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Alors que les Mobondo ne sont pas encore neutralisés, Mai-Ndombe: les Banunu et les Batende veulent de nouveau s’empoigner
Les informations alarmantes en provenance de Yumbi dans la province de Mai-Ndombe font état de la montée de la tension entre les Banunu et les Batende, deux communautés qui vivent dans un antagonisme séculaire. L’on se souviendra qu’à la veille des élections générales de décembre 2018, les deux tribus se sont sauvagement affrontées, provoquant plusieurs morts et des dégâts matériels innombrables. C’était la énième altercation entre ces deux tribus.
Cette fois-ci, le comble est que le décor des affrontements est planté au moment où les Mobondo qui sèment mort et désolation dans le territoire de Kwamouth, sont encore actifs et sont loin d’être vaincus par les forces de l’ordre. Si deux graves conflits communautaires doivent ébranler toute une province, la situation sera alors dramatique. C’est pourquoi, le gouvernement est appelé à prendre des dispositions idoines urgentes pour éviter le chaos sécuritaire dans cette entité politico-administrative issue du démembrement de l’ex province du Bandundu.
Pour mémoire, il est important de savoir que les conflits entre les deux communautés tribales sont cycliques et datent de leurs aïeux. Bien qu’il y ait des intellectuels aujourd’hui de part et d’autre, les deux camps n’arrivent toujours pas à fumer le calumet de la paix.
Au contraire, certaines sources allèguent que c’est la crème intellectuelle des Banunu et des Batende, surtout les politiciens, qui alimentent ce conflit pour des raisons de leadership.
La preuve est que le procès ouvert après les tristes événements de 2018 a mis au grand jour l’implication de nombreux leaders de deux communautés.
Mais contre toute attente, les auteurs intellectuels de ces troubles meurtriers n’ont pas été condamnés et continuent à vaquer librement à leurs activités. Cette impunité est la cause de la perpétuation des conflits communautaires qui sont enregistrés ici et là dans le pays.
C’est ici que se manifeste l’inefficacité des pouvoirs publics qui n’arrivent pas à imposer la paix dans les zones troubles à travers le territoire national.
L’Etat interpellé
Face à cette léthargie, d’aucuns attribuent la responsabilité à l’Etat qui ne s’acquitte pas totalement de ses missions régaliennes. Pourquoi ? Parce qu’il laisse souvent pourrir la situation sans réagir jusqu’à ce que le pire arrive.
Concernant l’alerte actuelle, il est temps de réagir conformément à la sentence selon laquelle on bat le fer quand il est chaud. Est-ce le cas depuis qu’il est fait état de la montée de la tension entre les deux communautés ?
À ce propos, les services de sécurité et de l’ordre sont invités à se mettre déjà en ordre de bataille pour mettre hors d’état de nuire tous ceux qui tirent les ficelles dans l’ombre pour provoquer des affrontements entre les Banunu et les Batende.
Conformément à l’adage « vaut mieux prévenir que guérir« , il ne faut pas attendre que les hostilités soient déclenchées pour verser les larmes des crocodiles au vu des pertes en vies humaines, comme c’est le cas habituellement.
Tout doit être mis en œuvre pour arriver à la réconciliation définitive de ces deux couches de la population de Yumbi qui, historiquement et logiquement, sont condamnées à vivre dans la paix et l’harmonie.
Mais à cause de la bêtise humaine, les gens s’entretuent au lieu de mutualiser leurs compétences afin de sortir de la pauvreté qui les humilie. Pour ce, le gouvernement devrait organiser des barza de paix à travers tout le territoire de Yumbi, mobiliser tous ceux qui se réclament hommes de Dieu, les intellectuels, les associations de la société civile et les acteurs politiques pour les appeler à vivre leur cohabitation autrement.
Car, les antagonismes qui les divisent depuis des lustres ont plus contribué à leur paupérisation qu’à leur émancipation. Les autorités étatiques doivent agir pour imposer la paix, même par la force.
Muke MUKE