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Des professionnels des médias sensibilisés à la Couverture Santé Universelle en RDC
Le Centre Culturel Boboto de Kinshasa a accueilli, du 1er au 2 décembre, une session de formation dédiée aux journalistes. Au cours de cette session sur l' " Introduction à la Couverture Santé Universelle en RDC ", les professionnels des médias ont été outillés sur la construction d'un système de santé accessible, équitable et financièrement supportable pour tous les Congolais.
En RDC, les dépenses de santé demeurent parmi les plus lourdes supportées directement par les ménages. Beaucoup de familles s'appauvrissent en cherchant à se soigner, quand d'autres renoncent à consulter faute de moyens. La qualité des soins, elle, reste inégale et souvent insuffisante.
Face à cette réalité, le président Félix-Antoine Tshisekedi a fait de la Couverture Santé Universelle (CSU) l'un des piliers de son action, inscrivant ce chantier comme une priorité de son programme quinquennal dès 2019. " Ma vision est que tout Congolais ait accès à tous les soins et services de santé de base dont il a besoin, sans s'exposer à une ruine financière ", rappelait-il dans son discours d'investiture.
UNE ARCHITECTURE INSTITUTIONNELLE DEDIEE
Pour mettre en œuvre cette ambition, six établissements publics accompagnent la structuration de la CSU :ARC-CSU, ANICNS, FPS, FSS, INSP et ACOREP. La gouvernance repose sur un Comité de pilotage, chargé de l'orientation stratégique, et une Coordination, responsable de la gestion opérationnelle. Les experts ont présenté aux journalistes le Plan stratégique national, couvrant cinq ans et articulé autour d'un état des lieux sanitaire, des priorités, des stratégies de déploiement et des critères de sélection des provinces pilotes.
Les données exposées durant la formation ont rappelé l'urgence sanitaire : 72 femmes meurent chaque jour des suites de l'accouchement. 56 enfants pour 1 000 décèdent avant l'âge de cinq ans. Seuls 21 % des enfants sont complètement vaccinés, un déficit qui favorise le retour de maladies pourtant évitables. 96 % des Congolais n'ont aucune couverture maladie, dépendant du paiement direct, principal facteur d'appauvrissement, selon le rapport présenté par le Coordonnateur du Conseil National de la Couverture santé universelle, Dr Mbongani Kabila Polydor
Cette pauvreté médicale est illustrée par des exemples concrets : dettes pour financer une chirurgie, vieilles pratiques de mise en gage de biens, ou encore ventes de maisons pour faire face à une hospitalisation.
REFORMES LEGALES
La mise en œuvre de la CSU a nécessité une adaptation du cadre juridique.
L'ordonnance-loi n°23/006 du 3 mars 2023 a établi les principes fondamentaux de la couverture santé universelle, institutionnalisé le Conseil national de la CSU, et introduit deux mécanismes clés: l'assurance maladie obligatoire, structurée en plusieurs régimes selon le statut professionnel ;
Les financements innovants, notamment des taxes santé.
La RDC s'inscrit également dans les engagements internationaux, comme l'Objectif de Développement Durable n°3 et la Déclaration d'Abuja, qui recommande d'allouer 15 % du budget national à la santé. Le démarrage opérationnel se fera par phases, en commençant par 55 territoires, sélectionnés selon des critères tels que la mortalité maternelle, la couverture vaccinale, la disponibilité des infrastructures sanitaires ou le revenu des ménages.
L'extension se fera ensuite de manière centrifuge, du chef-lieu vers les zones périphériques, avec un déploiement massif prévu à partir du premier trimestre 2026.
Le paquet de soins de base santé de la reproduction, maladies infectieuses, pédiatrie, santé environnementale nécessitera près de 1,99 milliard de dollars. Une enveloppe que l'État compte compléter par des financements domestiques et une meilleure mobilisation des ressources internes.
Cette formation a permis aux professionnels des médias de mieux comprendre les enjeux, les défis et le cadre légal de la Couverture Santé Universelle. Leur rôle sera déterminant pour informer, sensibiliser et accompagner la population dans cette transformation majeure du système de santé congolais.
Jérémie ASOKO