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Désarmement civil : le Gouvernement lance une campagne nationale pour faire taire les armes
Le Gouvernement a lancé, le mercredi 23 septembre, la Campagne nationale de désarmement civil volontaire, destinée à réduire la détention et la circulation illicites des armes légères et de petit calibre (ALPC) et à prévenir la violence armée. L'opération, qui s'étendra jusqu'au 22 décembre prochain, cible six zones stratégiques du pays.
Le coup d'envoi a été donné par le Vice-Premier ministre, ministre de l'Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo. La cérémonie a réuni notamment le ministre délégué chargé des Anciens combattants, Éliezer Ntambwe, le vice-ministre des Affaires coutumières, Mwami Ndeze Jean-Baptiste, ainsi que le ministre provincial de l'Intérieur de Kinshasa et plusieurs autres responsables.
Pilotée par la Commission nationale de contrôle des armes légères et de petit calibre et de réduction de la violence armée (CNC-ALPC), sous la tutelle du ministère de l'Intérieur, cette campagne entend s'attaquer à la prolifération des armes illicites et à leur circulation dans les communautés.
ARME CONTRE OBJET DE DÉVELOPPEMENT
Le dispositif repose sur le principe du désarmement volontaire. Les personnes détenant illicitement des armes sont invitées à les remettre aux autorités compétentes dans un cadre présenté comme sécurisé et anonyme.
Pour favoriser leur adhésion, le Gouvernement prévoit plusieurs mesures incitatives : anonymat total, amnistie judiciaire et contrepartie matérielle, suivant l'approche " arme contre objet de développement ".
Cette dernière approche vise à associer le désarmement à une perspective de développement local, en transformant la remise d'une arme en possibilité d'accès à un objet ou équipement destiné à soutenir les activités des bénéficiaires.
À ce stade, les modalités pratiques détaillées de la remise et la nature exacte des objets de développement n'ont toutefois pas été précisées dans les informations officielles rendues publiques.
" FAIRE TAIRE LES ARMES, L'AFFAIRE DE TOUS "
Lors de la cérémonie de lancement, Jacquemain Shabani a insisté sur la dimension sécuritaire mais également socio-économique de l'opération. Pour le responsable de la sécurité intérieure, la réduction de la circulation des armes doit contribuer à créer un environnement plus propice à la paix et au développement.
Le VPM a ainsi appelé l'ensemble des forces vives du pays à s'approprier la campagne. " Faire taire les armes n'est pas seulement une affaire d'État, c'est l'affaire de tous ", a-t-il déclaré.
Le Gouvernement compte notamment sur les autorités provinciales et locales, les responsables communautaires, religieux et coutumiers, les organisations de la société civile ainsi que les médias pour sensibiliser les populations et faciliter l'adhésion au processus.
UNE OPÉRATION DÉPLOYÉE DANS SIX ZONES STRATÉGIQUES
Pendant trois mois, l'opération sera déployée dans six zones stratégiques : Kinshasa, le Kongo-Central, la Tshopo, le Grand Équateur, le Grand Kasaï et le Tanganyika.
Le choix de ces espaces traduit la volonté des autorités d'étendre le dispositif au-delà de la seule capitale et d'agir dans plusieurs communautés confrontées à la circulation d'armes illicites.
La campagne s'inscrit, selon le Gouvernement, dans les efforts engagés pour prévenir la violence armée, renforcer la sécurité des populations et consolider la paix. Elle est également présentée comme une mise en œuvre des orientations sécuritaires du Président Félix Tshisekedi et du deuxième pilier du Programme d'actions du Gouvernement conduit par la Première ministre Judith Suminwa.
Du 23 septembre au 22 décembre, l'enjeu sera désormais de transformer l'appel politique en remises effectives d'armes. Pour les autorités, le désarmement civil volontaire constitue ainsi un volet de la réponse à la prolifération des ALPC, avec la mobilisation conjointe de l'État, des communautés et des acteurs locaux.
Jérémie ASOKO