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Dialogue avec l’Opposition : Fatshi se dit ouvert mais sceptique sur la volonté de certains opposants comme Fayulu
Dans une interview accordée hier à Top Congo depuis la Belgique où il séjourne pour des raisons médicales, le président de la République, Félix Tshisekedi s’est dit ouvert à une rencontre avec les principaux leaders de l’Opposition. Il répondait ainsi à l’appel lancé en ce sens par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO).
Cependant, Felix Tshisekedi reste sceptique quant à la réelle volonté de dialogue de certains opposants. Il a notamment émis des réserves concernant Martin Fayulu, qui continue de contester les résultats de la présidentielle de decembre 2023 et ne reconnait pas la légitimité du pouvoir actuel. « Comment est-ce qu’il acceptera ma main tendue ? » s’est interrogé le chef de l’Etat.
« Bien sûr, c’est une ouverture. Dernièrement, j’ai reçu, pour l’anecdote, les évêques de la Cenco, le jour où ils ont élu leur nouveau président, leur nouveau bureau. Et dans nos discussions, je ne vais pas les dévoiler ici, mais il y a eu une demande allant dans ce sens. Ma réponse était claire. J’ai dit: mais, Monseigneur, je suis à votre disposition. Je ne demande que ça. Mais dites-moi,Comment vais-je m’y prendre ? J’ai pris l’exemple de trois opposants. J’ai commencé par Martin Fayulu. Je lui ai dit: mais il n’a jamais reconnu les résultats des dernières élections. Comment est-ce qu’il acceptera ma main tendue ? », s’est interrogé le chef de l’État.
Katumbi encore «borderline »
De même, Tshisekedi juge l’ancien gouverneur du Katanga Moïse Katumbi encore « borderline » malgré son ralliement aux institutions, et accuse ouvertement son prédécesseur Joseph Kabila de boycotter les élections et de préparer une insurrection via son parti le PPRD.
« Moïse Katumbi était prêt à faire la même chose. Il avait même fait la même chose, mais grâce évidemment à la pression des siens. Il a accepté qu’ils rentrent dans les institutions, mais lui reste borderline. Joseph Kabila, n’en parlons pas. Lui, il a carrément boycotté les élections et prépare une insurrection parce que l’AFC, c’est lui. Donc, dites-moi, je fais quoi ? Je n’avais pas eu de réponse »
Reconnaissance des voix constructives
Le président a toutefois rendu hommage à certains opposants comme Adolphe Muzito et le docteur Denis Mukwege, qui malgré leurs divergences font preuve selon lui d’une certaine objectivité dans leurs prises de positions. Tshisekedi s’est dit prêt à dialoguer avec ceux qui feraient preuve de bonne foi, même s’il reste dubitatif face à la volonté réelle de certains de ses adversaires politiques les plus farouches.
« Mais j’ai parlé d’autres qui sont plus conviviaux, plus participatifs. Et je rends ici, par exemple, hommage à quelqu’un comme Adolphe Muzito et même un petit peu au docteur Mukwege aussi, qui, malgré leur position d’opposants, font parfois des commentaires objectifs »
Concernant le Dr Mukwege, prix Nobel de la paix 2018, Tshisekedi a rappelé sa rencontre récente avec une délégation du FONAREV, la fondation de Mukwege pour les victimes des violences sexuelles.
« Le Dr Mukwege avait promis de s’impliquer dans ce combat humanitaire, au-delà de ses penchants politiques »,a souligné le président.
Il a déploré que d’autres opposants ne fassent pas preuve du même esprit patriotique face aux défis du pays. « J’aurais aimé qu’ils disent: ligons-nous autour du président pour combattre les attaques injustes du Rwanda »,a-t-il regretté.
Tshisekedi a également salué l’attitude d’Adolphe Muzito, qui avait félicité le gouvernement après la finalisation réussie de la 6e revue du FMI, une première historique pour le Congo. « Muzito connait l’importance de cet acte, bien qu’il ne soit pas au pouvoir », a témoigné le président.
Christian- Timothée Mampuya