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3e mandat : Martin Fayulu promet de “barrer la route” à Tshisekedi
L’opposant Martin Fayulu hausse le ton contre toute perspective de modification constitutionnelle susceptible d’ouvrir la voie à un troisième mandat du président Félix Tshisekedi. Lors d'une conférence de presse tenue ce vendredi 8 mai à Faden House, le leader de l’ECiDé a affirmé que “Tshisekedi ne l’aura pas”, en référence à un éventuel troisième mandat présidentiel, tout en rejetant catégoriquement l’idée d’un référendum constitutionnel.
Pour Martin Fayulu, les initiatives évoquant une réforme constitutionnelle constituent une “tentative de contourner ce que la Constitution a rendu intangible”. Il estime que toute modification des règles fondamentales de la République en pleine crise politique et sécuritaire reviendrait à ouvrir “une brèche dangereuse” contre la stabilité du pays.
“UNE CONSTITUTION QUI CÈDE À L'OPPORTUNISME CESSE D'ÊTRE UNE CONSTITUTION “
L’opposant dénonce ainsi ce qu’il qualifie de “coup d’État constitutionnel légaliste”, accusant certains acteurs politiques de vouloir utiliser des mécanismes institutionnels pour parvenir à des objectifs interdits par la Loi fondamentale. “Une Constitution qui cède à l’opportunisme cesse d’être une Constitution”, a-t-il affirmé, estimant que changer “les règles du jeu en pleine partie” constitue “un acte de dérive dictatoriale”.
Dans son intervention, “le soldat du peuple” Martin Fayulu a également appelé les députés nationaux à retirer “purement et simplement” les articles 87 à 90 de la proposition de loi référendaire en discussion. Il a rappelé le précédent de janvier 2015, lorsque le Sénat avait bloqué une disposition controversée de la loi électorale après une forte mobilisation populaire contre un possible glissement du mandat de l’ancien président Joseph Kabila.
“L’histoire regarde les députés”, a lancé le président de l’ECiDé, avant d’estimer que les promoteurs des dispositions contestées devraient “répondre de leurs actes devant la justice”, en raison de leur impact présumé sur l’ordre constitutionnel.
Dans un message directement adressé au chef de l’État, M. Fayulu a exhorté Félix Tshisekedi à faire preuve de “sagesse” et de “sens de responsabilités”, avertissant qu’il serait “extrêmement grave” que le fils d’Étienne Tshisekedi entre dans l’histoire comme celui ayant “fragilisé la cohésion nationale”.
L’opposant a enfin plaidé pour un “dialogue national” comme unique voie de sortie des tensions politiques actuelles. “Le Congo doit rester uni, indivisible et souverain”, a-t-il insisté, affirmant que “le peuple congolais barrera la route à tout projet de troisième mandat”, comme cela avait été le cas, selon lui, face aux ambitions prêtées autrefois à Joseph Kabila.
Jérémie ASOKO