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Délégation Wallonie-Bruxelles : David Thonon s’engage à promouvoir la complémentarité durant son mandat en RDC
Désormais aux commandes de la Délégation générale Wallonie-Bruxelles en RDC, David Thonon a présidé hier, pour la toute première fois, les festivités de la communauté française de Belgique à Kinshasa. Comme ses prédécesseurs, il a réuni dans sa résidence de Gombe, Wallons, Bruxellois, Congolais et bien d’autres hôtes qu’il a conviés à cette fête que la communauté francophone de Belgique célèbre tous les 27 septembre depuis maintenant plus d’un siècle.
Dans son adresse, le nouveau Délégué général a tenu à éclairer l’opinion sur la nouvelle orientation qui sera de mise durant son mandat. Il tient particulièrement à promouvoir la complémentarité entre Belges francophones et Congolais. « Mesdames et messieurs, la Fédération Wallonie-Bruxelles, la Wallonie et les francophones de Bruxelles veulent faire mieux. Avec vous. Nous devons faire mieux. Non pas par un altruisme béat. Je vous l’ai dit : nous sommes complémentaires. C’est donc si nous œuvrons ensemble que nous pourrons, j’en suis convaincu, conquérir le monde. Telle est la volonté de mon gouvernement », a-t-il déclaré.
« C’est pourquoi, très concrètement, a précisé David Thonon, dès le second semestre de l’année prochaine, nous allons donner une orientation nouvelle au Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa. Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a libéré des fonds pour que davantage de talents de chez nous viennent en RDC pour cocréer, coécrire, et coinventer. Notre objectif est qu’ensuite, ce soit ensemble que nous montrions au monde de quoi ce mélange magique est capable. Avec l’aide du centre Wallonie-Bruxelles de Paris, avec l’aide du théâtre des doms à Avignon, avec l’aide de nos 15 délégations générales dans le monde, avec l’aide de nos universités, de nos centres de recherche… bref, en sollicitant tous nos réseaux« .
Pas facile de succéder à Kathryn Brahy
Aux novices qui ont participé pour la première fois à la fête d’hier, David Thonon a jugé utile de les mettre au parfum de l’enjeu de cette date historique. « Certains, dit-il, se demandent pourquoi cette date du 27 septembre. En fait, le 27 septembre fait écho à une page de l’histoire de l’indépendance de mon pays qui faisait partie à l’époque de ce qu’on appelait le Royaume-Uni des Pays-Bas. C’est en raison du rôle important joué par les Bruxellois et les volontaires wallons le 27 septembre 1830, que cette date sera retenue comme symbole d’une union entre Wallons et Bruxellois« .
Cette fête célébrée dans les 15 délégations générales de la Fédération Wallonie-Bruxelles dans le monde, Kathryn Brahy, la prédécesseure de David Thonon, l’a organisée pendant ses 15 ans de mandat en République démocratique du Congo. « Succéder à Kathryn, la mamou nationale, n’est certes pas chose aisée. Mais mon épouse et moi venons ici le cœur et l’esprit grand ouverts. Je sens que cela va aider à mettre mes pas dans les pas de cette grande diplomate qu’est Kathryn« , a lâché David Thonon devant ses nombreux convives. Yves KALIKAT
Discours de David Thonon lors de la fête de Wallonie-Bruxelles le 27 septembre 2023 à Kinshasa
Mesdames et messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs en vos titres et qualités
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,
Pokwa malamu mpe boyei malamu.
Après 15 ans de présence aux commandes de la DGWB en RDC – oui parce que la DG est avant tout la représentation diplomatique des gouvernements wallons, de la fédération Wallonie-Bruxelles et des francophones de Bruxelles, dont le centre culturel n’est qu’un des outils de coopération, Après 15 ans chez vous donc, Kathryn Brahy a tout de même fini par devoir retourner en Belgique. Certains
prétendent même qu’il a fallu la mettre de force dans l’avion, tant elle était chez elle chez vous. Fake news ? Je ne sais pas. En tout cas, cela ne m’étonnerait pas.
Succéder à Kathryn, la mamou nationale, n’est certes pas chose aisée mais mon épouse et moi venons ici le cœur et l’esprit grand ouverts. Je sens que cela va aider à mettre mes pas dans les pas de cette grande diplomate qu’est Katryn.
Éveline et moi tenons à vous remercier chaleureusement d’avoir accepté cette invitation à fêter avec nous les francophones de Belgique, ce qu’on appelait il y a peu encore la fête de la communauté
française. Que serait une fête sans convives ? Merci donc d’être-là.
Certains se demandent d’ailleurs peut-être pourquoi cette date du 27 septembre ? En fait, le 27 septembre fait écho à une page de l’histoire de l’indépendance de mon pays qui faisait partie à l’époque de ce qu’on appelait le Royaume-Uni des Pays-Bas. C’est en raison du rôle important joué par les Bruxellois et les volontaires wallons le 27 septembre 1830, que cette date sera retenue comme symbole d’une union entre Wallons et Bruxellois.
Mais assez parlé du passé. Comme l’a dit Maurice Maeterlinck, écrivain francophone belge, prix Nobel de littérature, » le passé est notre identité morte ; l’avenir est notre identité essentielle et vitale « . Telle est le cœur même du message que je voudrais délivrer ce soir : vous parler de l’avenir. D’un avenir commun entre vous, Congolais et nous, francophones de Belgique.
Oh, je sais bien que nous ne sommes pas identiques, chers amis. Loin de là. Vous êtes bien plus solidaires que nous. Malgré toutes les difficultés, vous ne perdez jamais l’espoir. Vous êtes une source de créativité à nul autre pareil. Vous avez foi dans l’avenir. Et … ah oui … vous parlez un français d’une poésie telle que cela ferait envie à n’importe quel prof de français dans mon pays.
Non, nous ne sommes décidément pas semblables, Mesdames, Messieurs. Nous sommes beaucoup mieux que cela. Nous sommes complémentaires. Vous êtes une source d’inspiration incroyable.
Davantage de talents belges francophones doivent absolument venir ici chez vous pour s’en rendre compte, pour s’inspirer et pour s’imprégner de votre belle énergie.
Vous avez les ressources et nous l’ardent désir de vous aider à les mettre en œuvre pour que tous les Congolais puissent en bénéficier. Vous débordez d’enthousiasme alors que nous nous attachons peut- être parfois trop d’ailleurs à la méthode. Vous avez le foufou et nous les pommes de terre.
Au-delà de cette complémentarité, nous avons en commun quelque chose que beaucoup nous envient.
Nous avons une langue en partage. D’ailleurs, la RDC étant le plus grand pays francophone du monde, c’est désormais vous qui partagez cette langue avec nous. Et c’est là un atout dont on ne mesure pas toujours suffisamment l’importance.
Le français est l’une des langues les plus parlées dans le monde. Il est également largement utilisé dans les organisations internationales. C’est donc là un atout pour participer à des dialogues internationaux, accéder à des informations mondiales et contribuer à des débats qui concernent la planète toute entière. Et pourtant on ne vous entend peut-être pas assez. Ensemble, nous pouvons faire mieux.
Dans de nombreux pays africains, le français est une langue de travail importante, notamment dans les secteurs de la diplomatie, du commerce, du tourisme et de l’industrie. La maîtrise du français devrait donc logiquement ouvrir des portes de l’emploi et de la collaboration avec des entreprises et des gouvernements francophones. Mais ce n’est peut-être pas encore suffisamment le cas. Ensemble, nous pouvons faire mieux. D’ailleurs, j’en profite pour vous signaler la présence parmi nous de Mme Micheline Vermeulen, la nouvelle conseillère économique et commerciale bruxelloise, une femme dynamique puisqu’elle s’occupe aussi des entreprises wallonnes en RDC.
Parler le français devrait favoriser un accès plus facile à l’éducation supérieure et aux opportunités de recherche avec les partenaires francophones – et ils sont nombreux. Cela devrait permettre de nous illuminer les uns les autres de nos richesses culturelles. Mais franchement, ensemble, nous pouvons faire mieux.
Le français n’est pas seulement parlé en RDC sur le continent africain. C’est donc un vecteur de nature à faciliter la coopération régionale et l’intégration économique, favoriser la communication entre les pays voisins et contribuer ainsi à la stabilité politique et économique. L’actualité récente démontre qu’ensemble, nous pouvons faire mieux.
Mesdames et messieurs, la Fédération Wallonie-Bruxelles, la Wallonie et les francophones de Bruxelles veulent faire mieux. Avec vous. Nous devons faire mieux. Non pas par un altruisme béat. Non. Je vous l’ai dit : nous sommes complémentaires. C’est donc si nous œuvrons ensemble que nous pourrons, j’en suis convaincu, conquérir le monde.
Telle est la volonté de mon gouvernement.
C’est pourquoi, très concrètement, dès le second semestre de l’année prochaine, nous allons donner une orientation nouvelle au Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa. Le gouvernement de la FWB a libéré des fonds pour que davantage de talents de chez nous viennent en RDC pour cocréer, coécrire coinventer et notre objectif est qu’ensuite, ce soit ensemble que nous montrions au monde de quoi ce mélange magique est capable. Avec l’aide du centre Wallonie-Bruxelles de Paris, avec l’aide du théâtre des doms à Avignon, avec l’aide de nos 15 délégations générales dans le monde, avec l’aide de nos universités, de nos centres de recherche… bref, en sollicitant tous nos réseaux.
Je ne peux clore ce message sans mentionner les périodes électorales à venir chez nous comme chez
vous, d’ailleurs. Permettez-moi tout d’abord d’exprimer le sentiment de tristesse et de compassion et de solidarité qui anime tous les francophones de Belgique, ma femme et moi certainement, pour les familles durement touchées voire même souvent endeuillées par le conflit à l’Est. Je veux ici rappeler l’attachement de mon gouvernement à la démocratie et au respect de la vie humaine.
La RDC est un pays riche de sa jeunesse. C’est là une richesse inestimable. Il convient donc de préserver cette jeunesse qui fera, je n’en doute pas, la fortune de la RDC.
Ensemble, nous devons faire mieux.
Ensemble, nous ferons mieux.
Tel est le vœu que je formule ce soir.
Je vous remercie.