Dernière minute
Société
"La patience ne connaît pas le temps" est le second message que nous avons découvert sur un taxi-bus Mercedes Benz Sprinter (voir celui de droite). C'est un proverbe sénégalais.
Cette expression signifie que la vraie patience s'affranchit de l'obsession de la montre et de l'urgence, car…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
Dans le cadre du Forum économique et humanitaire Russie-Afrique, la coopération dans le secteur de la santé entre la Fédération de Russie et la RDC connait un renforcement. Avec la signature, le…
Étranger
Il faut lutter contre la contrebande et investir dans les routes de desserte agricole
Pour tirer pleinement profit de l'accès préférentiel au marché chinois, la RDC doit renforcer le…
Nation
Jeudi 29 octobre. Je me rends à l'aéroport international de Ndjili pour accueillir la fille de mon jeune frère qui vient de Libreville. Le vol est annoncé à 9h45.
J'y déjà vers 8h.…
Fatshi : un appel à faire mieux
De l’avis de nombreux Congolais, trois ans après, le paysage politique du pays s’est profondément métamorphosé. Le Président de la république a réussi le tour de force de rompre sa coalition formée avec l’ancien président Joseph Kabila. Ce faisant, le fils de l’opposant historique a repris le contrôle de l’Assemblée nationale, du Sénat et de la quasi-totalité des Assemblées provinciales. Pour avoir les coudées franches, Fatshi s’est constitué une nouvelle coalition, » l’Union sacrée de la Nation », composée en majorité d’anciens alliés de son prédécesseur sensés appuyer désormais son action politique. Depuis, il a les principaux leviers qui lui permettent d’avoir le contrôle effectif de la gestion de l’Etat.
Ainsi, dressant le bilan de la gouvernance de Fatshi au regard de son discours d’investiture, Godefroid Muamba salue l’agir politique du chef de l’Etat. Pour le président Inter fédéral de l’UNAFEC-Kinshasa, le président de la République ne s’écarte pas trop de son discours d’investiture dans lequel il s’est engagé à ériger un » Etat qui garantira le bonheur de tous « .
» Le président Antoine-Félix Tshisekedi incarne bel et bien la rupture dans l’agir politique. Il faut constater que la prédation s’était constituée en mode de gestion dans notre pays. Les partis politiques au pouvoir étaient les syndicats des crimes tant politiques qu’économiques. L’Etat de droit prôné par le chef de l’État a fait que son propre directeur de cabinet (Vital Kamerhe, NDLR), s’est retrouvé à la prison de Makala. Aujourd’hui, le parti présidentiel est à même de condamner ses propres combattants lorsqu’il est convaincu d’une malversation possible. Le chef de l’État et les partis au pouvoir ne sont plus les défenseurs des crimes », fait-il savoir.
Godefroid Muamba relève cependant que quand le Chef de l’État parle de la refondation du pays à partir des territoires, » il est contradictoire de voir le Gouvernement central se réunir et montrer à partir de Kinshasa les projets de développement à la base des 145 territoires. » Pour le président Inter fédéral de l’Unafec-Kinshasa, « ceci est un non-sens. »
Fédéraliste jusqu’aux entrailles, Godefroid Muamba rappelle que la loi sur les principes fondamentaux de la libre administration des provinces stipule que les Entités administratives décentralisées doivent avoir leurs budgets et les sources de financement sont connus notamment l’impôt minimum personnel.
« La dotation que le Chef de l’État envisage n’est qu’une partie des sources de financement. Pour nous les fédéralistes et surtout membres de l’UNAFEC du président Antoine Gabriel Kyungu wa Kumwanza, les Entités territoriales décentralisées qui n’ont plus de budgets depuis le règne de Mobutu doivent devenir les centres de l’impulsion de notre développement. Le progrès social pour lequel les pères fondateurs de l’Udps dont le président Kyungu ont prôné ne peut se réaliser qu’après l’essor économique. C’est pourquoi, à l’Unafec nous nous battons pour que les communes et les territoires soient les points d’impulsion de notre véritable développement « , explique-t-il.
DERIVE TOTALITAIRE
Pour un congolais qui n’a pas souhaité être cité, l’espace politique, après une amélioration- particulièrement la libération de plusieurs détenus politiques-, se serait à nouveau réduit. Il dénonce une restriction de l’espace démocratique et une lente « dérive totalitaire « .
« Nous voyons que les vieilles méthodes de violation des droits humains, notamment les répressions de manifestations publiques et d’autres violations des droits humains, refont surface « , regrette-t-il. Celui-ci ajoute : « Lorsqu’il gérait le pouvoir avec le FCC les gens étions convaincus que le Chef de l’Etat n’avait effectivement pas les mains libres. Le blocage politique entre le FCC et CACH n’a pas permis la réalisation des réformes structurelles et institutionnelles censées renforcer l’état de droit, la démocratie, la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption et l’impunité.
Maintenant, on se dit qu’il n’y a plus de coalition FCC-CACH, et donc Fatshi n’a plus en face de lui des adversaires politiques à même de le bloquer. Le blocage politique entre le FCC et CACH n’a pas permis la réalisation des réformes structurelles et institutionnelles censées renforcer l’état de droit, la démocratie, la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption et l’impunité.
Pour ce Congolais comme de nombreux autres compatriotes du Chef de l’Etat, ceci reste un appel à faire mieux.
Didier KEBONGO