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Gloire Batomene: « José Nawej était la pierre angulaire de « Forum des As », au regard de sa capacité managériale
La nouvelle de la disparition de José Nawej, l’éditeur vedette de Forum des As, le samedi 28 octobre dans la soirée, a eu l’effet d’un tremblement de terre dans le landerneau des chevaliers de la plume et du micro. Ce décès a suscité de fortes oscillations, de vagues de larmes, consternations.
Une plume XXL, une écriture journalistique d’exception dont lui-même avait le secret.Tous à table de l’édito, nous nous précipitons pour être servi et tous les ingrédients étaient réunis par le cordon bleu, Nawej qui peignait noir sur blanc la réalité de la vie politique au Congo, en Afrique et même au monde.
Le menu était délicieux, un assaisonnement parfait. Pas trop ou moins de sel, l’eau bien millimétrée, le temps de cuisson, bien chronométré. Tout le monde ne pouvait qu’inexorablement se lécher les doigts en foulant aux pieds les rudiments des notions de politesse dans son volet « La tenue à table« .
Avec cet ancien de l’Institut des sciences et techniques de l’Information (ISTI), la rigueur se conjuguait au présent de l’indicatif et non au futur impossible. C’était un artisan du travail bien fait. Et de surcroît un homme plein d’humour et d’humanisme.
NAWEJ, BONGO ET MPONO, UN TRIANGLE ÉQUILATÉRAL
C’est aussi un chrétien pratiquant, à l’image de son poste qu’il occupait à l’église du Berger Flory Kabange Numbi, nichée à Moulaert. Il était très assidu et ponctuel aux prières de la semaine ainsi qu’au culte dominical.
José Nawej était la pierre angulaire de Forum des As pour sa capacité managériale et sa façon de booster les jeunes talents. Il formait un duo imbattable avec le PDG Bongo Bovery. C’était bonnet blanc et blanc bonnet en termes de gestion de ce grand journal.
Le troisième joueur de l’équipe, c’est Sylvain Mpono,, l’inamovible administratif financier. Ces trois réunis, tel un triangle équilatéral, qui ont les mêmes côtés.
PAS DE TRIBALISME, NI DE FAVORITISME, RIEN QUE LA MÉRITOCRATIE
« C’est en mai-juin 2016 que j’ai foulé les pieds à Forum des As pour le stage académique/IFASIC. En tout, 20 stagiaires (douze de l’IFASIC et huit de l’UPN). J’étais en G3 A à l’époque du recteur Lucien Kitima, nous étudions lundi, mercredi et vendredi de 08h à 17h.
Quand ma mère, fonctionnaire de son état, a appris que j’étais affecté à la 11ème rue Limete, elle m’a dit que le problème de transport allait se poser avec acuité pendant deux mois. Elle nourrissait de regret, mais en fervente catholique croyante, elle a ensuite baigné dans le positivisme.
C’est le Rédacteur en chef (RC) Yves Kalikat qui m’a accueilli, puis le géant José Nawej. Un homme au discours direct, fort, puis un atterrissage en douceur. C’est à la fin du stage académique qu’il a recommandé aux RC Yves Kalikat, Didier Kebongo et Laurel Kankole que je devrais rester pour passer le stage académique, avec un étudiant de l’UPN qui, hélas, est passé de vie à trépas bien après« .
Point besoin d’une lettre de demande d’emploi, pas de tribalisme, népotisme, favoritisme dans l’école Nawej. C’est la méritocratie ou rien.
« J’ai débuté mon stage en étant reporter, j’écrivais plus sur les faits de société, les chiens écrasés, l’éducation, la culture et aussi le sport avec mon mentor Bahati Kasindi et le doyen, le vieux Rachidi Mabandu. C’est là que j’ai rencontré, Fifi Solange Tangamu, ma collègue de G2 à l’IFASIC quand nous étudions dans l’un des locaux de l’OCPT, puis le méticuleux Orly, un ancien de l’Unikin, Rocco,maman Dina, Mathy, David, Aimé, Jacques, André et Tricya, etc« .
LA CHRONIQUE ET LE MARBRE, DES MOMENTS RICHES EN ÉMOTION
Grâce à José Nawej, il y a une ambiance bon enfant dans la rédaction. Il y a une rubrique propre à la maison qu’on appelle « Chronique« . Dans cette rubrique, tu apprends tout sur la vie, voire des taquineries sans mettre les gants en matière des femmes, célibataire que je suis.
Le moment M, le marbre chaque lundi, quand je débarquais, il disait « L’ homme de 21h, tu es là« . Il y avait toutes les émotions au marbre et on bouclait des fois vers 04h, 05h entre correction des papiers, blagues, des anecdotes sur la politique, le sport et la vie au quotidien.
C’était au-delà d’un Éditeur, un père de famille pour ses conseils en public tout comme en privé à mon égard.
« Tu es très intelligent, tu as un bon coeur, mais je te trouve un peu éparpillé. Il faut avoir les deux pieds sur terre. Tu iras loin Génies en herbes, Ne Muanda Nsemi (NDLR: étant un ancien joueur de Génies en herbes au Collège Frère Alingba de Kintambo et en référence à mes origines, le territoire de Luozi). Sois comme Orly Ngiambukulu« , a-t-il insisté.
« Nous allons aller à Pierre Angulaire, le Berger Flory Kabange Numbi va mettre les mains sur toi pour couper les liens de ces gens de Luozi« , a-t-il lâché d’un ton humoristique.
Il TRANSFORMAIT LES JOURNALISTES EN OR COMME LE ROI MIDAS
C’est la crème des crèmes, le summum, une matière grise qui part avec ses éditos, mais il a eu à nous former. Il était le champion de la sanction positive teintée d’euphémisme, il disait des choses vraies même jusqu’à t’agacer des fois, mais en adoucissant l’expression.
Il transformait en or tout (le journaliste) ce qui passait par ses mains comme le roi Midas dans la mythologie grecque. Forum des As, c’est une école de formation jusqu’à présent.
« Nawej est mort, mais le Nawejisme restera à jamais pour tous les amoureux des textes bien rendus, papiers bien écrits. Halte au titre bateau, à l’écriture fourre-tout pour les Congolais d’un certain âge et d’un âge certain ».
Adieu le grand baobab, le maître des éditos. Il y a un temps pour tout, dixit Ecclésiaste. À nous tous candidats à la mort, vivons chaque jour comme si c’était le dernier.
Gloire Batomene (L’Inoxydable fils du Me José Nawej)