le principe selon lequel "chacun pour soi, Dieu pour tous". Nous n'avons jamais assisté à un mouvement de solidarité des députés envers les agents publics de l'État. Les médecins, les fonctionnaires, les enseignants, et que sais-je encore, ont beau crier pour revendiquer l'amélioration de leurs droits et avantages, mais les députés ne les ont jamais soutenus par les interpellations des ministres concernés par leurs revendications. Si chaque Congolais doit vivre en tirant la couverture de son côté, nous n'aurons pas une nation digne de son nom.
Désormais donc, les députés devraient se mettre à la place de leurs compatriotes lorsqu'ils crient secours. Ils doivent sortir de leur égoïsme et comprendre qu'ils ont été votés non pas par eux-mêmes, mais par les électeurs dont ils doivent défendre les intérêts.
En tout état de cause, cette "grève", s'il faut l'appeler ainsi, n'honore pas le pays. Le Bureau de la représentation nationale est appelé à trouver une solution appropriée à ce litige pour l'honneur de cette importante institution.
Muke MUKE