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Emergence de la Mongala : Michael Sakombi prêche l’unité et la stabilité provinciale
Dans le cadre de la célébration de l’an 1 de son existence, l’Espace Inter Mongalais (EIM/Asbl), association regroupant les originaires de la Mongala, avec pour objectif d’améliorer la situation de cette province, a organisé dans trois villes du pays, à savoir Kinshasa, Lisala et Gemena, sur des conférence-débat sur le thème: «L’émergence de la Mongala est tributaire de changement de mentalité».
L’étape de Kinshasa s’est déroulée ce dimanche 16 mai 2021 dans un amphithéâtre bondé de l’Eglise Fatima, dans la commune de la Gombe. Trois orateurs principaux ont animé cette conférence, à savoir le Sénateur Jean de Dieu Moleka, l’Ambassadeur Michael Sakombi et l’Ingénieur Ndjibo.
Aller vers une quête permanente de l’excellence
Premier intervenant du jour, le Sénateur Jean De Dieu Moleka, Docteur en Lettre,s s’est épanché sur la «quête permanente de l’excellence» qui doit habiter tout Congolais et tout Mongalais dans tout ce qu’il fait au quotidien, condition essentielle pour que l’addition individuelle des attitudes excellentes porte un groupe social vers une amélioration globale.
Déconstruisant le concept de «changement de mentalité «, slogan galvaudé depuis l’indépendance par les différents systèmes politiques, il a plutôt invité les participants à un changement radical et total d’optique afin de bannir nos schèmes culturels nous tirant vers le bas.
«Le changement de mentalité n’est pas la condition sine qua none pour le développement de la province», a affirmé cet ancien ambassadeur à Paris qui a plaidé pour «une vision nouvelle qui doit s’inscrire dans la durée en s’inspirant de nos traditions et nos valeurs culturelles, comme la solidarité, l’unité et le mérite».
L’instabilité politico-administrative est incompatible AVEC l’émergence
Pour sa part, l’ambassadeur Michael Sakombi, qui fût commissaire spécial de province aux premiers jours de la province de la Mongala en 2015, a déploré que six ans après sa naissance, le bilan de la province ne soit pas reluisant. Une des causes principales selon lui étant l’instabilité politico-administrative de la province qui, depuis 2015, a connu près de cinq dirigeants provinciaux soit un changement chaque année, dont la situation cafouilleuse actuelle avec notamment les déchéances du Gouverneur élu et de son vice-gouverneur, ce dernier étant désormais réhabilité par un arrêt de la Cour Constitutionnelle et la gestion intérimaire de la province par une ministre provinciale sortante.
«La quête d’émergence est incompatible avec l’instabilité politique. L’implémentation d’un programme provincial, arrimé certes à une vision nationale, prend du temps et nécessite un leadership stable qui l’implémente et le contrôle constamment» a-t-il martelé.
Les conséquences de cette instabilité se ressentent dans une certaine mesure, d’après lui, dans la faible mobilisation des financements internes et externes de la province qui est la moins lotie en termes de rétrocession de toutes les provinces avec 2 millions USD, alors que Kinshasa émarge à 125 millions USD ainsi que dans les projets d’investissements nationaux ou dans la coopération décentralisée, car les interlocuteurs internes et externes n’ont pas de visibilité suite à la «fragilité chronique du leadership provincial».
Remise en question et plaidoyer pour l’unité provinciale
Citant Mabika Kalanda qui signa il y a 51 ans le célèbre ouvrage «Remise en question, base de la décolonisation», il a plaidé pour «une remise en question du logiciel des mentalités des élites provinciales à tous les niveaux afin de briser le cycle vicieux de l’instabilité et faire un aggiornamento provincial salvateur», par la tenue d’une conférence provinciale pour l’unité et le développement de la Mongala, rassemblant les couches politico-sociales représentatives (députés, sénateurs, ministres nationaux-provinciaux, nos dignitaires, notables, société civile, secteur privé etc..), afin, selon lui, de «renouer avec les règles et principes de l’intérêt général par une recherche de l’intelligence collective et une révolution du bon sens».
Dernier intervenant, l’ingénieur Ndjibo, agronome de formation, a démontré que la nature a gâté la Mongala avec de nombreux cours d’eau dont l’affluent éponyme de la province, une terre fertile permettant des cultures toute l’année et un climat idoine qui devaient permettre le développement provincial.
Il a cependant déploré que l’homme n’a pas encore intégré qu’il est la principale richesse qui doit permettre l’émergence de cette riche contrée.
André BOKATA/CP