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Disparition d’Edmond Tandu Nkunza : sa famille est à sa recherche
De l’avis de plusieurs observateurs de la scène politique congolaise, l’intolérance politique figure parmi les maux qui rongent la société congolaise. Au point que plusieurs Congolais, en désaccord avec la doxa du système, notamment des membres de partis politiques de l’opposition, sont contraints soit au silence pour certains, soit à l’exil pour d’autres, alors que la Constitution en vigueur en RDC garantit certains droits en son article 30.
Parmi ceux qui paient le prix figurent des opposants, notamment des membres de la famille politique de l’ancien Président de la République, obligés de quitter le pays, tandis que d’autres sont incarcérés dans des maisons d’arrêt à Kinshasa. Matata Ponyo, Moïse Katumbi, Ramazani Shadary, Aubin Minaku…
Au nombre de ces compatriotes inquiétés, il y a lieu de citer le cas d’Edmond Tandu Nkunza, dont la famille est sans nouvelles et craint pour sa sécurité.
Agent dans une entreprise publique, l’infortuné est de surcroît membre du parti politique Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECiDé), cher à l’opposant Martin Fayulu Madidi, renseigne un membre de la famille, joint au téléphone par notre rédaction.
Selon cette même source, son plus grand tort serait d’avoir dénoncé des détournements de fonds publics, une gestion opaque, le tribalisme et le népotisme qui auraient élu domicile au sein de l’entreprise. Ces révélations auraient été faites de commun accord avec des syndicalistes de son entreprise, sous couvert de l’anonymat.
De ce point de vue, Edmond Tandu Nkunza ne pouvait qu’être placé en bonne position sur la liste des personnes allant à l’encontre des décisions de la hiérarchie, installée par les nouvelles équipes dirigeantes membres de l’UDPS en provenance de Kinshasa.
Le membre de la famille indique que c’est en décembre 2022 que le calvaire de leur père a débuté. En effet, Edmond Tandu s’est retrouvé en insécurité à la suite d’accusations jugées infondées et sans preuves.
« Depuis l’accession au pouvoir de l’actuel régime, plusieurs membres des partis politiques ont été contraints à l’exil à la suite de leurs prises de position dénonçant certaines pratiques jugées contraires aux lois du pays », a-t-il affirmé.
Puis, en juillet 2023, les accusations à son encontre se sont poursuivies. Cette fois-là, Edmond Tandu Nkunza aurait été accusé d’être membre d’une association de malfaiteurs pratiquant des kidnappings. Après enquête, aucune preuve n’aurait été apportée, selon ce proche.
« Comment un cadre d’une société peut devenir kidnappeur ? Ce sont des accusations infondées qui n’ont jamais été démontrées. En RDC, une fois que vous contredisez le pouvoir, d’office, vous faites l’objet de poursuites judiciaires. Aucun Congolais ne peut être expulsé ou contraint à l’exil. Le droit de circuler est également garanti, selon l’article 30 de la Constitution en vigueur en RDC », a-t-il indiqué.
La rédaction