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CRISE SECURITAIRE DANS L'EST, RDC : les ambassadeurs francophones dénoncent l'ingérence rwandaise
* Par ailleurs, ces diplomates appellent à un cessez-le-feu
Face à l'escalade de la violence dans l'Est de la République démocratique du Congo, le Groupe des ambassadeurs francophones (GAF) en poste à Kinshasa a lancé un appel pressant à la communauté internationale. Dans une déclaration solennelle rendue publique hier jeudi 20 mars, à l'occasion de la Journée internationale de la francophonie, ces diplomates dénoncent la violation de la souveraineté congolaise par le Rwanda et exhortent à une cessation immédiate des hostilités.
Dans leur déclaration, les ambassadeurs francophones se disent profondément préoccupés par la rapide dégradation de la situation sécuritaire dans l'Est de la RDC. Depuis le début de l'année, le Mouvement du 23 mars (M23), appuyé par les Forces de défense rwandaises (RDF) et les rebelles de l'AFC, a intensifié son offensive, prenant le contrôle de plusieurs localités stratégiques, dont Goma et Bukavu. Cette avancée militaire menace non seulement la stabilité du pays, mais également celle de l'ensemble de la région des Grands Lacs, notamment le Burundi.
Face à cette crise, le GAF réaffirme son attachement indéfectible à l'intégrité territoriale de la RDC et insiste sur l'importance du respect des frontières internationales, principe fondamental du droit international.
Une crise humanitaire alarmante
Outre l'aspect géopolitique, les ambassadeurs francophones tirent la sonnette d'alarme sur les conséquences humanitaires désastreuses engendrées par cette guerre. La déclaration met en lumière des violations graves des droits humains, notamment des violences sexuelles systématiques à l'égard des femmes et le recrutement forcé d'enfants comme soldats.
"Nous nous inquiétons des conséquences humanitaires dévastatrices de cette offensive et des violations des droits humains commises à l'égard des populations", soulignent-ils, appelant à une protection urgente des civils et au respect du droit international humanitaire.
Des exigences claires : retrait du M23 et fin des soutiens étrangers
Les ambassadeurs francophones formulent des exigences précises pour mettre fin à cette crise : le retrait immédiat et inconditionnel du M23 des territoires qu'il occupe illégalement, le démantèlement des administrations parallèles mises en place par cette rébellion. Ils exigent aussi le retrait immédiat des forces étrangères non invitées du territoire congolais.
L'arrêt des attaques contre les civils, le personnel humanitaire et les agents des Nations Unies.
Ils en appellent également à la responsabilité des États tiers en exigeant qu'aucun soutien militaire ou logistique ne soit accordé aux groupes armés déstabilisant la RDC.
Conscients de la complexité de ce conflit, les ambassadeurs francophones soutiennent les initiatives diplomatiques en cours. Ils saluent les efforts de médiation engagés par la SADC, l'EAC et l'Angola et insistent sur l'importance des processus de Luanda et de Nairobi comme voies privilégiées pour parvenir à une paix durable.
Dans cette optique, ils appellent à la mise en place urgente d'un cessez-le-feu, préalable indispensable à des pourparlers sincères entre Kinshasa et Kigali. Pour eux, seule une approche diplomatique cohérente et concertée pourra empêcher un enlisement du conflit et restaurer la stabilité régionale.
Lutter contre l'exploitation illégale des ressources naturelles
Le GAF souligne également la nécessité d'aborder les causes profondes de l'instabilité dans l'Est de la RDC. L'un des enjeux majeurs reste l'exploitation et l'exportation illégales des ressources naturelles congolaises, en grande partie acheminées vers les pays voisins.
Les ambassadeurs plaident pour la mise en place d'instruments de traçabilité régionaux, afin d'assurer une gestion transparente des richesses minières et de couper les financements qui alimentent les groupes armés.
Enfin, au-delà des enjeux géopolitiques et économiques, les diplomates francophones tiennent à réaffirmer leur soutien à la population congolaise, première victime de ce conflit meurtrier.
"Nous réitérons notre soutien indéfectible à la population congolaise, qui endure depuis trop longtemps les souffrances liées à cette crise", déclarent-ils avec gravité.
Vers une mobilisation internationale accrue?
Par cette déclaration, le GAF met la pression sur la communauté internationale pour qu'elle prenne des mesures concrètes face à cette crise qui menace la stabilité de toute la région. Reste à voir si cet appel sera entendu et si des actions diplomatiques et stratégiques suivront pour mettre un terme aux violences dans l'Est de la RDC. Jérémie ASOKO
""DÉCLARATION DU GROUPE DES AMBASSADEURS FRANCOPHONES (GAF) EN RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
Nous, membres du Groupe des Ambassadeurs Francophones (GAF) en République démocratique du Congo, réunis ce jeudi 20 mars 2025, à l'occasion de la Journée internationale de la Francophonie, représentons des nations aux cultures et histoires variées. Nous sommes unis non seulement par notre attachement à la langue française, mais aussi par le lien particulier qui nous unit à la République démocratique du Congo, pays francophone le plus peuplé au monde, doté d'immenses potentialités culturelles, géostratégiques et économiques.
Face à la violation actuelle de la souveraineté de la RDC par le Rwanda, nous réaffirmons notre attachement au respect de l'indépendance et de l'intégrité territoriale de tout pays francophone, et de la République démocratique du Congo en particulier. Nous insistons sur l'importance absolue du respect de ce principe fondamental.
Nous exprimons notre profonde inquiétude face à la rapide détérioration de la situation sécuritaire dans l'Est de la RDC depuis le début de l'année. L'offensive menée par le Mouvement du 23 mars (M23), avec le soutien des forces de défense rwandaises, a conduit à la prise de contrôle de plusieurs localités stratégiques, notamment les villes de Goma et Bukavu.
Nous déplorons les graves conséquences humanitaires de cette offensive, marquée par des violations massives des droits humains, notamment les violences sexuelles à l'égard des femmes et le recrutement forcé d'enfants soldats.
Face à cette situation alarmante, nous appelons :
* à la cessation immédiate des hostilités ;
* au retrait du M23 de toutes les zones qu'il occupe illégalement ;
* au démantèlement des administrations parallèles illégitimes mises en place par ce groupe armé ;
* au retrait immédiat et sans condition du territoire congolais par toutes les forces étrangères non invitées et à la cessation de tout soutien aux groupes armés.
Nous demandons également l'arrêt des attaques contre les civils, le personnel humanitaire et les agents des Nations Unies.
Nous soutenons pleinement les efforts diplomatiques en cours, notamment ceux déployés par la SADC, l'EAC et l'Angola, et réaffirmons le rôle crucial des processus de Luanda et de Nairobi dans la recherche d'une solution durable.
Nous insistons sur la nécessité d'un cessez-le-feu immédiat, condition préalable à des pourparlers sincères entre la République démocratique du Congo et le Rwanda. Nous encourageons les deux pays à reprendre le dialogue en vue d'un règlement pacifique de ce conflit, qui a déjà causé trop de souffrances à la population congolaise et qui menace gravement la stabilité de toute la région des Grands Lacs.
Nous appelons également à s'attaquer aux causes profondes de cette crise, notamment l'exploitation et l'exportation illégale des ressources naturelles vers les pays voisins, en mettant en place des instruments régionaux de traçabilité.
Enfin, nous réitérons notre soutien indéfectible à la population congolaise, première victime de ce conflit.
Fait à Kinshasa, le 20 mars 2025. ""