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Gouvernement Suminwa : Qui bloque la fumée blanche ?
La publication du gouvernement de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka se fait toujours attendre. Pourtant, tout était annoncé pour le week-end dernier. La plupart des Congolais étaient restés rivés devant leurs petits écrans dans l’attente de la publication « imminente » de l’ordonnance présidentielle. Mais jusqu’au moment où nous mettions sous presse, aucune nouvelle n’a fuité de la Cité de l’Union africaine (UA), où travaille le chef de l’Etat. Du côté de la porte-parole du Président de la République, c’est le silence radio.
On doit à la vérité que cette longue attente commence réellement à exaspérer une population qui attend de voir son quotidien être amélioré. Dépité, Jonas Tshiombela, coordonnateur national de la Nouvelle société civile congolaise (NSCC), n’a pas mis des gants pour s’attaquer ouvertement au présidium de l’Union sacrée de la nation (USN) qu’il accuse de bloquer la marche du pays.
Gloutonnerie des chefs des partis et regroupements politiques
Il est vrai que le pays est bloqué. Depuis la prestation de serment du président de la République le 20 janvier après les élections générales du 20 décembre 2023, puis la nomination, le 1er avril, de la Première ministre, les choses ne marchent pas comme on l’aurait souhaité. Le pays fait du surplace. Des sources crédibles rapportent que la gloutonnerie des chefs des partis et regroupements politiques serait à la base du blocage de la publication de l’équipe Suminwa. Les uns et les autres tiennent mordicus à figurer sur la liste des membres du gouvernement. Bien que la cheffe de l’Exécutif ait présenté au Chef de l’Etat trois noms pour chaque poste, ceux qui sont à la tête des partis et regroupements politiques exercent une forte pression, remuant terre et ciel, pour que le choix soit porté sur eux. Pourtant, il y a des figures que la population n’aimerait pas voir revenir à cause de leur médiocre prestation dans les précédents gouvernements. En dépit de leur contre-performance, ils s’estiment éligibles dans l’équipe Suminwa. S’ils avaient produit des bons résultats dans le passé, la RDC ne connaîtrait pas cette situation. Il leur manque un minimum d’humilité.
Pour revenir à la question qui voltige sur toutes les lèvres, à savoir le blocage de la formation du gouvernement, les auteurs de cette situation ont perdu de vue que c’est toute la population qu’ils préjudicient à cause de leurs intérêts personnels. De nombreux défis attendent le futur gouvernement mais rien ne peut se faire tant que l’équipe n’est pas encore mise en place. Il sied cependant de se réjouir du fait que les ennemis du pays ne profitent pas de cette absence de l’Etat pour poser des actes délictueux. Sur ce plan, les Congolais doivent s’estimer un peuple béni. Néanmoins, le pays serait plus ou moins avancé si un gouvernement réellement responsable est mis en place pour résoudre tant soit peu les nombreux problèmes auxquels le pays fait face.
Aujourd’hui par exemple, les ministères se sont vidés de leurs pensionnaires étant donné qu’ils ne se sentent redevables à aucune autorité. Se rendre au lieu de service n’est plus une obligation, et ce depuis plusieurs mois. Cette absence d’autorité est aggravée par l’instabilité de la paie des agents et fonctionnaires. Alors que le gouvernement sortant venait de donner toutes les assurances que cette situation allait se normaliser fin avril, rien ne s’est malheureusement concrétisé alors que l’on s’achemine vers fin mai. Visiblement, l’équipe en place n’a plus le cœur à l’ouvrage.
Cependant, ceux qui trouvent du plaisir à faire perdurer cette situation de blocage ignorent qu’il y a une exigence constitutionnelle qui attend le pays. Il s’agit de la clôture de la session ordinaire de mars qui doit intervenir le 15 juin. Si l’investiture du gouvernement n’est pas organisée avant cette échéance, il doit y avoir une session extraordinaire, avec toutes les conséquences d’ordre financier que cela implique. Pour un pays dont la trésorerie va mal, provoquer des dépenses évitables relève tout simplement de l’inconscience. Jusqu’à quand notre classe politique continuera-t-elle à ne pas prendre en compte les préoccupations de la population qu’elle est censée servir ?
Muke MUKE