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Crise scolaire à Mweka : un conflit financier tourne à l'annulation de l'Examen d'Etat
Une tempête d’indignation légitime secoue le territoire de Mwéka, dans la province du Kasaï, où l’avenir académique des dizaines de candidats à l’Examen d’État (session 2024-2025) est pris en otage par un conflit financier sordide, entre des responsables éducatifs. Le centre d’examen de Mamono se trouve au cœur d’un scandale qui transcende la simple fraude pour révéler des pratiques de gestion opaque et des guerres de pouvoir aux conséquences dévastatrices.
Selon des sources, les résultats de l’ensemble des candidats du centre de Mamono ont été purement et simplement invalidés par l’inspection scolaire compétente. Cette décision n’aurait aucun lien avec une quelconque fraude scolaire massive notamment : tricherie organisée, fuite de sujets ou substitution de candidats. Aucun procès-verbal n’aurait été dressé pour de tels faits lors du déroulement des épreuves.
LA RACINE DU MAL : UN CONFLIT LUCRATIF AUTOUR DE 7 MILLIONS FC
La véritable origine de cette invalidation résiderait dans un différend financier lié aux fonds alloués à l’organisation matérielle de l’Examen. Des sources concordantes indiquent qu’une enveloppe globale de 7.000.000 de Francs Congolais (FC) avait été perçue pour couvrir les frais logistiques du centre (location des salles, sécurisation, photocopies, frais de carburant pour les superviseurs, etc.).
Le contentieux naîtrait de la répartition de cette somme. Le Préfet du territoire, autorité de tutelle, aurait, selon la version la plus répandue, reversé seulement 4.800.000FC au chef de centre et à l’équipe d’inspecteurs, retenant ainsi 2.200.000 FC. Interrogé, le Préfet qualifie cette rétention de «prélèvement administratif légal» ou de «frais de supervision générale», refusant de céder à ce qu’il présente comme une «exigence injustifiée» de la part des inspecteurs pour obtenir la totalité des fonds.
Face à ce qu’ils percevraient comme une spoliation, les inspecteurs, menés par l’Inspecteur Minema, pointé du doigt comme principal acteur de la crise, auraient choisi la voie des représailles extrêmes. N’ayant pas obtenu gain de cause sur le plan financier, ils auraient utilisé l’outil le plus destructeur à leur disposition. A savoir: L’invalidation administrative de l’ensemble des copies du centre. Cette mesure, perçue comme arbitraire et collectivement punitive, vise moins les élèves que l’autorité préfectorale, mais en sacrifiant au passage l’avenir des dizaines de jeunes innocents.
Les conséquences de cet acte sont immédiates et dramatiques. Des dizaines de familles sont plongées dans le désarroi et la colère, voyant une année, voire plusieurs années d’études, réduites en néant à cause d'un conflit qui les dépasse.
Dès lors, les parents d’élèves crient à l’injustice et à la prise d’otage. Ils dénoncent «un système qui marchande l’avenir de leurs enfants» et exigent la réhabilitation immédiate des résultats. Les autorités locales et traditionnelles, quant à elles, s’alarment de l’impact social et du dangereux précédent créé par cette affaire. Aussi, appellent-elles à un dialogue d’urgence et à la levée de cette sanction injuste.
Par ailleurs, la société civile locale monte au créneau pour exiger une enquête indépendante et approfondie, non seulement sur les circonstances de cette invalidation, mais aussi sur les pratiques de gestion des fonds alloués aux examens d’État dans toute la province. Elle dénonce un «détournement de mission» et une «criminalisation de l’élève innocent».
Félix MULUMBA KALEMBA