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Développement de la RDC : voici la meilleure démarche
* Il est esentiel de passer de la démarche CCS (Constats-Causes-Solutions) à l’approche COCT (Constats- Objectifs-Cartographie des risques-Traitement des risques)
(Par Dieudonné BIFUMANU NSOMPI)
La République Démocratique du Congo est un pays sous-développé, qui est en quête permanente de son développement.
Dans cet ordre d’idées, il est organisé, depuis plusieurs décennies, des rencontres nationales et internationales pour la réflexion : Ateliers, Séminaires, Colloques, Forums… .

Malheureusement, ces rencontres ne produisent pas les effets escomptés. Pour preuve, à plus de soixante ans d’indépendance, ce pays arbore une situation peu reluisante et avance toujours à pas de tortue.
La question est celle de savoir pourquoi ces rencontres ne donnent pas de bons résultats ou donnent des résultats insuffisants.
Devant ce questionnement, notre préoccupation est orientée vers la qualité de la démarche intellectuelle qui constitue la méthodologie de travail empruntée durant ces réflexions.
En effet, la finalité de toute réflexion est de parvenir à trouver la solution au problème que l’on voudrait résoudre. Sinon, il ne sert à rien de perdre du temps à réfléchir autour des solutions à des problèmes posés.
Aussi, allons-nous présenter, dans un premier temps, la démarche qui guide actuellement les réflexions depuis plusieurs décennies, et, dans un second temps, proposer celle que nous considérons comme étant la meilleure démarche.
I. LA DEMARCHE ACTUELLE
Dans toutes les rencontres, la démarche rationnelle suivie, bien qu’elle soit dépassée, est la suivante:
– Présentation de l’état des lieux;
– Recherche des causes qui justifient cet état des lieux ;
– Pistes de solution.
1) Présentation de l’état des lieux
C’est décrire l’existant en détail. En d’autres termes, c’est dire, d’une façon détaillée, la vérité qui est en train d’être vécue, méthodique et rationnelle en dégageant éventuellement les points forts ainsi que les points faibles.
2) Recherche des causes qui justifient cet état des lieux
Sur base de l’état des lieux, on se donne l’exercice de recenser toutes les circonstances qui ont engendré les points faibles y relevés.
Cet exercice est une simple démarche intellectuelle qui consiste à se rappeler ou à imaginer ce qui peut être la cause de ces faiblesses. L’énumération ainsi retenue peut ne pas être exhaustive, l’essentiel, c’est de recenser ce que l’on peut qualifier de causes justifiant la partie négative de cet état des lieux.
3) Pistes de solution
Après avoir procédé à cette gymnastique de recenser les causes justifiant l’état des lieux, on se livre maintenant à une autre démarche intellectuelle qui consiste à proposer des solutions en rapport avec les points faibles. Souvent, la question qui est posée est la suivante : » Que faire pour endiguer ce mal ? «
Ici également, il suffit de donner quelques idées rationnelles, pas nécessairement exhaustives, et le problème est réglé.
A la fin de la rencontre, on présente ces pistes de solution sous forme de recommandations, contraignantes ou pas, l’essentiel étant d’avoir dit quelque chose.
Comme on ne s’occupe pas souvent de la mise en œuvre de ces recommandations, elles restent, pour la plupart des cas, de simples intentions. De sorte que quelques années plus tard, il arrive que plusieurs recommandations faites sur la même réflexion demeurent encore d’actualité. Cela prouve tout simplement que rien n’a évolué.
Dans le meilleur des cas, si les recommandations sont exécutées à travers des textes réglementaires, la recommandation exécutée est noyée dans un environnement qui plombe le pays vers le sous-développement.
II. LA DEMARCHE PROPOSEE
La démarche proposée découle du management des risques qui vise à fournir une assurance raisonnable quant à l’atteinte des objectifs de l’organisation (cf. COSO 2).
Pour cette démarche, la logique à suivre est la suivante :
– Présentation de l’état des lieux;
– Définition des objectifs ;
– Cartographie des risques ;
– Traitement des risques.
1) Présentation de l’état des lieux
Ainsi qu’il a été dit ci-haut, c’est décrire l’existant en détail. En d’autres termes, c’est dire, d’une façon détaillée, la vérité qui est en train d’être vécue, méthodique et rationnelle en dégageant éventuellement les points forts ainsi que les points faibles.
2) Définition des objectifs
Sur base de l’état des lieux, au lieu de se poser la question : » Pourquoi sommes-nous dans cette situation ? « , on se pose, plutôt, la question : » Que voulons-nous ? » Cette dernière question vous ouvre les portes de la POSITIVITE et vous pousse vers le Haut, vers l’Idéal. Au lieu d’être idéaliste, la définition des objectifs vous oblige à retenir les objectifs SMART (Spécifiques, Mesurables, Atteignables, Réalistes et Temporels).
Et pour définir des objectifs SMART, il faut beaucoup réfléchir et ajouter de la qualité à ce que l’on veut faire.
3) Cartographie des risques
Après avoir défini les objectifs, on se pose également la question suivante : » Quels sont les évènements, c’est-à-dire les risques susceptibles de nous empêcher d’atteindre les objectifs ainsi définis ? »
Aussi, une réflexion devra-t-elle être engagée pour identifier et évaluer ces risques. Procéder à cette identification et cette évaluation, c’est dresser la cartographie des risques.
L’avantage de cette cartographie des risques, c’est qu’il est difficile d’oublier ou d’ignorer les grands risques. Sur le terrain médical, on parlerait d’approfondissement des examens pour obtenir un diagnostic qui soit le plus fiable possible.
4) Traitement des risques
Quand la cartographie des risques est bien dressée, on passe à la recherche des solutions pour juguler ces risques, tout en sachant que le risque zéro n’existe pas. Ce traitement des risques est une analyse méthodique pour chercher les solutions adéquates qui donnent une assurance raisonnable que les objectifs retenus seront atteints, tout en anticipant sur certaines situations. Il ne peut mieux se réaliser que dans un environnement de contrôle interne efficace qui requiert la participation et la contribution de tous les acteurs.
CONCLUSION
Chasser le sous-développement de notre pays requiert un changement de paradigmes en ce qui concerne l’approche de la réflexion.
Jusqu’à présent, l’élite congolaise utilise la démarche CCS (Constats-Causes-solutions) qui, malheureusement, ne fait pas avancer le pays normalement, car le pays est encore sous-développé.
Aussi, en lieu et place de cette démarche dépassée, proposons-nous la démarche COCT (Constats- Objectifs-cartographie des risques-Traitement des risques) qui offre une assurance raisonnable sur la maîtrise des activités.
En principe, on ne peut pas polémiquer sur ces deux approches, car la différence est très nette. En toute honnêteté, on ne devrait que s’aligner sur la meilleure démarche.
Refuser cette nouvelle approche, c’est comme une Secrétaire qui refuse de saisir des textes avec un ordinateur au profit d’une machine à écrire mécanique, alors que l’électricité est stable, ou un Général d’armée qui préfère des avions de combat à hélice au détriment des avions supersoniques.