Dernière minute
Société
"Heureux l'homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants". Cette phrase est le début du Psaume 1:1 dans la Bible. Ce verset décrit l'homme heureux (ou bienheureux) comme celui qui évite l'influence des impies, ne suit pas le chemin des pécheurs et ne s'associe pas aux moqueurs. Bref, il…
Culture
Forum éco
Sport
Enjeux de l’heure
Rien ne laissait présager qu’un simple choix vestimentaire allait susciter un tel engouement. Pourtant, en l’espace de quelques heures, le motif du corsage en pagne porté par la Première ministre…
Étranger
La Suisse a affirmé, vendredi, qu’elle "considère l’initiative d’autonomie" présentée par le Maroc "comme base la plus sérieuse, crédible et pragmatique" pour la résolution du différend régional…
Nation
À 11e rue Limete, sur l’esplanade du siège de l’Alliance pour le Changement (A.Ch), la scène a des allures de démonstration politique. Marée humaine, ferveur militante et tonalité combative : pour…
Hommages à José Nawej : José Nawej, tu étais un maniaque du travail bien fait
José Nawej, j’ai eu de la peine à croire à ce que je lisais ce dimanche-là
Oh ! Mon Dieu, José Nawej est mort ? Me suis-je écrié, le cœur battant la chamade.
Seigneur, que mes yeux me trompent, étais-je en train de prier, tout tremblotant !
Et pourtant, la réalité était toute immuable depuis le samedi 28 octobre :
Nawej, tu es passé de vie à trépas, plongeant tous dans la tristesse : famille,
Amis, confrères et connaissances, mais également tes nombreux lecteurs.
Week-end morose, lugubre, triste que celui qui t’a emporté.
Editeur et journaliste hors-pair, tu as excellé dans le grand genre qu’est l’éditorial.
José Nawej, va en paix.
Le dimanche 29 octobre. 11h 30. Télécommande en main, je zappe et tombe sur la consœur Télé 50. Qui fait passer son magazine sur le débat politique. Comme sujet, les invités débattent sur »L’agression rwandaise »: la RDC face à l’hypocrisie internationale.
Du coup, mes yeux s’accrochent sur les informations qui passaient en boucle. Qu’est-ce que me yeux voient : « Au nom de la corporation, je demande à toute la presse de Kinshasa de manifester une grande solidarité et un hommage sans réserve au doyen José Nawej jusqu’à la fin de ses funérailles« . « Décès de José Nawej : JMK rend un vibrant hommage à la plume intelligente de notre métier qui s’est endormie dans l’éternité« .
C’est le patron de ce média, Jean-Marie Kassamba, qui signe ces deux informations concernant la triste nouvelle. Je n’en crois pas mes yeux ! Que lui est-il arrivé de grave entre le vendredi 27 octobre vers 4 heures du matin quand nous nous sommes séparés et le dimanche 29 pour qu’il nous quitte aujourd’hui ? Suis-je en train de rêver ?
Le malheur ne venant jamais seul, je venais de me faire voler mon téléphone 24 heures plus tôt à la place Victoire, vers 20 heures. Sans doute que quelqu’un m’aurait appelé pour m’informer de cette nouvelle si bouleversante. Mais sans téléphone, je ne pouvais qu’être sous-informé ! Dommage.
14 heures. Je résous d’aller immédiatement aux nouvelles. Direction: la rédaction. Où la réalité arrache mon doute !
Ce samedi 28 octobre, rien ne prédisait qu’un grand baobab du monde des médias allait tomber. Aussi silencieusement que tu avais l’habitude de publier tes éditoriaux, enfermé dans ton bureau, à l’aide de ton laptop gris, éclairé par un abat-jour.
Tous ceux qui ont eu à tomber sur l’un de tes écrits, singulièrement les éditoriaux dont as emporté le secret dans ta tombe, ne voulait plus s’en passer pour tout l’or du monde. L’un de ses grands amis et lecteurs, le Dr Sondji, n’a pas trouvé mieux que de les qualifier de chirurgicaux, un jour qu’il était venu te rendre visite à la rédaction de Forum des As.
Cependant la chute de ce baobab du monde des médias que tu étais a fait un tel fracas qu’elle a été ressentie sur plusieurs kilomètres aux alentours. A preuve, cette pluie d’hommages qui magnifient ton talent d’éditorialiste et qui n’arrêtent pas de tomber à la rédaction de Forum des As…
De toi José Nawej, je retiens tes manies quotidiennes qui étaient ta nature.
Tu débarquais à la rédaction dans la soirée, après avoir rempli ta mission qui te tenait à cœur : rendez-vous chez des diplomates, chez des politiciens….J’entends encore le cliquetis de la clé ouvrant ton bureau, avant de le fermer quelques minutes plus tard ; le temps pour toi de t’apprêter à diriger l’édition.
Fidèle aux partenariats que le journal a conclus avec les ambassades, une fois à la rédaction, mains aux hanches, tu te mettais, derrière le metteur en pages, à vérifier les pages consacrées aux informations africaines et étrangères. Tu étais hyper fidèle à tout partenariat.
De la salle de mise en pages, tu rentres à ton bureau en t’arrêtant pendant quelques minutes devant le poste téléviseur pour suivre les informations nationales et internationales. Mais également les matchs des championnats européens (Liga, Permier League, Serie A, Ligue 1, Bundesliga). Fan du beau football et barcelonais de première heure, tu connaissais par cœur la plupart des meilleurs joueurs de ces championnats ainsi que les entraîneurs de ces clubs…
Très perfectionniste, tu te moquais de nous lorsque tu nous rencontrais suivant un match local…Entre deux mi-temps d’un match, tu rentrais t’enfermer dans ton bureau pour préparer la belle nourriture spirituelle qu’adorent tes nombreux lecteurs : l’édito. Qui tombait le plus souvent un peu plus tard. Question de bien t’inspirer pour servir un bon »repas’‘ comme tu en détenais le secret que tu emportes dans l’au-delà.
Aussitôt ton édito terminé, tu t’emmenais avec ton laptop pour le remettre au metteur en pages. Pour te consacrer à la coordination de l’édition dont tu tenais à lire – je voudrais dire corriger – tous les articles. Un maniaque du travail, tu étais. Du travail bien fait !
Tu étais étonnamment cultivé : en toi tu avais un peu de géographie, un peu d’histoire, un peu de mathématique, de la botanique, de la zoologie, de la grammaire… Si bien que tu avais pratiquement des réponses à tout ! Des atouts qui te permettaient de bien coordonner les éditions de Forum des As…
Pas seulement. Tu savais aussi blaguer pour faire rire et déstresser tes collaborateurs. Ainsi tu étais un grand »chroniqueur ». Tu savais ressasser les vieilles histoires pour les remettre au goût du jour. Et nous nous esclaffions de rire sans arrêt. Sans voir le temps s’écouler. Le chargé de l’édition électronique, André Mayindu, en sait quelque chose, car il était ta source d’inspiration.
Aussitôt l’édition du jour terminée, tu prenais toujours soin de poser cette question à l’un des metteurs en pages Jacques ou Aimé : »Le journal est plein plein ? »
Même en dehors du pays, tu prenais soin de diriger les éditions loin de la rédaction.
Rassuré, tu demandais au webmaster de t’envoyer les liens des articles que tu estimais plus importants à envoyer à tes contacts. »André, réveille-moi ton frère ». Il s’agissait du chauffeur Dacquin. Il était donc temps de rentrer chez toi, après avoir rempli avec brio ta tâche. Le plus souvent, il était environ 1heure ou 4h30. Parfois, tu demandais à André de te réveiller vers 4h45, le temps de te reposer dans ton canapé pendant quelques minutes.
Le jeudi 26 octobre, tu as quitté presque de la même manière. Nous ne savions pas que tu nous quittais pour toujours !
Adieu José Nawej :!
Kléber KUNGU