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Gilbert Kabanda exhorte la population à collaborer avec les FARDC pour faire échec aux groupes armés
En séjour à Goma depuis le week-end dernier, le ministre de la Défense nationale et Anciens combattants évalue les six mois de l’état de siège avec les forces vives du Nord-Kivu. A la tête d’une mission, constituée de sénateurs, de députés nationaux, d’officiers de l’armée… venus de Kinshasa, Gilbert Kabanda échange à bâton rompu avec les autorités traditionnelles, les membres de la Fédération des entrepreneurs du Congo (FEC) et bien d’autres couches de la population.
Six jours durant, les notabilités de la province défilent dans la salle de réunion où elles ont l’occasion d’évaluer l’état de siège, de formuler les critiques et de proposer les pistes de solution. Président provincial de la FEC au Nord-Kivu, Becky Chirimwami salue l’initiative prise pour impliquer davantage la population dans la pacification de la région. Il soutient la démarche amorcée pour encourager la collaboration étroite entre l’armée et la population.
«Le ministre a raison quand il prône la complicité entre la population et l’armée pour arriver à bout de ces conflits qui durent maintenant plus de deux décennies, affirme Becky Chirimwami. Le message est opportun, d’autant que c’est nous qui sommes sur le terrain. Il y a, bien entendu, un aspect positif dans l’état de siège, mais aussi des aspects négatifs. Le positif, c’est n changement que nous avons ressenti, notamment côté dissuasion. Le forfait qu’on allait commettre, mais qu’on évite parce qu’il y a état de siège. Il y a toute de même des failles, car on continue à enregistrer des tueries».
«Il nous faudra donc alerter nos opérateurs économiques qui sont dans des lieux reculés pour qu’ils puissent désormais livrer des informations à nos militaires lorsqu’ils observent des mouvements suspects. En tant que président provincial de la FEC, je vais réunir tous les membres du conseil pour qu’ils puissent en tenir compte», a indiqué Becky Chirimwami.
«L’armée est là, il faut la renforcer»
Un des représentants des chefs coutumiers, a promis d’élaborer avec ses pairs un mémorandum qui répondra aux préoccupations soulevées par le ministre de la Défense à travers un canevas qu’il a remis aux autorités traditionnelles lors de la réunion d’échange.
«Nous tâcherons, dit-il, de lui fournir, par écrit, tous les éléments nécessaires sur les plans sécuritaire, administratif, judiciaire… pour lui permettre de savoir quel est l’impact réel de l’état de siège sur les populations du Nord-Kivu et de l’Ituri. C’est une approche très bonne que l’on soutient. Après vingt ans de guerre, il fallait une autre approche, une approche politique. L’armée est là, il faudra maintenant la renforcer. Et nous avons, pour ce faire, des propositions concrètes».
«Dans ces échanges, note la cellule de communication du ministère de la Défense, aucune question n’est éludée ou passée sous silence. Le ministre Kabanda pousse même ses interlocuteurs à ne pas mettre des gants, afin d’aider le Gouvernement à procéder aux réglages nécessaires aux fins de nouvelles avancées tant souhaitées par tous… D’où, la présence, dans cette mission, de quelques représentants des ministères de la Justice, et de l’Intérieur et Sécurité… De même, pour les hauts responsables militaires du Nord-Kivu, dont nombre sont des animateurs de l’état de siège : du gouverneur de province, le Général Constant Ndima, aux administrateurs du territoire».
«On gagnera avec le concours des autochtones»
«Lors de ses interventions, le ministre de la Défense nationale, assurent ses proches, met un accent particulier sur le fait que les populations du Nord-Kivu elles-mêmes participent à cette évaluation de l’État de siège. Ils les exhorte à être des lanceurs d’alertes, et les convie à vivre dans la complicité avec l’armée régulière, en fournissant régulièrement des renseignements aux FARDC, afin de débusquer l’ennemi, de l’affaiblir et de le mettre hors d’état de nuire».
Aux dires de Dr Kabanda, «cette guerre qui perdure se gagnera avec le concours des autochtones, ‘‘renseigneurs’’ auprès de l’armée». D’après le ministre de la Défense nationale, le Gouvernement et le Parlement vont tâcher de rectifier le tir pour redonner du sourire aux populations du Nord-Kivu. Yves KALIKAT