Dernière minute
Société
Plus de 10 millions de morts. Tel est le bilan macabre établi par le système des Nations unies pour la guerre qui sévit dans l’Est de la République Démocratique du Congo depuis environ trois décennies. Un bilan en constante augmentation, d’autant que, chaque jour, au moins une âme tombe sur le…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
Dans la province de l’Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo, la problématique du mariage précoce chez les jeunes filles demeure une préoccupation majeure pour les acteurs des…
Étranger
Rabat - Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, accompagné de Son Altesse Royale le Prince Héritier Moulay El Hassan, a présidé, samedi au Palais Royal à Rabat, un Conseil des ministres…
Nation
Écoles doctorales dès la rentrée 2026-2027, autofinancement des universités, réduction de 50 % des frais pour les étudiants vulnérables : la ministre de l'Enseignement supérieur et universitaire,…
Ebola : une nouvelle épidémie déclarée dans le Kasaï
La RD-Congo est de nouveau confrontée à la menace de la maladie à virus Ebola. Le jeudi 4 septembre, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, le Dr Roger Samuel Kamba, a annoncé officiellement, depuis Kinshasa, la résurgence de l'épidémie dans la province du Kasaï, plus précisément dans la zone de santé de Bulape. Cette déclaration, appuyée par des analyses scientifiques menées par l'Institut national de recherche biomédicale (INRB), marque la seizième apparition d'Ebola dans le pays depuis 1976.
"La déclaration que je fais aujourd'hui procède sur la rigueur des faits, la clarté scientifique et une chaîne complète d'investigation… C'est pour cela que j'annonce officiellement, au nom du ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, la résurgence de la maladie à virus Ebola, de la souche #Zaïre, dans la zone de santé de Bulape, dans la province de Kasaï. Il s'agit de la 16ème épidémie d'Ebola enregistrée dans notre pays", a déclaré le Dr Roger Samuel Kamba.
Une femme, l'infirmier et le laborantin, 1ères victimes
Les premières investigations ont permis de retracer l'origine de cette flambée. Le premier cas, identifié le 20 août, concernait une femme enceinte de 34 ans admise à l'hôpital général de Bulape, présentant une forte fièvre, des diarrhées sanglantes et des vomissements hémorragiques. La patiente est décédée quelques heures après son admission.
Quelques jours plus tard, l'infirmier et le laborantin qui avaient assuré sa prise en charge ont développé les mêmes symptômes et n'ont pas survécu. Le 3 septembre, cinq échantillons analysés par l'INRB ont confirmé la présence du virus Ebola de souche Zaïre, connu pour sa virulence et déjà responsable de plusieurs épidémies meurtrières en RDC. Donc, la femme, l'infirmier et le laborantin sont les premières victimes.
À ce jour, les autorités sanitaires recensent vingt-huit cas suspects, dont seize décès, parmi lesquels figurent quatre agents de santé. Le taux de létalité provisoire avoisine 57 %. La zone de santé de Mweka est également touchée, ce qui fait craindre une propagation plus large si des mesures drastiques ne sont pas maintenues.
Ebanga, le traitement disponible
Face à cette situation, le gouvernement a activé le Centre des Opérations d'Urgence de Santé Publique et déployé des équipes d'intervention rapide pour circonscrire l'épidémie. Des structures de triage et d'isolement ont été installées, tandis que des sépultures sécurisées ont été mises en place afin de limiter les risques de transmission, tout en respectant la dignité des familles endeuillées.
"L'avantage avec Ebola Zaïre, c'est que nous disposons désormais d'un traitement spécifique, Ebanga, issu des recherches du professeur Jean-Jacques Muyembe. Ce traitement sera administré aux patients, et nous espérons contenir rapidement cette flambée", a expliqué le ministre de la Santé, rassurant.
Roger Kamba a également insisté sur la responsabilité de chacun face au risque sanitaire. Il a appelé la population à signaler tout cas suspect via le numéro vert 151, à éviter tout contact direct avec des malades ou des corps non pris en charge, à ne pas manipuler d'animaux morts et à adopter une hygiène rigoureuse.
Il a, par ailleurs, exhorté les communautés à ne pas céder à la stigmatisation, rappelant que la lutte contre Ebola nécessite solidarité et confiance envers le personnel médical.
Ezéchiel Monteirious MONTEIRO