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Elections 2023: le doute s’installe
Depuis sa tournée dans l’espace Grand Kasaï, le Chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a annoncé les élections de 14 gouverneurs de provinces pour le mois de février prochain, lors de son adresse à la population. Cependant, à la Centrale électorale à Kinshasa, des sources bien introduites font savoir qu’il n’y a pas d’argent pour organiser ledit scrutin. Du coup, des observateurs s’inquiètent. Le manque d’argent à la CENI fait déjà douter de la tenue des élections dans le délai en 2023.
Outre les élections de gouverneurs dans les 14 provinces concernées, la Commission électorale nationale indépendante (CENI), a besoin des ressources financières pour lancer le processus électoral. Notamment, l’enrôlement des électeurs. Seulement voilà, les caisses de la Centrale électorale sonnent désespérément creux. Le temps n’étant pas toujours notre meilleur allié, ça craint. Vu des analystes indépendants, le manque d’argent sonne comme uns stratégie savamment concoctée par les politiques pour assujetir, mieux aliéner cette institution d’appui à la démocratie, censée être apolitique.
Provision de 100 millions USD
Pour nombre d’observateurs, tout serait mis en œuvre pour asphyxier la CENI et ainsi avoir son contrôle. L’indépendance de la CENI ne serait pas du goût de tout le monde. Une autre lecture que ces mêmes observateurs font de l’asphyxie volontaire de la Centrale électorale, ce qu’il y aurait des gens, en haut lieu, qui ne veulent pas d’élections. Autrement, comment comprendre que la CENI n’a pas d’argent alors que le Gouvernement dit avoir déjà constitué une provision de 100 millions sur les 600 millions de dollars prévus pour le financement des élections présidentielle, législatives et provinciales de 2023. L’annonce a été faite au mois de novembre dernier, à la ville et au monde, à haute et intelligible voix. Questions : où seraient passés les 100 millions de dollars dont la CENI ne connait pas la couleur ? Serait-ce de l’argent virtuel ? Chercherait-on à mettre la main sur les marchés « importants » de la Centrale électorale ?
Ce n’est pas tout. Lors de la présentation à l’Assemblée nationale du projet de loi des finances, le 15 novembre dernier, le Premier ministre Sama Lukonde avait annoncé que 375 millions de dollars sont alloués aux élections dans le budget 2022, indiquant que le gouvernement est déterminé à consolider le processus démocratique en RD Congo.
« Le gouvernement de la République entend marquer sa volonté de donner suite à ses engagements. Comme vous le savez, la constitution de la réserve de 500 milliards de francs congolais pour l’exercice 2022, destinés aux premières opérations électorales et les 250 milliards pour le début du recensement et l’identification de la population est un signal fort pour la poursuite de l’ancrage démocratique« , avait-il déclaré.
« Nous attendons du bureau qui a été récemment installé (bureau de la CENI, ndlr) un plan concret qui nous permettra de démarrer les premières opérations électorales« , avait indiqué le Premier ministre. Renseignement pris, le bureau de la CENI aurait effectivement déposé le projet de plan de décaissement des fonds.
Sans faire bouger les lignes. Le fait est là : le Gouvernement a mis de côté de l’argent pour les élections, mais que la CENI, pouvoir organisateur desdites élections, ne voit rien tomber. Et pourtant la CENI jouit de l’autonomie administrative et financière. Elle dispose d’un budget propre sous forme de dotation. Celle-ci peut être complétée par des apports extérieurs. C’est ce que stipule l’article 6 de la loi organique de la CENI.
Pour lancer un appel d’offre, la CENI doit faire un état des lieux physique, et cela demande également de l’argent. Selon des sources, la Centrale électorale espérait entamer l’année 2022 avec beaucoup d’opérations pour que les choses se fassent comme il faut sur le plan de la qualité, de la fiabilité et dans le délai imparti par la Constitution. Reste à savoir qui bloque la CENI et pourquoi. Didier KEBONGO