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Ebola en RDC : le cap des 10 000 cas confirmés franchi
Pendant que Cristiano Ronaldo court après la barre mythique des mille buts pour rejoindre le roi Pelé au panthéon du football, l'Est de la RDC bat, lui, un record dont personne ne voudrait. Celui d'une épidémie d'Ebola qui court comme un feu de brousse et vient de franchir le cap des 10 000 cas confirmés.
Le rapport de situation n°164 de l'Institut national de santé publique, publié le 26 octobre, a de quoi donner froid dans le dos. Au 25 octobre, la souche Bundibugyo a fait 10 060 cas confirmés et 4 887 morts, soit une létalité de 48,6 %. Près d'un malade sur deux ne remonte pas la pente.
En vingt-quatre heures seulement, 96 nouveaux cas ont été notifiés: 58 au Nord-Kivu, 32 en Ituri et 6 dans la Tshopo.
Quarante-six personnes ont rendu l'âme, dont 40 dans la communauté, loin des centres de traitement, souvent au cœur de leur village, sans avoir vu l'ombre d'un soignant. Autant de chaînes de contamination qui échappent à la vigilance des équipes.
Le front, lui, se déplace. L'Ituri reste l'épicentre, avec plus de 7 200 cas cumulés. Mais c'est désormais le Nord-Kivu qui concentre l'essentiel des nouvelles infections, avec une létalité de 56 %. Avec un taux de positivité de 20,1 %, un prélèvement sur cinq se révèle positif.
Une maigre éclaircie pourtant: aucune nouvelle zone de santé n'a été touchée. Mais le feu couve toujours dans 66 zones sur 178, réparties dans huit provinces.
LE PAM : GAGNER LA BATAILLE PAR L'ESTOMAC
Dans cette guerre contre un ennemi invisible, le Programme alimentaire mondial (PAM) tient un autre front: celui de l'assiette. Pour l'agence onusienne, l'assistance alimentaire constitue une première ligne de défense contre Ebola. Elle intensifie son soutien alimentaire, logistique, de télécommunications et de transport aérien dans l'Est, une région où le virus frappe des communautés déjà éprouvées par les conflits, les déplacements et la faim.
Le bilan de ses actions fait état de plus de 160 000 repas chauds distribués aux patients, aux personnes contacts et aux agents de première ligne dans 17 centres de traitement et d'isolement. Le PAM a aussi remis des rations sèches à 23 000 personnes, dont 14 000 en quarantaine, tandis que 36 000 autres habitants des zones touchées ont reçu une assistance alimentaire générale.
Car la faim a ici un double visage. Selon l'organisation, les zones de santé touchées se situent dans des territoires déjà fragilisés par une crise alimentaire sévère, et la fermeture temporaire des frontières a fortement perturbé les marchés. Un ventre vide est un terrain de choix pour la maladie, et une quarantaine ne se tient pas l'estomac creux.
Reste le nerf de la guerre. Dans un communiqué du 31 juillet, le PAM tirait la sonnette d'alarme: il lui fallait 50 millions de dollars pour les repas chauds, la quarantaine et l'extension de l'aide aux zones nouvellement touchées, ainsi que 293,6 millions de dollars sur six mois pour maintenir toutes ses opérations en RDC.
Le temps, rappelait-il, reste un facteur important dans la maîtrise de l'épidémie.
À l'heure où la courbe refuse de plier l'échine, le chiffre de 10 000 n'est plus un simple seuil statistique. C'est un signal d'alarme.
Ézéchiel Monteirious MONTEIRO