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Accalmie dans les zones sous contrôle des Mobondo
Les miliciens Mobondo qui ont semé désolation et mort d'hommes dans le territoire de Kwamouth depuis 2022 ont accepté de déposer les armes. Dans les zones où opèrent ces hors-la-loi, il est constaté que depuis le mois de décembre 2025, il n'y a eu aucune perte en vie humaine. L'accalmie est presque totale. Néanmoins, le gouvernement ne doit pas dormir sur ses lauriers croyant que cette dangereuse milice est éradiquée. On ne sait jamais. Les auteurs intellectuels de cette mini rébellion sont capables de relancer leur funeste projet de déstabiliser cette partie du pays.
Ce conflit est parti, a-t-on allégué, d'une tension communautaire entre les Teke et les Yaka, deux ethnies qui ont vécu depuis des lustres en parfaite harmonie. Du coup, elles se sont affrontées violemment à partir d'un conflit foncier. Ce qui a fait croire aux analystes avérés qu'il y a des personnes qui ont tiré les ficelles pour provoquer ce drame. Ce sont ces tireurs de ficelles qu'il faut maîtriser si l'on tient à mettre fin définitivement à ce dangereux phénomène.
Les conséquences de ce conflit ont engendré des dégâts néfastes et collatéraux dont les répercussions sont incommensurables. Des petits entrepreneurs ont vu leurs investissements réduits à néant. Des violences meurtrières, viols, pillages et destructions de biens de tous genres ont été enregistrés au grand dam de la population. En plus, il y a eu des déplacements massifs de Kwamouth vers Kinshasa et Brazzaville des paysans qui ont voulu s'échapper aux affres de ce conflit.
En outre, les enfants ont été désavantagés vu qu'ils ne pouvaient pas étudier régulièrement et en toute sécurité. Sur le plan sanitaire, le programme de vaccination a été sérieusement perturbé au point où le taux de mortalité post natal a connu une hausse vertigineuse. Il y a tant d'autres méfaits indescriptibles de cette mini rébellion qu'il ne sied pas d'énumérer ici.
Pacification progressive
Si nous en sommes là aujourd'hui, c'est à cause de l'action efficace et déterminée du gouvernement et des autorités locales, action soutenue par les forces armées. Pour preuve, les miliciens, violents et d'une cruauté implacable, ont déposé volontairement les armes, pour adhérer au processus DDRR. Ce retour à la paix progressif, bien que n'étant pas définitif, mérite d'être consolidé pour éviter la résurgence des tensions.
Par ailleurs, même si nous devons nous réjouir du retour de la paix dans cette partie du pays, la justice doit jouer son rôle, car l'impunité ne doit pas être érigée en système de gestion. Les auteurs directs ou indirects des crimes perpétrés dans le territoire de Kwamouth, dans une partie du Kwango, du Kwilu et de Kinshasa doivent être sanctionnés d'une manière ou d'une autre.
Clarifier le mystère
Pour ce, il faut une enquête minutieuse menée par des experts en renseignements pour identifier tous ceux qui ont manipulé les Mobondo et les ont poussés à cette barbarie.
À défaut, d'autres illuminés n'hésiteront pas à se lancer dans de telles aventures. Comme ces miliciens ont consenti de coopérer avec les autorités légitimes, les services peuvent les associer à l'éclatement de la vérité dans ce ténébreux dossier.
Une des conséquences immédiates de cette nouvelle donne est la requête que le gouvernement vient d'introduire auprès de la BAD pour la réhabilitation de la route Mongata -Bandundu ville. Ce tronçon est resté dans un état de délabrement total, malgré son importance socioéconomique indéniable.
Bien que devenu chef- lieu de l'ex- province du Bandundu, après la décision inappropriée de Mobutu de transférer le siège de l'institution provinciale de Kikwit à Bandundu, cette dernière ville est restée enclavée, rendant difficiles les échanges avec la capitale et le reste de la province.
Si cette route était fluide, les Mobondo n'auraient certainement pas la possibilité de mener leurs actions meurtrières comme ils l'ont fait. Si cette requête du gouvernement produit les effets escomptés, la province du Kwilu connaîtra une nouvelle page de son histoire socio-économique.
Muke MUKE